© DRLe Parti communiste a accusé samedi le gouvernement de "repousser insidieusement l'âge de la retraite à 70 ans", après l'adoption par les députés d'amendements permettant la prolongation d'activité sur la base du volontariat. Après un vote solennel le 4 novembre à l'Assemblée, le texte sera devant le Sénat mi-novembre. Les personnels navigants d'Air France et les pilotes ont été les premiers à réagir à ces mesures annoncées - il faut dire qu'ils sont les plus spécifiquement concernés, puisque l'amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale voté par les députés prévoit pour eux un report à 65 ans de l'âge de départ obligatoire à la retraite. Mais les députés ont également adopté une autre disposition permettant, pour tous les salariés de plus de 65 ans, de poursuivre leur activité, "sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention, et dans la limite de 5 années".
"Comme pour le travail du dimanche, le pseudo-volontariat est avancé pour justifier ce scandale. Comme si, les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté, et même ceux aux revenus si modestes, pouvaient avoir le choix", dénonce le PCF dans un communiqué.
"Reconnaître les métiers pénibles"
La CGT a estimé pour sa part que la mesure votée dans la nuit suscitait "une légitime inquiétude". Ce texte, a reconnu Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral, en charge du dossier des retraites, "ne modifie pas pour le moment les repères de 60 et 65 ans en matière de retraites auquel tient particulièrement la CGT. Il permet à des salariés de pouvoir poursuivre leur activité au delà des âges limites en vigueur sans voir leur contrat de travail unilatéralement rompu par leur employeur sous prétexte qu'ils ont atteint cet âge".
Mais selon le responsable CGT, "cette mesure traduit bien la réalité d'aujourd'hui : de moins en moins de salariés auront la totalité de leurs droits à 60 ans et une retraite suffisante à 65 ans. Ils devront donc chercher à poursuivre leur travail voire à cumuler emploi et retraite". Or, assure le syndicaliste, "au lieu d'allonger indéfiniment la période d'activité, la solution pour la CGT est d'assurer aux salariés des carrières complètes, d'intégrer les périodes d'apprentissage, de recherche d'un premier emploi, d'études dans la période de cotisation exigée. Il faut par ailleurs reconnaître les métiers pénibles et astreignants et leur accorder une possibilité de départ anticipé". "L'Assemblée a voté cela en catimini, sans avertir personne", a souligné pour sa part sur France 2 le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a pour sa part défendu la réforme sur France Info samedi. "Il faut aujourd'hui considérer que nos sociétés évoluent, on vit de plus en plus longtemps, il faut aussi que nos règles évoluent", a-t-il dit. Il a pris pour exemple l'entraîneur de football Guy Roux, empêché un temps de poursuivre sa carrière en raison de la limite d'âge, avant de pouvoir poursuivre brièvement au début de la saison 2007-08. Il avait temporairement pris les commandes du RC Lens, avant de jeter l'éponge au bout de quelques semaines. Le ministre a aussi cité le cas du professeur Luc Montagnier, parti selon lui aux Etats-Unis car atteint par la limite d'âge. Prix Nobel 2008 de médecine, Luc Montagnier, 76 ans, a certes participé à la création de sociétés aux Etats-Unis mais aussi en France. Il est professeur émérite à l'Institut Pasteur et directeur de recherches honoraire au CNRS.
D'après agence
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