Travail le dimanche : vers un projet allégé

Par O. L. avec agences, le 12 novembre 2008 à 11h28 , mis à jour le 12 novembre 2008 à 17h11

Malgré les déclarations musclées de Nicolas Sarkozy, le gouvernement de François Fillon ne veut pas généraliser le travail le dimanche.

Fillon Sarkozy UMP Réfomes gouvernementFillon à Lyon en janvier 2008 © Abacapress

"Le travail le dimanche" est devenu à tel point un des chevaux de bataille de Nicolas Sarkozy que les caricaturistes se plaisent à le présenter comme un sketch à succès du chef de l'Etat, rappelant à loisir l'anecdote du président allant faire ses courses sur les Champs-Élysées. Les leaders de l'UMP ont pourtant tendance ces derniers jours à vouloir freiner des quatre fers sur le sujet. En cause : les fortes réserves au sein de la majorité, en particulier du côté des députés ruraux.
 
Le gouvernement ne veut donc pas généraliser le travail le dimanche mais simplement réserver cette possibilité à certaines zones, notamment touristiques, ont précisé mercredi le Premier ministre et le ministre du Travail. Dans un entretien avec les lecteurs du Parisien, François Fillon souligne que cet assouplissement "est un sujet très controversé", y compris au sein de sa famille politique.  "Notre idée consiste à réserver les autorisations de travail le dimanche à quelques secteurs, où les gens travaillent déjà le dimanche", explique-t-il. "Ce ne sera pas une généralisation du travail le dimanche mais son maintien sur des secteurs très précis: le coeur de Paris, quelques grandes zones touristiques", ajoute-t-il."Cela permettrait une expérimentation en vue de répondre àdes besoins nouveaux", poursuit François Fillon.
 
Volontariat et rémunération doublée
 
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a déclaré de son côté sur Canal+ que 3,5 millions de Français travaillaient déjà tous les dimanches et que sept millions le faisaient occasionnellement. "Ça ne voudra pas dire que tout le monde travaillera tous les dimanches bien évidemment, mais qu'il y a des zones touristiques, où il faut mieux définir les choses, et des grandes zones d'attractivité commerciale, je pense à l'Ile-de-France, aux Bouches-du-Rhône avec Plan-de-Campagne", a-t-il ajouté. Selon lui, l'assouplissement se ferait suivant deux principes: le volontariat et une rémunération doublée là où le travail le dimanche n'est pas déjà en vigueur.
 
Le sujet avait été discuté il y a une semaine par les députés UMP et leur président, Jean-François Copé, avait alors reconnu que ses troupes n'étaient pas encore "vraiment au clair". Les avis sont ainsi "très différents", notamment entre élus ruraux et élus urbains ou encore entre ceux à sensibilité démocrate-chrétienne et les libéraux. Au printemps dernier, le député UMP Richard Mallié - élu des Bouches-du-Rhône, dans la circonscription abritant Plan-de-Campagne, l'une des principales zones commerciales en France - avait déposé une proposition de loi prévoyant une "dérogation au repos dominical" qui serait expérimentée pendant "cinq ans" dans certaines "régions agglomérées".
 
Entre Dieu et le tiroir-caisse
 
Face à l'hostilité de nombreux élus UMP à cette expérimentation, prélude selon eux à une généralisation du travail dominical, le gouvernement avait choisi la prudence en mettant ce texte sous le boisseau. Mais le débat a été remis sur le tapis la semaine dernière quand le chef de l'Etat a demandé aux parlementaires de se saisir "maintenant" et "sans tabous" du texte, qui sera toutefois réécrit dans les semaines à venir dans le cadre d'un groupe de travail UMP. "Nous sommes invités à la coproduction législative... Nous allons travailler d'arrache-pied" et "trouver une solution" avant la fin de l'année, avait  assuré Jean-François Copé, le gouvernement ayant prévu d'inscrire le texte à l'agenda du Parlement début 2009.
 
Le principe de l'expérimentation est désormais abandonné et, devant le groupe UMP, Richard Maillé a évoqué plusieurs pistes: "ouverture possible, pour tous les commerces de détail, dans les zones touristiques", "dérogations accordées par le préfet" ou le président d'agglomération ou le maire "dans les grandes agglomérations" et "ouverture des commerces alimentaires jusqu'à 13 heures". Des propositions fraîchement accueillies par ses collègues qui s'appuient sur la tradition chrétienne de la France ou la volonté de défendre le petit commerce.  L'ex-ministre Christian Jacob a souligné qu'il fallait prendre garde à "un enchérissement du coût de la consommation" et veiller à "l'égalité des droits" en termes de compensations financières entre tous ceux qui travaillent le dimanche. "Les valeurs de la France sont d'inspiration chrétienne et le dimanche doit conserver son statut particulier de repos hebdomadaire, un jour qui permet à la famille de se retrouver", a estimé le député Jérôme Chartier. "Même si on n'arrive pas à un résultat glorieux, il faut régler le problème d'ici à la fin de l'année", a confié, pragmatique, le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti.

Dans les autres partis, François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre (NC) à l'Assemblée nationale, s'est dit "favorable à une certaine souplesse" concernant l'extension du travail le dimanche. L'accueil est plus frais du côté de François de Rugy (Verts). Pour le député Vert,  "on voit mal en quoi" l'ouverture des magasins le dimanche "permettrait d'apporter le moindre pouvoir d'achat supplémentaire aux Français". Il a demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire pour qu'"avant de changer la loi" on fasse "un bilan précis avec tous les acteurs concernés, à commencer par les salariés et les commerçants".

Pour ou contre le travail le dimanche : LCI.fr lance un appel à témoignages (Cliquez ici)

Par O. L. avec agences le 12 novembre 2008 à 11:28
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9 Commentaires

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  • STOP, le 12/11/2008 à 13h56

    Mais il est où Sarkozy ? Aucun courage... Quand ça tangue c'est l'autruche !

  • FILLON, le 12/11/2008 à 13h54

    Je suis vraiment obligé de zapper quand je vois fillon à la tv qui affirme que les reformes de jospin etaient trop liberales alors que certes il a privatiser beaucoup mais qui lui mettait la pression? Qui faisait en sorte de lui faire comprendre que les presidentielles approchaient? La droite!! Tout ce que la droite à voulu faire en matiere de privatisation dans ce pays c'est la gauche qui l'a mis en plaçe!!!

  • Sablié, le 12/11/2008 à 13h53

    Pour préserver l'inspiration chrétienne de la France , il faut interdire le travail dominical aux chrétiens et le réserver aux musulmans , ça fera moins de chomeurs dans les banlieux . A Londres , dans mon quartier tous les magasins sont ouverts à partir de midi .

  • Charlatans, le 12/11/2008 à 13h44

    Quand est ce qu'ils reformeront sur la question du train de vie de l'etat?

  • Liberté, le 12/11/2008 à 13h40

    Bonjour à tous, Je suis d?accord avec le travail le dimanche. Toutefois je pense que la loi devrait donner droit à tout employeur, et surtout aux employés, le pouvoir de choisir son jour de repos. Le dimanche pour uns, le sabbat pour autres, et voir le vendredi pour les autres. Crois tu que cela provoquerait une confusion ? Je ne pense pas. Je respecte la liberté de croyance de tous. Comme je crois à la Bible, et elle dit « tu travailleras six jours? » (Exode 20.8-11) il est important de se reposer un jour ! Le sabbat pour la Bible (juifs, baptistes du septième jour, adventistes du septième jour?), le dimanche pour les chrétiens « traditionnels » (catholiques, luthériens, calvinistes, évangéliques?), le vendredi pour les musulmans. Les athées pourraient choisir leur jour de repos. Et, j?ajuterais un plus : tous les jours auraient la même paye. Je ne vois pas la raison de recevoir une paye supplémentaire quand, pour le croyant, seul son jour de repos est important. Amicalement, Ps. Je suis employé.

  • Michel, le 12/11/2008 à 13h37

    Le dimanche est devenu, notamment dans le commerce, le terrain d'une concurrence de plus en plus vive pour la conquête des parts de marché. Or cette journée est un enjeu important de la société de demain. Le repos pris en commun et la trêve de l'économie sont, non le signe du refus d'évoluer dans une société en crise, mais la reconnaissance de la primauté de la personne humaine. Comme les jours fériés, la spécificité du dimanche, jour chômé en commun, répond, en effet, à des exigences profondes de la vie familiale, culturelle, associative et spirituelle. L'activité dominicale se justifie seulement quand il s'agit de services aux personnes ne pouvant être différés.

  • Kevin23, le 12/11/2008 à 13h36

    Je travaille deja le dimanche dans une jardinerie et je suis paye qu'à 25% pourquoi les employes des jardeniries ne seraient pas payes double etant donne qu'on nous oblige a travailler le dimanche

  • MOI, le 12/11/2008 à 13h35

    Je ne comprend pas que les actuels dirigeants denigrent autant les avançées sociales que la gauche et le gouvernement jospin mirent en plaçe. Un gouvernement qui prone la regression sociale en contexte economique difficile n'aidera et ne servira aucun, à mon avis.....

  • Az, le 12/11/2008 à 13h29

    Sans forcément toujours évoquer la religion, il y a peut-être autre chose à faire de sa vie que de travailler et le dimanche le permet, de réfléchir par exemple, certains en ont bien besoin...

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