General Motors © TF1/LCI"Si nous ne recevons pas ce deuxième versement, nous allons manquer de cash. C'est aussi simple que cela". Ce cri d'alarme provient du directeur général adjoint de General Motors, Fritz Henderson. Le constructeur espère fermement recevoir dans les prochains jours un deuxième versement dans le cadre du prêt fédéral qui lui a été promis le mois dernier. GM, qui est confronté à de graves problèmes de liquidités, a déjà reçu un premier versement d'urgence de quatre milliards de dollars le 31 décembre mais l'octroi de la deuxième tranche de 5,4 milliards par les autorités américaines, qu'il espérait recevoir vendredi dernier, a été retardé. Un retard qui s'explique, selon Henderson, par le fait que le gouvernement a réclamé des informations supplémentaires sur le groupe.
Le contexte est terrible pour le numéro un américain : ses ventes ont reculé de 11% durant l'année, "reflétant des pressions économiques mondiales, notamment un resserrement du crédit, la chute du prix des matières premières et l'absence de croissance". L'augmentation des ventes de 3% en Asie-Pacifique, en Amérique latine et en Afrique n'a pas pu compenser l'effondrement de 21% aux Etats-Unis, combiné au recul de 7% en Europe. Avec 8,35 millions de véhicules vendus dans le monde en 2008, GM laisse ainsi la couronne de premier constructeur mondial à son rival japonais Toyota, qui en a commercialisé 8,97 millions dans le même temps.
En quête de cash
Au total, le gouvernement américain a promis de prêter 13,4 milliards de dollars à GM pour trois ans, à condition que le groupe prouve sa viabilité. Il doit faire état de ses progrès en matière de redressement d'ici le 17 février. D'où des tentatives tous azimuts pour dégager du cash : le groupe est ainsi en contact avec le syndicat United Auto Workers et avec ses créanciers obligataires pour réduire à la fois les salaires et la dette du groupe. Mais dans l'immédiat, il se concentre prioritairement sur la mise à jour du plan de restructuration, alors que les prévisions de ventes pour 2009 devraient encore se détériorer. Le directeur général adjoint de General Motors a par ailleurs déclaré que son groupe était en contact avec le gouvernement suédois et des investisseurs potentiels pour leur vendre le constructeur Saab.
Chrysler, le plus petit et le plus fragile des trois constructeurs américains, semble plus proche d'une solution, deux mois avant la date butoir fixée pour donner les preuves de sa viabilité à Washington, qui lui a déjà prêté 4 milliards de dollars. Il a annoncé mardi la signature d'un "accord non engageant afin d'établir une alliance stratégique globale" avec Fiat, dans le cadre de laquelle l'italien "devrait recevoir une part initiale de 35%" mais sans débourser un sou. Ce dernier disposerait par ailleurs d'une option pour monter à 55% et prendre le contrôle du constructeur américain. En échange, Chrysler, dont les 4x4 et pick-up ne correspondent plus à la demande, aura accès à la technologie de Fiat (plate-formes, composants, moteurs moins gourmands), afin de produire de nouveaux modèles plus petits et économes. A moyen terme, Chrysler pourrait apposer sa marque sur des châssis Fiat, et accéder au réseau brésilien et européen du constructeur de Turin. Mais pour que l'accord devienne exécutoire, il faudra que Chrysler obtienne 3 milliards de dollars d'aide supplémentaire de la part de Washington.
D'après agence
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