Nicolas Sarkozy, le 27 janvier 2009 © TF1/LCI![]() |
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Avant un jeudi de grèves que les syndicats prédisent "noir", l'exécutif se veut "attentif" et cherche à dédramatiser cette première grande mobilisation sociale depuis le début de la crise. Affichant la volonté d'être "à l'écoute" des revendications, Nicolas Sarkozy a préféré reporter une tournée africaine prévue cette semaine. "Il ne voulait pas être à l'étranger le jour d'une grève", assure-t-on à l'Elysée.
En visite dans une usine proche de Châteauroux mardi, le chef de l'Etat a également dit comprendre "l'inquiétude" des Français face à la crise, mais a assuré ne pas pouvoir "arrêter les réformes". "Je comprends vos difficultés, je comprends les questions de pouvoir d'achat, les cotisations pour les retraites, l'école des gosses (...) mais je dois voir ça avec sang froid, avec calme, réfléchir, ne pas décider en fonction de qui est écrit dans le journal ou de ce que dit celui qui crie le plus fort", a-t-il déclaré. "Dans une démocratie, c'est normal que les gens protestent, c'est normal qu'il y ait des débats (...) mais moi j'ai été élu pour conduire un pays de 65 millions d'habitants et je veux qu'on sorte de la crise plus forts qu'on n'y est entrés."
Pour son baptême du feu, le nouveau ministre du Travail Brice Hortefeux s'est lui aussi gardé de condamner l'appel unitaire des syndicats. "Moi, a-t-il affirmé, ça ne me choque pas. Comment pourrait-on s'en étonner ? Nous sommes dans une période très difficile". Plus offensif, le ministre du Budget, Eric Woerth, a jugé mardi que les grèves et la manifestation étaient un "mode d'expression inapproprié" en période de crise. "Je trouve qu'il y a aujourd'hui d'autres moyens pour se faire entendre (...) que de descendre dans la rue un peu traditionnellement, comme on le fait depuis 30 ou 40 ans en France avec les mêmes banderoles et des slogans d'ordre général", a-t-il déclaré sur France Inter. Sur France 2 mardi soir, le Premier ministre François Fillon a lui estimé que le "rôle d'un gouvernement" n'était "pas de faire des gestes" mais "de tenir le cap de la réforme". Car selon lui, "c'est l'ensemble de l'économie qui s'effondrerait" si l'Etat ne consacrait pas "tous les moyens disponibles" à l'"amélioration des infrastructures" et de la "compétitivité" des entreprises, notamment automobiles.
"Il y a des lignes à ne pas franchir"
A gauche au contraire, alors que le Parti socialiste a officiellement appelé à une participation massive aux manifestations, Ségolène Royal a jugé nécessaire que le mouvement social "prenne la rue" pour protester contre "les dirigeants, les grandes banques" qui "ont mis le système dans le mur". Même si elle a indiqué qu'elle ne manifesterait pas jeudi, étant à ce moment-là au Forum social de Belem au Brésil. De son côté, Laurent Fabius a dit sur i-Télé qu'il s'attendait à une forte mobilisation. "Il va y avoir, je l'espère, des centaines de milliers de personnes pour dire : on n'est pas d'accord avec Nicolas Sarkozy". A la gauche du PS, dix partis et organisations ont lancé un appel de soutien aux grèves de jeudi parce que "ce n'est pas à la population de payer la crise". "Au moment où la droite s'attaque au service minimum, ce qu'on attend de la gauche, c'est qu'elle fasse le maximum", a expliqué Olivier Besancenot, du Nouveau parti anticapitaliste. Cette étape sociale "est une vraie bonne motion de censure et l'expression d'un ras-le-bol généralisé, mais une journée ne suffira pas", a-t-il ajouté.
Côté syndical, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a ironisé sur l'attitude gouvernementale. "Il y a le Père Fouettard, c'est (le porte-parole de l'UMP, Frédéric) Lefebvre, il y a le Père Peinard, c'est le ministre du Travail (Brice Hortefeux) et il y a le Père Trouillard, c'est le ministre du Budget". Selon lui, la journée de jeudi ne sera pas simplement "un grand défouloir" mais l'expression d'une "vraie colère" des salariés qui veulent se faire entendre par le gouvernement et le patronat. "On veut un plan de relance axé sur la consommation. Cela suppose par exemple une augmentation du smic (...), une vraie prime transports qui n'a été faite qu'à moitié (...), une relance de la négociation dans la fonction publique", a-t-il déclaré sur Europe 1. "Si le gouvernement n'entend rien et n'écoute rien, il y aura des suites, c'est évident".
D'après agence
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