Sarkozy comprend, mais n'arrêtera pas les réformes

le 27 janvier 2009 à 11h28 , mis à jour le 28 janvier 2009 à 15h48

A deux jours du "jeudi noir" annoncé, le chef de l'Etat dit comprendre "l'inquiétude" des Français face à la crise, mais assure ne pas pouvoir "arrêter les réformes".

nicolas sarkozyNicolas Sarkozy, le 27 janvier 2009 © TF1/LCI

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Avant un jeudi de grèves que les syndicats prédisent "noir", l'exécutif se veut "attentif" et cherche à dédramatiser cette première grande mobilisation sociale depuis le début de la crise. Affichant la volonté d'être "à l'écoute" des revendications, Nicolas Sarkozy a préféré reporter une tournée africaine prévue cette semaine. "Il ne voulait pas être à l'étranger le jour d'une grève", assure-t-on à l'Elysée.

En visite dans une usine proche de Châteauroux mardi, le chef de l'Etat a également dit comprendre "l'inquiétude" des Français face à la crise, mais a assuré ne pas pouvoir "arrêter les réformes". "Je comprends vos difficultés, je comprends les questions de pouvoir d'achat, les cotisations pour les retraites, l'école des gosses (...) mais je dois voir ça avec sang froid, avec calme, réfléchir, ne pas décider en fonction de qui est écrit dans le journal ou de ce que dit celui qui crie le plus fort", a-t-il déclaré. "Dans une démocratie, c'est normal que les gens protestent, c'est normal qu'il y ait des débats (...) mais moi j'ai été élu pour conduire un pays de 65 millions d'habitants et je veux qu'on sorte de la crise plus forts qu'on n'y est entrés."

Pour son baptême du feu, le nouveau ministre du Travail Brice Hortefeux s'est lui aussi gardé de condamner l'appel unitaire des syndicats. "Moi, a-t-il affirmé, ça ne me choque pas. Comment pourrait-on s'en étonner ? Nous sommes dans une période très difficile". Plus offensif, le ministre du Budget, Eric Woerth, a jugé mardi que les grèves et la manifestation étaient un "mode d'expression inapproprié" en période de crise. "Je trouve qu'il y a aujourd'hui d'autres moyens pour se faire entendre (...) que de descendre dans la rue un peu traditionnellement, comme on le fait depuis 30 ou 40 ans en France avec les mêmes banderoles et des slogans d'ordre général", a-t-il déclaré sur France Inter. Sur France 2 mardi soir, le Premier ministre François Fillon a lui estimé que le "rôle d'un gouvernement" n'était "pas de faire des gestes" mais "de tenir le cap de la réforme". Car selon lui, "c'est l'ensemble de l'économie qui s'effondrerait" si l'Etat ne consacrait pas "tous les moyens disponibles" à l'"amélioration des infrastructures" et de la "compétitivité" des entreprises, notamment automobiles.

"Il y a des lignes à ne pas franchir"

A gauche au contraire, alors que le Parti socialiste a officiellement appelé à une participation massive aux manifestations, Ségolène Royal a jugé nécessaire que le mouvement social "prenne la rue" pour protester contre "les dirigeants, les grandes banques" qui "ont mis le système dans le mur". Même si elle a indiqué qu'elle ne manifesterait pas jeudi, étant à ce moment-là au Forum social de Belem au Brésil. De son côté, Laurent Fabius a dit sur i-Télé qu'il s'attendait  à une forte mobilisation. "Il va y avoir, je l'espère, des centaines de milliers de personnes pour dire : on n'est pas d'accord avec Nicolas Sarkozy". A la gauche du PS, dix partis et organisations ont lancé un appel de soutien aux grèves de jeudi parce que "ce n'est pas à la population de payer la crise". "Au moment où la droite s'attaque au service minimum, ce qu'on attend de la gauche, c'est qu'elle fasse le maximum", a expliqué Olivier Besancenot, du Nouveau parti anticapitaliste. Cette étape sociale "est une vraie bonne motion de censure et l'expression d'un ras-le-bol généralisé, mais une journée ne suffira pas", a-t-il ajouté.

Côté syndical, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a ironisé sur l'attitude gouvernementale. "Il y a le Père Fouettard, c'est (le porte-parole de l'UMP, Frédéric) Lefebvre, il y a le Père Peinard, c'est le ministre du Travail (Brice Hortefeux) et il y a le Père Trouillard, c'est le ministre du Budget". Selon lui, la journée de jeudi ne sera pas simplement "un grand défouloir" mais l'expression d'une "vraie colère" des salariés qui veulent se faire entendre par le gouvernement et le patronat. "On veut un plan de relance axé sur la consommation. Cela suppose par exemple une augmentation du smic (...), une vraie prime transports qui n'a été faite qu'à moitié (...), une relance de la négociation dans la fonction publique", a-t-il déclaré sur Europe 1. "Si le gouvernement n'entend rien et n'écoute rien, il y aura des suites, c'est évident". 

D'après agence

le 27 janvier 2009 à 11:28
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30 Commentaires

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  • TERESERA, le 28/01/2009 à 10h17

    Je soutiens totalement Sarkozy, laissons-lui le temps de redresser ce pays! Nous n'avons pas à nous plaindre, relevons ensemble nos manches et travaillons pour le bien de notre pays. La grève n'est pas une solution au contraire elle risque d'aggraver la situation....

  • Tophe, le 27/01/2009 à 23h06

    Moi j'irai manifèster. Je suis sur que le gouvernement fait fausse route sur certaines de leurs réformes. Je suis fonctionnaire hospitalier ce n'est pas pour mon bien etre professionnel mais parcequ'en toute objectivité il me semble que le service public ne doit pas etre vendu ou démonter c'est l'intéret de tout le monde. Je vois des commentaire très négatif sur les fonctionnaires ( pour ne pas dire complètement délirant ) je ne connais pas un seul de mes collègues qui n'ai pas de la famille travaillant ds le privé.

  • Bbroule, le 27/01/2009 à 21h07

    Les commentaires de ce forum sont-ils truqués? Alors que la majorité des personnes est pour un mouvement massif et justifié, la plus part des remarques vont à l'encontre de celui-ci. Les gens qui se montent les uns contre les autres et se jalousent rien de plus réjouissant pour nos dirigeants qui jouent sur la division. Réfléchissons un peu et regardons, la crise n'est pas la seule responsable, la socièté actuelle basée sur le profit et le toujours plus consommé certainement.

  • Celisaone, le 27/01/2009 à 20h16

    Je suis soulagée de voir que le président ne veut pas se laisser influencer par les journaux ou par celui qui parle le plus fort. Le président a une vue d'ensemble, il faut lui faire confiance. Néanmoins, je ne comprends pas la solidarité qu'il peut y avoir entre les grévistes et les "autres", ceux qui vont se galérer toute la journée, pour aller travailler, s'occuper des enfants, etc. Maintenant, on entend "je n'ai pas les moyens de faire grève", cela deviendrait donc un luxe d'embêter tout le monde ? Pourquoi ne pas faire en sorte d'être entendu autrement ? Où est l'intérêt général ?

  • Dan, le 27/01/2009 à 19h47

    Est ce que vous ne mettez les commentaires que de ceux qui ne sont pas d'accord avec la grève?

  • Riri, le 27/01/2009 à 19h47

    J'ai 2 enfants au chomage partiel ils vont gagner 1060 e avec un loyer de 640e comment ils vont vivre

  • Dan, le 27/01/2009 à 19h44

    Je suis écoeurée par ce que je lis!! j'ai toujours travaillé ,je ne trouve que des emploies précaires donc contrat intérim ou cdd en ce moment plus rien!!! comment peut on travailler! je fais des cv pour un cdi que je donne à chaque entreprise pas moyen par contre me reprendre en intérim ok , alors ou est le probléme plus d'embauche!!! en assedic pour une reprise de 23 mois puisses depuis plus de 20 ans de travail et aprés si plus de travail plus rien rmi !alors on fait comment une solution? la grève de jeudi est pour le ras le bol donner au plus riche et pas aider la classe moyenne ainsi que pour le pouvoir d'achat!!! alors quand on ne sait pas on ne dit rien!

  • Papyrus, le 27/01/2009 à 19h33

    Je suis personnellement fonctionnaire de l'éducation nationale et jeudi: je serai gréviste. J'entends de nombreuses critiques sur les "fonctionnaires nantis" assimilés aux riches de ce pays. Peut on raisonnablement comparer un salarié du secteur public avec un PDG de banque par exemple? Je ne le pense pas. Quant à être d'accord avec la politique du gouvernement, de nombreux fonctionnaires sont en désaccord profond avec les réformes engagées, et ce depuis fort longtemps. C'est pour cela d'ailleurs que ce mouvement d'action du 29 janvier se veut inter-syndical, réunissant tant le public que le privé ainsi que les retraités, chômeurs et autres catégories socio-professionnelles. Si en revanche certaines personnes acceptent de: "faire des sacrifices, se serrer la ceinture, continuer la politique d'austérité et de gel des salaires"; et bien dans ce cas, continuons ainsi. Mais que ces personnes ne viennent point se plaindre le jour ou leur tour viendra (chauffeurs de taxis, artisans, commençants et autres professions libérales...). Car qui sait si bientôt on ne leur demandera pas à eux non plus ce genre de sacrifices. Tout cela pour dire qu'il est bien inutile de se réjouir du malheur des autres et qu'il serait temps d'arrêter d'opposer les salariés entre eux. Ce qui contribue à améliorer le bonheur de chacun est bon pour tous. Et je ne crois pas que réclamer l'indexation des hausses salariales annuelles sur l'inflation soit une revendication scandaleuse. A titre d'exemple, la hausse des salaires de la fonction publique en 2008 s'est élevée à 0,8%. Que dire de l'inflation réelle? Sans parler du secteur privé, chômeurs et retraités, tout aussi mal lotis que nous. P.S: le système bancaire mondiale s'est vu attribuer la coquette somme d'aides publiques de tous les états du monde (c'est à dire du contribuable) de 1.000 milliards de dollars pour l'année 2008 (source: FMI Fond Monétaire International). A bon entendeur salut!

  • Michelle, le 27/01/2009 à 16h57

    Je le reconnais, nous les Français avons un beau pays de belles lois,et que par rapport à d'autre on a pas trop a se plaindre. Je suis ouvirère à l'usine depuis plus de 20 ans et jeudi je ferai grève pour nos acquis .Vous voyez ce n'est pas que les fonctionnaires, alors de grâce pour ces personnes qui ne parle que des fonctionnaires renseigner vous comme il faut avant de parler d'un sujet que vous ne connaissez pas. Le droit de grève existe vous ne voulez pas la faire? Et ben soit on est dans un pays démocratique et chacun fait selon ses convictions.Doiit-on laissez faire tout et n'importe quoi par un gourvernement qui pert la tête?

  • Franck, le 27/01/2009 à 16h11

    Ce ne sont pas les réformes qu'il faut stopper bien au contraire mais par contre il faudrait redonner du pouvoir d'achat aux Français, c'est la où ca coince

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