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Test pour le pouvoir, test pour les syndicats. Des centaines de milliers de personnes, surtout des salariés, cessent aujourd'hui le travail et descendent dans la rue dans toute la France, à l'appel de tous les syndicats, pour la première grande mobilisation sociale depuis le déclenchement de la crise et l'élection du président Sarkozy. La journée de protestation a commencé aux premières heures de la journée de jeudi avec des perturbations mais sans tourner au chaos, en l'absence de paralysie du réseau de transports publics, tandis que les syndicats prédisent un nombre significatif de débrayages dans le secteur privé, traditionnellement moins affecté.
Organisée pour défendre l'emploi, le pouvoir d'achat, les garanties collectives et les services publics, et dénoncer la politique anti-crise du gouvernement, cette initiative est regardée avec sympathie par l'opinion, selon tous les sondages : 69% la jugent "justifiée", selon le dernier en date (BVA-Orange-Express).
Sarkozy "comprend", Fillon tient "le cap"
L'exécutif n'entend pas pour autant infléchir sa politique. "Je comprends vos difficultés" mais il ne faut "pas arrêter le mouvement des réformes", a déclaré mardi le président Sarkozy. Pour François Fillon, le "rôle d'un gouvernement" n'est "pas de faire des gestes" mais "de tenir le cap de la réforme". "Si le gouvernement ne répondait pas à une forte mobilisation, il serait irresponsable", a répliqué le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, rappelant le rendez-vous intersyndical du 2 février pour décider des suites du mouvement.
Refusant que les salariés soient "les premières victimes de la crise", les syndicats se sont unis autour d'une plateforme revendicative (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires) sans précédent. Ils veulent "des mesures urgentes en faveur de l'emploi, des rémunérations" et une "politique de relance économique". Ils demandent aussi que les mesures de baisse d'activité, comme le chômage partiel, soient "négociées" et que les aides publiques aux entreprises soient conditionnées à la préservation de l'emploi et des salaires.
"Une journée de grève, ça se voit ! "
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a promisjeudi d'être "très attentif" aux réponses que le gouvernement et les employeurs apporteront à la mobilisation. "Je ne peux pas supposer que demain ce soit la version 'j'ai rien vu, j'ai rien entendu et j'ai rien à dire' de la part du chef de l'Etat. Ce n'est pas possible", a-t-il déclaré sur RTL. La mobilisation devrait être très forte dans l'Education nationale. "Ce que je sens, c'est que ce sera important" de par le nombre de manifestants, a affirmé mercredi son homologue de la CFDT François Chérèque, après avoir rencontré des ouvriers de l'équipementier automobile Faurecia. "L'idéal serait qu'il y ait le sentiment que le pays est bloqué pendant une journée. Le président de la République s'apercevra alors qu'une journée de grève, ça se voit ! ", a affirmé Jean-Claude Mailly, en référence aux propos de Nicolas Sarkozy selon lesquels "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit".
La précédente journée syndicale unitaire, le 22 mai 2008, pour les retraites, avait rassemblé de 300.000 à 700.000 manifestants (selon la police ou les organisateurs). On en comptait un à deux millions en 2003 (retraites) et 1995 (Sécurité sociale). Dans le privé, l'impact des grèves "sera très difficile à évaluer", selon la présidente du Medef Laurence Parisot, les difficultés de circulation pouvant avoir un effet sur l'absentéisme.
| A Paris, six manifestations |
Des difficultés de circulation sont à prévoir jeudi à Paris où six manifestations sont organisées dans le cadre de la journée nationale de mobilisation interprofessionnelle, a annoncé mercredi dans un communiqué la préfecture de police. Celle-ci conseille aux automobilistes de contourner "très largement" les zones concernées. En marge de cette manifestation unitaire, cinq autres manifestations auront lieu dans la capitale, la plupart rejoignant le manifestation régionale intersyndicale jusqu'à la place de l'Opéra. Ainsi à l'appel de l'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche, un rassemblement est prévu à 14 heures devant l'univerisité de Jussieu, rue de Jussieu, pour rejoindre la manifestation régionale place de la Bastille. |
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