Voyageurs bloqués devant les grilles fermées de la gare Saint-Lazare (13 janvier 2009) © TF1/LCI| > Des usagers désorientés devant une gare fermée > Une grève "inacceptable" pour Roger Karoutchi |
Les cheminots de Paris-Saint-Lazare, qui s'étaient mis en grève mardi à la suite de l'agression d'un conducteur à Maisons-Laffitte la veille, ont voté mardi soir la reprise du travail immédiate. "Le trafic sera quasiment normal mercredi matin, quelques perturbations pouvant subsister jusqu'en début d'après-midi", a prévu la SNCF. Selon Sud Rail, le vote dans les assemblées générales met également fin au conflit qui opposait depuis plus de quatre semaines des agents de conduite à la direction de Paris-Saint-Lazare. "Nous avons obtenu la mise en stage [de formation de conducteurs] de 84 personnes pour 2009 ainsi que des journées supplémentaires qui vont permettre d'améliorer les conditions de travail des agents", a précisé Lionel Jorand, un délégué du syndicat.
Déjà perturbé depuis des semaines par une grève en pointillé des agents de la SNCF, le trafic ferroviaire avait été totalement interrompu mardi matin sur le réseau Saint-Lazare par ce mouvement lancé en solidarité avec un conducteur agressé lundi soir. Pour ne rien arranger, la SNCF avait décidé de fermer totalement la gare, où 500.000 personnes transitent chaque jour, "pour des raisons de sécurité" et de la faire évacuer en milieu de matinée par la police. Motif : éviter que la gare soit "engorgée" par des dizaines de milliers de voyageurs.
Vers une reprise progressive du trafic
Mardi soir, alors que la SNCF a annoncé un geste commercial envers les usagers des lignes touchées - une réduction sur les abonnements de février -, le trafic reprenait donc, mais de manière progressive. Des perturbations étaient toutefois attendues sur l'ensemble des lignes de banlieue passant par Saint-Lazare (Transilien) ainsi que sur les lignes des Corail intercités, notamment à destination de la Normandie. Le trafic devait également reprendre progressivement sur le RER A, sur les branches Nanterre-Poissy et Nanterre-Cergy. Car si la ligne A du RER ne passe pas par la gare Saint-Lazare, les personnels SNCF qui y sont affectés sont rattachés à la direction régionale de Saint-Lazare.
L'agression à l'origine de ce vaste remue-ménage s'est produite lundi soir. La victime, un conducteur de train, a été frappé en gare de Maisons-Lafitte, dans les Yvelines, par six personnes, alors qu'il était descendu de son train pour réarmer un système d'alarme qui avait été actionné sans justification. Roué de "coups de poing et de pied au visage", selon un policier, le conducteur a été blessé à un oeil, avant que ses agresseurs ne prennent la fuite. Le conducteur a reçu un arrêt de travail de deux jours.
"Sale gréviste"
Selon le syndicat Sud Rail, cette agression est liée au conflit social qui durait depuis des semaines à la gare Saint-Lazare, soulignant qu'elle "faisait suite" aux propos "scandaleusement agressifs" d'un membre de la direction "à l'encontre des cheminots grévistes et de Sud Rail". Mardi soir, en annonçant la reprise, Lionel Jorand a repris cette version en affirmant que le conducteur agressé avait été traité de "sale gréviste". Version contestée toutefois par la direction, selon qui "cette agression n'a évidemment rien à voir avec le conflit social en cours à Saint-Lazare". "Elle a eu lieu sur la ligne de RER A où le trafic était toujours resté normal et ne peut pas être imputée à des usagers en colère", a ajouté la direction de la SNCF.
Le blocage dont ont été victimes mardi des milliers de passagers a en tout cas suscité d'immédiates réactions politiques. Guillaume Pépy et Pierre Mongin, respectivement présidents de la SNCF et de la RATP, ont été interpellés à la fois par les élus franciliens de droite et de gauche. Le président de région Ile-de-France, le socialiste Jean-Paul Huchon, leur a ainsi demandé à tous deux de "prendre instamment les mesures nécessaires". Le chef de file de l'UMP au Conseil régional, Roger Karoutchi, a appelé pour sa part la direction de la SNCF à trouver "une solution rapide et durable". Le ministre du Budget, Eric Woerth, a lui jugé le mouvement "irresponsable", estimant qu'"il y a bien d'autres moyens que de prendre en otage les usagers, et gêner les gens dans leur vie quotidienne". Enfin le Premier ministre François Fillon a regretté l'"amalgame" qu'on fait, selon lui, les syndicats entre un "conflit social" et "un incident extrêmement regrettable".
D'après agence
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