Image d'archives © DRSecteur frappé de plein fouet par la crise, l'automobile souffre. Dans un entretien au Parisien, Patrick Pélata, directeur général de Renault, estime que le marché automobile européen devrait chuter de 20% en 2009, alors que la croissance marquera un coup d'arrêt dans les pays émergents. Et alors que le groupe a fait état vendredi d'une chute de 14,1% de ses ventes mondiales en octobre, avec un recul de 16% en Europe, tandis que les principaux marchés émergents sur lesquels le groupe est présent (Russie, Brésil, Roumanie, Turquie) "ont décroché brutalement", Patrick Pélata chiffre déjà la baisse envisagée du nombre de véhicules produits : "on va réduire les productions sur le quatrième trimestre d'environ 25% par rapport au quatrième trimestre 2007". Une baisse qui va concerner "toutes nos usines dans le monde".
"Nous avons deux objectifs, explique Patrick Pélata : limiter nos stocks et aussi ceux de nos concessionnaires, car ils sont financièrement fragilisés, et les stocks, c'est de l'argent immobilisé. Cette protection de notre réseau est fondamentale pour assurer nos ventes". Selon le directeur général de Renault, interrogé sur une éventuelle remise en cause des investissements du constructeur automobile, "pour l'instant", Renault maintient ses projets de lancement de ses nouveaux véhicules pour 2009 mais aussi pour 2010-2011. "Tout ce qui n'était pas indispensable pour l'an prochain a été décalé", souligne-t-il cependant, ajoutant que le groupe a aussi fait des ajustements, comme en Inde, où il va investir sur une seule ligne de production au lieu des deux initialement prévues.
Des mesures de soutien au niveau européen ?
Les conséquences sociales ne devraient pas tarder : Renault avait indiqué vendredi que cinq de ses sites en France et en Europe seraient concernés par des fermetures temporaires, pour faire face à la chute des ventes d'automobiles. Ces mesures devraient s'ajouter à celles déjà annoncées ces derniers mois : Renault avait ainsi annoncé fin septembre son intention de supprimer 6000 postes en Europe dont 4000 en France dans le cadre d'un plan de départs volontaires, parmi lesquels 1000 sur le seul site de Sandouville, en Seine-Maritime. Patrick Pélata assure aujourd'hui que le groupe a reçu 4000 prises de rendez-vous et que plus de 2000 dossiers ont été déposés.
Le cas de Renault est symptomatique de la situation de tout le secteur automobile, non seulement au niveau européen, mais au niveau mondial. Face à cette déprime généralisée, Christine Lagarde a d'ailleurs estimé lundi sur Europe 1 que les mesures de soutien au secteur automobile de ce côté de l'Atlantique devraient d'abord passer par le niveau européen avant d'être déclinées au niveau national. Chez nos voisins allemands par exemple, une réunion de crise sur Opel doit se tenir ce lundi à la chancellerie - mais le ministre allemand des Finances a exclu un paquet de mesures pour soutenir l'ensemble de l'industrie automobile du pays. Opel est en fait directement victime des difficultés de sa maison mère General Motors, au bord du dépôt de bilan, et a demandé aux autorités de se porter caution pour assurer son financement. Quant à General Motors elle-même, son avenir, tout comme celui des autres "grands de Detroit", Ford et Chrysler, pourrait se jouer cette semaine avec la reprise de la session du Congrès. Lundi, la Maison-Blanche a toutefois indiqué que si l'administration ne souhaite pas la faillite de l'industrie automobile américaine, cette dernière devait se contenter des fonds déjà disponibles.
D'après agences
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