Indemnisations : les négociations se tendent

le 23 décembre 2008 à 07h24 , mis à jour le 23 décembre 2008 à 21h31

Syndicats et patronat sont réunis depuis mardi matin pour tenter de trouver un accord sur les nouvelles règles d'indemnisation du chômage. Mais la soirée s'ouvrait sur des tensions.

ANPE AssedicImage d'archives © TF1

C'est le dernier round de négociations. Syndicats et patronat espèrent trouver un accord depuis mardi matin sur les nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs par les Assedic pour les trois ans à venir, lors de la 7e et dernière séance d'une négociation compliquée par la remontée du chômage et la pression gouvernementale. Mais, les discussions traversaient en début de soirée une phase de vive tension, le patronat menaçant de ne conclure aucun accord si les syndicats ne satisfaisaient pas sa revendication d'une baisse des cotisations. 

Lors de la reprise de la séance en fin d'après-midi, après une suspension de de plusieurs heures, la délégation patronale a fait "une déclaration solennelle" rappelant son exigence d'une réduction des cotisations à l'assurance chômage, selon les syndicats. "Depuis le départ, nous avons fixé l'objectif de baisser les cotisations, c'est un besoin vital dans la situation de crise que traversent les entreprises", a déclaré à la presse le chef de file patronal, Patrick Bernasconi (Medef). "Si nous n'obtenons pas cette baisse, il n'y aura pas d'accord (...) Il ne s'agira même pas de se revoir en janvier" pour reprendre les discussions, a-t-il ajouté. Selon lui, "on est à un quasi point de rupture". M. Bernasconi a insisté sur ce qu'il considère comme "des avancées significatives" du patronat concernant les règles d'indemnisation. Selon lui, elles permettraient l'entrée en indemnisation de "2 à 300.000 demandeurs d'emploi de plus pour un surcoût compris entre 1 et 1,5 milliard d'euros".
 
Ces chiffres ont été formellement contestés par des syndicats. Selon Gaby Bonnand (CFDT), les propositions patronales ne bénéficieraient qu'à "25 à 30.000" demandeurs d'emploi supplémentaires alors que l'effort devrait selon lui s'appliquer à "au moins 120.000" personnes. Le négociateur cédétiste a dédramatisé le coup de menton patronal. Selon M. Bonnand, si le Medef et ses alliés se rapprochent des attentes syndicales, "la question d'une baisse des cotisations pourra être discutée", à condition de ne pas déstabiliser les équilibres de l'assurance chômage. Le représentant de l'UPA (artisanat) s'est voulu rassurant. Si les syndicats "nous écoutent, on est prêts à faire encore des efforts", a affirmé Patrick Liébus. Au nom de la CGT, Maurad Rabhi a jugé "inacceptable" une diminution des cotisations sur la base d'"un seul paramètre" qui serait "financier".

(D'après agence)

le 23 décembre 2008 à 07:24
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