Les élections prud'homales du 3 décembre 2008 © TF1/LCIPersonne ne peut se réjouir des résultats du scrutin, sauf peut être, la CGT. Avec une participation de 25,5% dans le collège "salariés", c'est une abstention record de 74,5% qu'ont connu les prud'homales mercredi. La participation, qui avait déjà chuté de 63,2% en 1979, lors des premières élections de ce type, à 32,7% en 2002, atteint ainsi son plus bas niveau en 30 ans.
Les résultats marquent des évolutions notables pour des élections où les changements ne sont jamais spectaculaires. La CGT, en première position, est le seul syndicat à progresser, avec 1,6 point, à 33,8%. Derrière, la CFDT (22,1%) est en baisse de trois points, FO (15,9%) en recul de 2,3 points, et la CFTC (8,9%) perd 0,7 point. La CFE-CGC (8,2%) progresse de 1,2 point parmi l'ensemble des salariés, et ravit à la CFDT la première place chez les cadres avec 27,9% des voix dans la section "encadrement". L'Unsa (syndicats autonomes), en cours de rapprochement avec la CFE-CGC, gagne 1,2 point, à 6,2%, tandis que l'Union syndicale Solidaires, qui comprend les syndicats Sud, fait plus que doubler son score, passant de 1,5% à 3,8%. Les listes diverses représentent 1%. La CFDT, qui peu de temps après les élections de 2002, avait connu une désaffection d'une partie de ses militants en raison de son soutien à la réforme des retraites de 2003, apparaît comme une perdante du scrutin.
"Les salariés ne sont pas prêts à se mobiliser"
Du coté des patrons, à l'inverse des salariés, la participation est en hausse : à 31,25%, contre 26,6% en 2002. Les listes d'union - Medef, CGPME, FNSEA (agriculteurs), UPA (artisans), UNAPL (professions libérales) - reculent de près de 8 points tout en restant largement majoritaires à 72,1%, devant les employeurs de l'économie sociale, qui progressent de 7,7 points à 19%, et les listes diverses (8,9%).
Les leaders syndicaux ont déploré l'abstention, l'attribuant en partie à un défaut de communication gouvernementale, et au fait que l'élection ne se déroule pas dans l'entreprise. "Quand vous avez un taux de participation qui baisse, avec qui plus est sur Paris un vote internet, et une possibilité de voter par correspondance, il y a un problème", a commenté Jean-Claude Mailly (FO). "C'est un mauvais résultat qui montre que les salariés ne sont pas prêts à se mobiliser pour une élection qui a lieu en dehors de l'entreprise", a déclaré François Chérèque (CFDT), en regrettant qu'il n'y ait pas eu de "campagne forte". Jacques Voisin (CFTC), a estimé que "rien n'avait été fait pour que cette élection ait la place qu'elle mérite". Pour sa part, Bernard Thibault (CGT) s'est félicité de la progression de son organisation qui marque un "inversement de tendance" par rapport à la baisse qu'enregistrait la CGT depuis 1979. Mais il a regretté les "nombreuses anomalies" dans le vote qui expliquent selon lui la faible participation. De leur côté, la CFE-CGC et l'Unsa ont vu dans le résultat un encouragement à leur rapprochement.
Bertrand veut "faciliter" le vote |
Le ministre du Travail Xavier Bertrand a estimé jeudi matin qu'il fallait "faciliter et simplifier" les modalités de vote aux élections prud'homales afin d'enrayer la chute de la participation. Parmi les pistes de réflexion, il a notamment insisté sur la "piste très concrète" de la généralisation de l'installation des bureaux de vote dans les entreprises. "Cela a été demandé par les organisations syndicales, et j'ai pu constater lors de mes déplacements en entreprise que nombre de salariés auraient souhaité qu'il y ait davantage de bureaux de vote sur leurs lieux de travail". Il a aussi estimé que le vote par correspondance devait être encouragé. |
D'après agence
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