Les heures sup' : machine à chômage ?

Par Olivier LEVARD avec agences, le 14 janvier 2009 à 12h23 , mis à jour le 14 janvier 2009 à 12h29

Le secrétaire général de la CFDT s'est dit mercredi scandalisé par le fait que les entreprises aient recours aux heures supplémentaires en temps de crise.

François ChérèqueFrançois Chérèque le 22 mai sur RTL © TF1/LCI

Les heures sup', ça marche encore. A en croire les chiffres publiés mardi par le ministère de l'Emploi, les entreprises de dix salariés et plus ont accrû de 1% le nombre d'heures supplémentaires déclarées au troisième trimestre 2008, après une progression de 5,5% au trimestre précédent.
 
Le gouvernement doit-il se réjouir de cette illustration du "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy ?  Pour François Chérèque, certainement pas. Le secrétaire général de la CFDT s'est dit mercredi scandalisé par le fait que les entreprises aient recours aux heures supplémentaires en temps de crise. "Il y a un sujet qui me scandalise: au troisième trimestre 2008, on a encore une augmentation des heures supplémentaires", a-t-il dit sur France Info.
 
Incitation à la suppression d'emploi ?
 
Selon lui, en rendant les heures supplémentaires "moins chères que les embauches", le gouvernement a non seulement incité les entreprises à ne pas créer d'emplois mais aussi à "supprimer des emplois, en particulier des CDD (contrats à durée déterminée) ou des intérimaires". François Chérèque a jugé la situation "insupportable". "C'est une faute d'anticipation grave", a-t-il ajouté.
 
Le secrétaire général de la CFDT a par ailleurs appelé les entreprises à aller "au bout de leurs responsabilités" en assurant des "contreparties" en échange des aides d'Etat liées à la crise. Nicolas Sarkozy a annoncé mardi soir la mise en place d'un dispositif de prévention et de traitement des restructurations industrielles, associant les syndicats, pour faire face à la montée des plans sociaux. "Peugeot  par exemple dit: 'je ne ferme pas mes entreprises'. Bien. Mais Peugeot est en train de fermer des entreprises de sous-traitance dont ils sont majoritaires, je pense à Faurecia ", a dit François Chérèque.
 
"J'ai dit au président de la République: il faut non seulement que Peugeot soit responsable de Peugeot mais soit responsable aussi de Faurecia". Faurecia a annoncé en décembre la suppression de 700 emplois dans ses activités de sièges automobiles en France en 2009. "Il faut amener les entreprises au bout de leurs responsabilités", a-t-il ajouté, refusant que celles-ci ne se cachent "derrière des sigles".

Par Olivier LEVARD avec agences le 14 janvier 2009 à 12:23
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

10 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Jazzy34, le 14/01/2009 à 16h31

    Je ne connais pas un seul patron qui n'ait pas compris que les heures supplémentaires défiscalisées étaient une aubaine et un cadeau du pouvoir en place. En effet, même si le carnet de commande est ponctuellement meilleur, ce qui doit être rare, ces heures sup, puisque moins chères que les heures normales, se révélent être un obstacle à l?embauche. Elles sont par ailleurs discriminatoires vis-à-vis des salariés qui ne peuvent en profiter et enfin elles creusent gravement les déficits sociaux. Ce "travailler pour gagner " est, dans le contexte actuel, une abérration économique et sociale.

  • Flash, le 14/01/2009 à 15h05

    Les entreprises qui utilisent les heures sup ne sont pas en crise, c'est tout. Ce ne sont que certains secteurs qui sont touchés par la crise. Je ne vois pas ce qui dérange... Moi, mon porte monnaie ne s'est jamais trouvé aussi bien depuis cette crise car tous les prix ont baissé... La preuve, il n'y a jamais eu autant de gens qui sont allé au ski pour le moment. La consommation des ménages n'est pas en baisse. Même les ventes d'automobiles en 2008 n'ont baissé que de 0.7 % (malgré les 15 % de pertes mensuelles depuis octobre).-

  • Philippe, le 14/01/2009 à 14h55

    Heureusement que nous avons les heures sup mde et moi... pas envie de perdre du pouvoir d'achat pour des embauches... comme les politique chacun pour soit......

  • Nicolas, le 14/01/2009 à 14h43

    A la question "Pourquoi les syndicats ne se présentent pas à une élection présidentielle pour être aux services des ouvriers ?" La réponse est "Ils n'ont rien à proposer, et ils ne pourront plus râler" ...

  • Patrick, le 14/01/2009 à 14h36

    Non Mr Chérèque, la machine a chomage c'est trop de regles et d inflexibilite - ce explique que meme avant le crise actuelle la France avait plus de chomeurs que d autres pays europeens.

  • Yannick, le 14/01/2009 à 14h21

    Moi, ce que je trouve scandaleux, c'est que des personnes qui ont un boulot font greve quand d'autres crevent dans la rue par manque de travail.

  • Oré, le 14/01/2009 à 14h06

    En effet, intérimaire, je peine à trouver des missions .. En fait, depuis la fin des fètes, rien ... Tristoune pour mon budget (pâtes, patates, pâtes, diète ...) Mis à part les congés maladie et maternité, les sociétés ont très souvent recours à l'interim pour les hausses ponctuelles d'activités. Evidemment, avec ces nouvelles mesures, cela est plus interéssant de faire travailler davantage les salariés ... A savoir que lesdits salariés n'ont de toute façon pas le choix, quelques soient leur position face aux heures sup ;) Ah, vivement les prochaines mesures .... (ironie, quand tu nous tiens ...)

  • EMRAUDE, le 14/01/2009 à 14h03

    Et, je confirme que même en période de chômage partiel, ils rappelent les salariés pour 3 ou 4 h, comment cela est possible? Ou sont les controls. EM

  • Marian, le 14/01/2009 à 13h59

    Heureusement que les petites entreprises peuvent recourir aux heures supplémentaires. Elles ont la possibilité de faire face à leurs obligations en matière de services ou de production, et pérénisent ainsi l'emploi de leurs salariés tout en leur donnant d'avantage de pouvoir d'achat. Elles ne peuvent se permettre de prendre des risques en embauchant actuellement, risques partagés avec leurs salariés. Donc, mauvais raisonnement Monsieur CHEREQUE! Peut être que les mesures du plan de relance vont aidé nos petits entrepreneurs à embaucher de nouveau.

  • Apaul, le 14/01/2009 à 13h55

    Il n'y a rien de choquant à ce que les entreprises aient encore recours aux heures supplémentaires. Ces heures supplémentaires bénéficient aux salaires les plus bas, elles évitent la création de nouveaux travailleurs pauvres. Et puis, dans les activités de maind'oeuvre, il y a si peu de salariés qualifiés disponibles.

Lire tous les commentaires

      logAudience