Le grand test

Par O. L. avec agences, le 28 janvier 2009 à 17h41 , mis à jour le 29 janvier 2009 à 10h40

A l'appel de tous les syndicats, des centaines de milliers de personnes cessent aujourd'hui le travail et descendent dans la rue dans toute la France.

[Expiré] [Expiré] Manifestation à Nîmes contre la politique de Nicolas Sarkozy le 13 janvier 2009 © AFP / PASCAL GUYOT

> Trafic en IDF
> Les régions
> SNCF, Aéroports
> Autres services

 Et aussi sur
 LCI Radio sur LCI.fr : un flash news toutes les 30 minutes, le flash people et le flash buzz en exclusivité, des chroniques et des talks shows inédits

Test pour le pouvoir, test pour les syndicats. Des centaines de milliers de personnes, surtout des salariés, cessent aujourd'hui le travail et descendent dans la rue dans toute la France, à l'appel de tous les syndicats, pour la première grande mobilisation sociale depuis le déclenchement de la crise et l'élection du président Sarkozy. La journée de protestation a commencé aux premières heures de la journée de jeudi avec des perturbations mais sans tourner au chaos, en l'absence de paralysie du réseau de transports publics, tandis que les syndicats prédisent un nombre significatif de débrayages dans le secteur privé, traditionnellement moins affecté.
 
Organisée pour défendre l'emploi, le pouvoir d'achat, les garanties collectives et les services publics, et dénoncer la politique anti-crise du gouvernement, cette initiative est regardée avec sympathie par l'opinion, selon tous les sondages : 69% la jugent "justifiée", selon le dernier en date (BVA-Orange-Express).
 
Sarkozy "comprend", Fillon tient "le cap"
 
L'exécutif n'entend pas pour autant infléchir sa politique. "Je comprends vos difficultés" mais il ne faut "pas arrêter le mouvement des réformes", a déclaré mardi le président Sarkozy. Pour François Fillon, le "rôle d'un gouvernement" n'est "pas de faire des gestes" mais "de tenir le cap de la réforme". "Si le gouvernement ne répondait pas à une forte mobilisation, il serait irresponsable", a répliqué le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, rappelant le rendez-vous intersyndical du 2 février pour décider des suites du mouvement.
 
Refusant que les salariés soient "les premières victimes de la crise", les syndicats se sont unis autour d'une plateforme revendicative (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires) sans précédent. Ils veulent "des mesures urgentes en faveur de l'emploi, des rémunérations" et une "politique de relance économique". Ils demandent aussi que les mesures de baisse d'activité, comme le chômage partiel, soient "négociées" et que les aides publiques aux entreprises soient conditionnées à la préservation de l'emploi et des salaires.
 
"Une journée de grève, ça se voit ! "
 
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a promisjeudi d'être "très attentif" aux réponses que le gouvernement et les employeurs apporteront à la mobilisation. "Je ne peux pas supposer que demain ce soit la version 'j'ai rien vu, j'ai rien entendu et j'ai rien à dire' de la part du chef de l'Etat. Ce n'est pas possible", a-t-il déclaré sur RTL.  La mobilisation devrait être très forte dans l'Education nationale. "Ce que je sens, c'est que ce sera important" de par le nombre de manifestants, a affirmé mercredi son homologue de la CFDT François Chérèque, après avoir rencontré des ouvriers de l'équipementier automobile Faurecia. "L'idéal serait qu'il y ait le sentiment que le pays est bloqué pendant une journée. Le président de la République s'apercevra alors qu'une journée de grève, ça se voit ! ", a affirmé Jean-Claude Mailly, en référence aux propos de Nicolas Sarkozy selon lesquels "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit".
 
La précédente journée syndicale unitaire, le 22 mai 2008, pour les retraites, avait rassemblé de 300.000 à 700.000 manifestants (selon la police ou les organisateurs). On en comptait un à deux millions en 2003 (retraites) et 1995 (Sécurité sociale). Dans le privé, l'impact des grèves "sera très difficile à évaluer",  selon la présidente du Medef Laurence Parisot, les difficultés de circulation pouvant avoir un effet sur l'absentéisme.

A Paris, six manifestations

Des difficultés de circulation sont à prévoir jeudi à Paris où six manifestations sont organisées dans le cadre de la journée nationale de mobilisation interprofessionnelle, a annoncé mercredi dans un communiqué la préfecture de police. Celle-ci conseille aux automobilistes de contourner "très largement" les zones concernées.
 
Dès 13 heures, le principal rassemblement aura lieu place de la Bastille, suivi d'un défilé par le boulevard Beaumarchais, le boulevard des Filles du Calvaire, le boulevard du Temple, la place de la République, le boulevard Saint-Martin, le boulevard Saint-Denis, le boulevard Bonne-Nouvelle, le boulevard Poissonnière, le boulevard Montmartre, le boulevard des Italiens, le boulevard des Capucines, et la place de l'Opéra, où la dislocation est prévue vers 20 heures.

En marge de cette manifestation unitaire, cinq autres manifestations auront lieu dans la capitale, la plupart rejoignant le manifestation régionale intersyndicale jusqu'à la place de l'Opéra. Ainsi à l'appel de l'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche, un rassemblement est prévu à 14 heures devant l'univerisité de Jussieu, rue de Jussieu, pour rejoindre la manifestation régionale place de la Bastille.
 
Dès 12 heures un rassemblement à l'appel de la coordination des sans-papiers est prévu devant la Bourse du Travail, 85 rue Charlot (IIIe), pour rejoindre la manifestation unitaire à la hauteur de la République. L'intersyndicale du ministère de la Culture appelle à un rassemblement à 12 heures 30 place du Palais-Royal pour rejoindre la place de la Bastille. De même, l'union locale des syndicats CGT du XIIe arrondissement organise un rassemblement à 13 heures à hauteur de l'hôpital Saint-Antoine, pour rejoindre la place de la Bastille. Enfin la Fédération des travailleurs du livre organise un rassemblement statique de 11 heures à 13 heures 30 aux abords du siège patronal de l'industrie graphique, 68 boulevard Saint-Marcel (Ve).

Par O. L. avec agences le 28 janvier 2009 à 17:41
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

36 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bernard, le 29/01/2009 à 11h46

    Les "nombrilistes" du Ps ont déjà bousillé le PS, maintenant ils s'attaque au pays entier !

  • Malé, le 29/01/2009 à 11h44

    Pour répondre à la question posée à l'antenne, oui je suis persuadé que cette grêve est avant tout politique.la gauche est vent-debout pour entraver l'action du gouvernement.la population devrait se poser une seule question :pourquoi un gouvernement aurait pour objectif de nuire à ses concitoyens....je n'arrive pas à comprendre cette argumentation de la gauche qui voudrait faire croire aux Français que le Président ne cherche que le "malheur" du plus grand nombre. c'est idiot, comment certains peuvent-ils croire une chose pareille !

  • POUZAINT, le 29/01/2009 à 11h43

    Tous les grévistes sont volontaires cela va de soit, mais de nombreux concitoyens souhaiteraient faire grève et ne le peuvent pas! (notamment dans les PME/PMI pour le représentant de la CGPME, parce que la contrainte sociale est tro forte)

  • Mcgyv, le 29/01/2009 à 11h33

    Espérons qu'après cela, M. Sarkozy cessera de gigoter pour se mettre à bouger !

  • Stephane, le 29/01/2009 à 11h19

    Quelle honte ! les syndicats coulent la france économique et les plus pauvres les suivent ne se rendant meme pas compte qu'en bloquant tout le pays, ils découragent l'investissement, les entrepreneurs et l'initiative. Au final ceux qui souffriront le plus sont ceux la meme qui suivent des mots d'ordre idéologiques par peur de notre époque. Il faut SIMPLIFIER la vie économique en France, pour favoriser l'investissement et l'initiative ! Un beau sujet de réflexion pour tous les apparatchiks salariés protégés des syndicats, au moins ça les occuperait utilement. Comment maintenir notre solidarité nécessaire en la rendant plus simple et mieux gérable ? Comment réduire les déficits de l'assurance-maladie ? Comment faciliter l'accès au crédit pour les entrepreneurs prets a prendre des risques ? Et que fafa de limoges arrête de tout attendre du bon dieu et se bouge les fesses pour créer sa société !

  • Rocambole, le 29/01/2009 à 11h16

    Est-ce bien le moment de faire ce mouvement? Nos syndicats, ditigeants en tête, sont des irresponsables complètement déconnectés de la réalité

  • Fab, le 29/01/2009 à 11h07

    Notre délégué CGT a posé une journée de délégation pour faire grève. Ainsi il sera payé lui.

  • Enzo, le 29/01/2009 à 10h55

    En réponse a"la française qui en a ras le bol!" jusqu'a preuve du contraire, c'est sarko qui gouverne et de quelle manière !!! apparament, elle ne doit pas connaitre de problème de fric cette dame, tout juste ne peut elle pas faire des emplettes sur les champs un jeudi a prem. Un peu de solidarité SVP avec les gens qui souffre, qui ont du mal a finir le mois pour manger et qui n'ont que cette solution pour se faire entendre par des sourds.

  • Youkan, le 29/01/2009 à 10h29

    Cortège annoncé et prévu à 8h ce matin. Pas un chat!!!!!!! Personne!!!!!!!!!! Tout ne va pas si mal pour tout le monde faut croire, je suis consternée, à quand tout le monde, mais vraiment tout le monde dans la rue? Est ce qu'il faut aller dans les grandes villes? Est ce que Haguenau, n'est pas une ville assez grande? Franchement je me pose des questions là, tout va mal, personne ne bouge!!!!!!!!! Faut m'expliquer

  • Norton, le 29/01/2009 à 10h23

    Arreton de parler de test ce ne doit pas etre les grevistes a decider de l avenir du pays ; pour moi ce sont des irresponsables en cette periode de crise mondiale

Lire tous les commentaires

      logAudience