Le cortège de la CGT à Paris le 1er mai 2008 © TF1/LCI![]() |
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A trois jours de la journée de mobilisation de jeudi, les syndicats y croient plus que jamais. Bernard Thibault a estimé lundi que les grèves et manifestations allaient se traduire par une mobilisation "bien au-delà" de celles observées lors des dernières années. Le secrétaire général de la CGT interrogé sur France Inter, a relevé des "signes tout à fait spectaculaires" dans les entreprises.
"L'ensemble des syndicats appellent à la grève dans des entreprises qui n'ont jamais connu ce type d'appel", a-t-il expliqué, soulignant aussi "l'étendue du mouvement associatif", notamment sur des questions de santé, et la mobilisation d'organisations de jeunesse. "Cette journée va avoir une participation des salariés très importante, très impressionnante, bien au-delà sans doute de ce que l'on a vécu ces dernières années", a-t-il jugé. Dans les Echos de lundi, Bernard Thibaut a évoqué une mobilisation "encore plus importante que celle contre le CPE". "Nous attendons que le chef de l'Etat réagisse à cette mobilisation", a-t-il ajouté. "Il ne faut pas uniquement des mesures d'aide aux entreprises, aux établissements financiers, il faut des mesures concernant l'emploi, concernant le pouvoir d'achat".
"Cri de colère"
Le secrétaire général de la CFDT a estimé que les grèves et manifestations de jeudi seraient "un cri de colère" des salariés contre les effets de la crise qu'ils subissent et pour demander des contreparties aux aides destinées aux entreprises. "Il y a une vraie nécessité pour les salariés de dire que c'est injuste que ce soit eux qui payent sur leur salaires, sur leurs emplois, sur leurs avantages, les effets de la crise dont ils ne sont pas responsables", a expliqué François Chérèque sur BFM.
"On veut dire au gouvernement: vous aidez les entreprises, on souhaite que la contrepartie de ces aides aux entreprises, elle se fasse sur des résultats concrets avec une discussion, une négociation sur les conséquences de ces aides", a dit François Chérèque. Dans un entretien publié lundi dans la Tribune, le dirigeant syndical a demandé que cette négociation se fasse "au niveau de la branche ou de l'entreprise". "Les règles qui encadrent les plans sociaux doivent être débattues", a-t-il par ailleurs demandé dans cet entretien, jugeant qu'"une entreprise dégageant des bénéfices ne peut pas supprimer des emplois sans s'engager à en créer par ailleurs un nombre équivalent". Il a aussi demandé, sur BFM, au gouvernement "de revoir son plan de relance, en particulier sur la relance de la consommation" et d'"avoir un débat sur le rôle de l'Europe dans la relance".
Sud Rail prévient
Du côté de la majorité, Xavier Bertrand a reconnu lundi que le mouvement de grève et de manifestations prévu jeudi pouvait être "important" et "vraiment suivi" car il constitue "une forme de réponse pour les salariés" face à la crise. "Les salariés veulent être entendus, ils veulent être respectés dans leurs entreprises, dans la société en général, et je pense que c'est cela qui motive l'action de nombreux salariés et qui fera que ce mouvement peut être important", a déclaré le nouveau secrétaire général de l'UMP sur France 2. L'ancien ministre du Travail a rappelé que le service minimum serait "appliqué" lors de cette journée, notamment le principe "très clair" selon lequel "si on fait grève on ne travaille pas et si on ne travaille pas on n'est pas payé". "Il n'est pas possible que le service public soit l'otage de quelques-uns seulement", a-t-il prévenu citant le syndicat Sud.
La situation des transports en Ile-de-France "est catastrophique toute l'année et pas seulement les jours de grève", répond au gouvernement Christian Mahieux, porte-parole de Sud Rail et secrétaire national des syndicats Sud, dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France. Interrogé sur la volonté affichée par le nouveau ministre du Travail Brice Hortefeux de revoir le dispositif du service minimum, il répond: "si c'est pour nous demander d'accepter de nouveaux reculs des droits des salariés, c'est non! Il n'est pas question de revenir sur le droit de grève".
Le recours à des grèves tournantes de 59 minutes, combiné à des arrêts spontanés du travail (droit de retrait) en solidarité avec un conducteur agressé sur le réseau Saint-Lazare, ont conduit récemment à une désorganisation complète du service minimum à la gare Saint-Lazare à Paris, qui draine chaque jour 400.000 passagers franciliens.
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