Eric Woerth au Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien (4 janvier 2008) © TF1/LCILa crise frappe et le chômage remonte... Faut-il pour autant renoncer à réduire les effectifs de la fonction publique ? Et revenir sur la suppression prévue cette année de plus de 30.000 postes de fonctionnaires ? Eric Woerth l'a exclu dimanche. "Je maintiens l'idée que nous ne remplacerons pas un fonctionnaire sur deux partant à la retraite", a déclaré le ministre du Budget, interrogé au Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien sur un éventuel "moratoire" des réductions d'emplois publics pour donner la priorité au maintien de l'emploi.
L'Etat est le premier employeur de France avec, fin 2005, un personnel de 2,54 millions d'agents, dont 906.000 enseignants et 351.000 militaires, et 1,02 million dans les hôpitaux et établissements pour personnes âgées, d'aide sociale à l'enfance, pour handicapés ou inadaptés. Les collectivités locales sont un autre important gisement d'emplois qui a d'ailleurs fortement progressé en 2005-2006 sur fond de décentralisation, et contribué au mouvement de baisse du chômage qui avait été observé à partir de 2006.
Non aux embauches de fonctionnaires, mais oui aux emplois aidés
Mais pour Eric Woerth, "il faut parler vrai, il y a une fonction publique qui est trop nombreuse. La qualité du service public doit être maintenue, c'est extrêmement important, mais on peut le faire avec un peu moins de fonctionnaires". En 2008 déjà, près de 23.000 postes avaient été supprimés. Ils étaient 11.000 en 2007. En 2009, ce chiffre augmentera donc encore, puisque pour la première fois, le principe du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, annoncé après l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, sera strictement appliqué.
Interrogé par ailleurs sur la remontée rapide du chômage, Eric Woerth a jugé que "les chiffres dans les mois qui viennent seront aussi difficiles". Et selon lui, la lutte contre le chômage passe par la volonté du gouvernement de "combattre la crise internationale" et "aussi des mesures sur le plan national, comme l'augmentation du nombre d'emplois aidés".
Les emplois aidés sont, comme les postes de fonctionnaires, financés en grande partie par de l'argent public, le salaire et les cotisations sociales pouvant être pris en charge jusqu'à 90% par l'Etat. Ces postes permettent notamment à une école, une commune, une association, une maison de retraite, d'embaucher un chômeur à temps partiel. Mais à la différence d'un fonctionnaire, la personne a un statut précaire, elle est embauchée le plus souvent à durée déterminée et le contrat ne dure souvent qu'une année scolaire.
D'après agence
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