Débrayage sauvage à Sandouville

le 21 janvier 2009 à 12h10 , mis à jour le 21 janvier 2009 à 18h11

Une partie des salariés de l'usine Renault menacée par les mauvaises ventes de la nouvelle Laguna se sont mis en grève à l'annonce de nouvelles journées de chômage partiel.

L'usine Renault de SandouvilleL'usine Renault de Sandouville © TF1/LCI

L'usine Renault de Sandouville, près du Havre, est à elle seule le symbole de la crise qui frappe l'automobile. Un plan de 1000 départs "volontaires" est en cours dans cette unité de production de 3700 salariés, victime de la mévente de la nouvelle Laguna. Alors même que François Fillon a annoncé mardi de nouvelles aides pour le secteur menacé d'asphyxie, les journées de chômage partiel s'accumulent. Et c'est précisément une nouvelle annonce qui a provoqué l'explosion de colère des salariés, qui ont lancé une grève sauvage.

Selon Fabrice Leberre, délégué CGT, la principale chaîne de l'usine, qui travaillait déjà seulement à mi-temps, ne fonctionnera que quatre jours en février et six en mars. Dès l'annonce de cette nouvelle organisation du travail, faite mercredi par la direction, des salariés ont cessé le travail et tenté d'envahir la salle où se tenait la réunion. Après une bousculade, la direction a décidé de reporter la rencontre tandis que les grévistes faisaient le tour des ateliers pour inciter les autres salariés à les rejoindre. "Un peu avant midi on était entre 200 et 300 grévistes" a précisé Fabrice Leberre. De son côté, la direction a recensé 93 grévistes, soit 3,8% de l'effectif présent sur le site.

Ces journées de chômage devraient entrainer des pertes de salaires allant de 25 à 50% par mois, selon les syndicats, malgré les diverses indemnisations prévues en pareil cas. "Nous regrettons que la CGT n'ait pas signé les accords qui ont permis en 2008 d'anéantir totalement les pertes de salaire pour 62% du personnel et de les limiter fortement pour le reste", a déclaré un porte-parole de la direction.

Sarkozy accueilli par une grève en octobre

La tension est vive depuis longtemps dans cette usine. Renault cherche à tailler dans ses effectifs face aux ventes qui chutent. A la mi-septembre, le groupe avait annoncé la suppression de 2000 emplois dans ses filiales de dix-neuf pays européens dont la France, essentiellement par des départs volontaires. Ce plan avait lui-même été précédé de deux mois par l'annonce de 4000 départs volontaires sur les sites français de la maison mère... dont un millier pour la seule usine de Sandouville.

Nicolas Sarkozy s'est engagé à sauver le site : "L'Etat est un des actionnaires de Renault. L'Etat travaille main dans la main avec le management de Renault". L'Elysée a promis que l'usine prendrait en charge la construction d'un nouveau véhicule utilitaire en 2012. Mais pour des salariés qui voient leurs jours de chômage partiel s'accumuler, 2012, c'est loin. Et lors d'une visite de Sandouville en octobre en compagnie du PDG de Renault Carlos Ghosn, le chef de l'Etat avait été accueilli, déjà, par une grève.

D'après agence

Pas de chômage partiel à Pâques à l'usine Michelin de Cholet

La direction du site Michelin à Cholet imposera à environ 800 de ses salariés une prise de RTT pendant les vacances de février ou de Pâques, a indiqué mercredi la direction de Michelin à Paris. Mardi, une source syndicale avait évoqué dans un premier temps des mesures de chômage partiel.

le 21 janvier 2009 à 12:10
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