© AFPUne "rigidité de plus". C'est ainsi que la présidente du Medef a accueilli l'introduction dans la proposition de loi sur le travail le dimanche d'un droit de refus des salariés. "Je ne comprends pas cette approche", a déploré Laurence Parisot sur Europe 1, "Il s'agissait de favoriser le commerce dans certaines zones à forte densité de population ou à forte attractivité touristique. Que de cette tentation de créer un petit peu plus d'activité commerciale, tout d'un coup on débouche sur une rigidité de plus dans le droit du travail, ça serait tout à fait malheureux". "Nous avons besoin plus que jamais, en raison de la crise, de souplesse, de possibilité d'ajustement", a-t-elle ajouté.
Le texte du député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Mallié autorise, sous certaines conditions, l'ouverture des magasins le dimanche dans les zones touristiques et les agglomérations de plus d'un million d'habitants (Paris, Lyon, Marseille, Lille). C'est la dernière nuance apportée au projet, celle du ministre du Travail, qui fâche Laurence Parisot.
Un examen en 2009 ?
Xavier Bertrand avait ainsi annoncé, dans une interview au Parisien Dimanche que chaque salarié pourra faire valoir un droit de travailler, ou pas, le dimanche. Jeudi, la proposition de loi avait déjà été amendée en commission des Affaires économiques à l'Assemblée nationale sur plusieurs points. La députée Catherine Vautrin (UMP) a fait adopter en ce sens un "droit de rétractation", c'est-à-dire la possibilité pour un travailleur du dimanche de changer d'avis et à un salarié ne travaillant pas le dimanche de pouvoir demander à le faire. Une garantie que réclamait la Confédération générale des salariés du dimanche créée en octobre 2008 pour défendre le droit au travail dominical.
Depuis la première mouture rédigée en avril, de nombreuses modifications et réécritures ont été effectuées sur le texte. Car, si l'opposition s'oppose vivement et assez logiquement au projet de loi, certains parlementaires de la majorité sont également contre. Quoiqu'il en soit, les salariés favorables au travail du septième jour font devoir faire preuve de patience avant sa légalisation. En raison de la guérilla menée par la gauche contre le projet de loi sur l'audiovisuel public qui chamboule tout l'agenda parlementaire jusqu'à Noël, l'examen de la proposition de loi UMP sur l'extension du travail dominical pourrait bien être reporté à l'année prochaine. Déjà des sources parlementaires parlent d'un report au moins jusqu'au 15 décembre.
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