© TF1Déjà perturbé depuis des semaines par une grève en pointillé des agents de la SNCF, le trafic ferroviaire est totalement interrompu depuis mardi matin sur le réseau Saint-Lazare par une nouvelle grève, non prévue cette fois. Motif de ce mouvement : les conducteurs entendent protester contre l'agression dont a été victime l'un des leurs. Pour ne rien arranger, la SNCF a décidé de fermer totalement la gare "pour des raisons de sécurité" et de la faire évacuer, vers 10h30, par la police, pour éviter que la gare soit "engorgée" par des dizaines de milliers de voyageurs. Des négociations entre la direction et les syndicats sont en cours mais ne semblent guère progresser. La SNCF et la RATP ont donc annoncé la mise en place d'un plan de transport de substitution pour que les usagers puissent regagner leurs domiciles dans la soirée.
Ambiance plus que houleuse dans cette gare où tout trafic a cessé, et où 500.000 personnes transitent chaque jour. La paralysie concerne l'ensemble des lignes de banlieue passant par Saint-Lazare (Transilien) et les lignes des Corail intercités notamment vers la Normandie. La circulation du RER A sur les branches Nanterre-Poissy et Nanterre-Cergy est également interrompue. La ligne A du RER ne passe pas par la gare Saint-Lazare, mais les personnels SNCF qui y sont affectés sont rattachés à la direction régionale de Saint-Lazare. "Il n'y a aucun trafic à Paris-Saint-Lazare sur les deux lignes ferroviaires, L et J, ainsi que sur les branches Nanterre-Poissy et Nanterre-Cergy du RER A, suite à un mouvement lancé par le syndicat Sud", a confirmé un porte-parole de la direction, ajoutant que "la SNCF est évidemment totalement solidaire du conducteur et condamne un acte aussi scandaleux envers un conducteur qui faisait son métier au service du public".
"Cette agression n'a rien à voir avec le conflit social à Saint-Lazare"
Selon les premiers éléments cités par la SNCF, lundi soir, un conducteur de train a été victime d'une agression en gare de Maisons-Lafitte, dans les Yvelines, sur la branche A du RER, de la part de six personnes, alors qu'il descendait pour réarmer un système d'alarme qui avait été actionné sans justification. Il a reçu un arrêt de travail de deux jours.
Sud Rail lie cette agression au conflit social en cours à la gare Saint-Lazare en soulignant qu'elle "fait suite" aux propos "scandaleusement agressifs" d'un membre de la direction "à l'encontre des cheminots grévistes et de Sud rail", ce que la direction conteste. "Cette agression n'a évidemment rien à voir avec le conflit social en cours à Saint-Lazare", "elle a eu lieu sur la ligne de RER A où le trafic était toujours resté normal et ne peut pas être imputée à des usagers en colère", a indiqué un porte-parole de la SNCF.
Ce blocage dont ont été victimes des milliers de passagers a suscité d'immédiates réactions politiques. Guillaume Pépy et Pierre Mongin, respectivement présidents de la SNCF et de la RATP, ont été interpellés à la fois par les élus franciliens de droite et de gauche. Le président de région, le socialiste Jean-Paul Huchon, leur a demandé à tous deux de "prendre instamment les mesures nécessaires" pour obtenir le retour à la normale sur le réseau Saint-Lazare. Le chef de file de l'UMP au Conseil régional, Roger Karoutchi, a appelé pour sa part la direction de la SNCF à trouver "une solution rapide et durable" et a évoqué la question de l'indemnisation des usagers.
D'après agence
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