Image d'archives © TF1Il leurs avait promis une "panoplie d'aides". Face aux inquiétudes des éleveurs et des agriculteurs confrontés à la baisse de leurs revenus, le ministre de l'Agriculture a annoncé mercredi un plan d'urgence de 250 millions d'euros.
Lors d'une rencontre avec les organisations professionnelles, Michel Barnier a expliqué que son dispositif était articulé autour de "cinq réponses concrètes" et d'une "panoplie d'aides". "Dans un contexte budgétaire difficile, le gouvernement a pris la pleine mesure des difficultés de l'agriculture", estime-t-il.
Après deux années d'embellie en 2006 et 2007, les agriculteurs subissent un sévère recul de leurs revenus en 2008 en raison de la hausse des charges (énergie et alimentation du bétail) et de retournement du marché des matières premières. "Le revenu de la ferme France aura diminué cette année en 2008 de - 7% à - 15% selon les filières et c'est la deuxième baisse consécutive pour les éleveurs", a reconnu Michel Barnier lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.
"Des hommes et des femmes en grand nombre qui souffrent"
Le député Vert Yves Cochet a estimé que ce plan était loin de répondre à la situation, notamment au regard du plan d'aide de 360 milliards d'euros destiné à sauver les banques. Une partie des organisations agricoles, mobilisées depuis plusieurs semaines, ont également prévu de nouvelles actions en dépit de l'annonce du plan Barnier. Après Marseille, le week-end dernier, des éleveurs de brebis doivent manifester jeudi devant la Tour Eiffel à Paris.
Michel Barnier a répliqué que la réaction du gouvernement était beaucoup plus forte qu'elle ne l'avait été ces dix-huit derniers mois lors de divers plans successifs "parce qu'il y a des hommes et des femmes en grand nombre qui souffrent." Il a précisé que la première des cinq mesures arrêtées était destinée à l'élevage ovin et caprin, le secteur le plus en difficulté. L'enveloppe est estimée à 50 millions d'euros, dont la moitié provenant de crédits communautaires. Elle prévoit la mobilisation des aides communautaires et des aides indirectes pour compenser les dommages économiques liés aux mesures de lutte contre les épizooties, dont la fièvre catarrhale.
L'objectif, a précisé le ministre, est d'aider les éleveurs à "passer le cap de 2009" en attendant une réforme importante qui est la réorientation des aides de la Politique agricole commune à partir de 2010. L'autre réponse du gouvernement passe par des aides ciblant la trésorerie des agriculteurs et des éleveurs "par des exonérations et des allégements de charges".
Exonération des cotisations sociales
Au total, ces mesures coûteront 75 millions d'euros, dont 60 millions pour les mesures d'allègement des annuités 2009. Près de 4 millions d'euros seront consacrés à l'exonération des cotisations sociales pour les jeunes agriculteurs. Michel Barnier s'est par ailleurs engagé à "poursuivre" l'allègement de TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) dont bénéficient les agriculteurs et les propriétaires de serres. Parallèlement, 100.000 diagnostics seront lancés d'ici 2013 dans autant d'exploitations agricoles pour voir comment consommer moins et pouvoir produire ses propres énergies renouvelables. Environ 75 millions d'euros sont prévus pour réduire la facture énergétique des exploitations agricoles.
Quatrième mesure, le gouvernement mettra en place un observatoire des prix et des marges pour répondre au besoin de transparence. La cinquième réponse sera apportée la semaine prochaine lors du conseil des ministres de l'Agriculture des Vingt-Sept à Bruxelles à l'occasion d'une réunion sur le "bilan de santé" de la Politique agricole commune (PAC)
(D'après agence)
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