François Chérèque le 22 mai sur RTL © TF1/LCILes heures sup', ça marche encore. A en croire les chiffres publiés mardi par le ministère de l'Emploi, les entreprises de dix salariés et plus ont accrû de 1% le nombre d'heures supplémentaires déclarées au troisième trimestre 2008, après une progression de 5,5% au trimestre précédent.
Le gouvernement doit-il se réjouir de cette illustration du "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy ? Pour François Chérèque, certainement pas. Le secrétaire général de la CFDT s'est dit mercredi scandalisé par le fait que les entreprises aient recours aux heures supplémentaires en temps de crise. "Il y a un sujet qui me scandalise: au troisième trimestre 2008, on a encore une augmentation des heures supplémentaires", a-t-il dit sur France Info.
Incitation à la suppression d'emploi ?
Selon lui, en rendant les heures supplémentaires "moins chères que les embauches", le gouvernement a non seulement incité les entreprises à ne pas créer d'emplois mais aussi à "supprimer des emplois, en particulier des CDD (contrats à durée déterminée) ou des intérimaires". François Chérèque a jugé la situation "insupportable". "C'est une faute d'anticipation grave", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général de la CFDT a par ailleurs appelé les entreprises à aller "au bout de leurs responsabilités" en assurant des "contreparties" en échange des aides d'Etat liées à la crise. Nicolas Sarkozy a annoncé mardi soir la mise en place d'un dispositif de prévention et de traitement des restructurations industrielles, associant les syndicats, pour faire face à la montée des plans sociaux. "Peugeot par exemple dit: 'je ne ferme pas mes entreprises'. Bien. Mais Peugeot est en train de fermer des entreprises de sous-traitance dont ils sont majoritaires, je pense à Faurecia ", a dit François Chérèque.
"J'ai dit au président de la République: il faut non seulement que Peugeot soit responsable de Peugeot mais soit responsable aussi de Faurecia". Faurecia a annoncé en décembre la suppression de 700 emplois dans ses activités de sièges automobiles en France en 2009. "Il faut amener les entreprises au bout de leurs responsabilités", a-t-il ajouté, refusant que celles-ci ne se cachent "derrière des sigles".
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