Les règles du droit de grève bientôt révisées ?

Par D.H. et L.D (avec agence), le 14 janvier 2009 à 21h10 , mis à jour le 15 janvier 2009 à 14h41

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, s'est insurgé mercredi soir contre les nouvelles méthodes de grève qui ont paralysé la gare Saint-Lazare.

Voyageurs bloqués devant les grilles fermées de la gare Saint-Lazare (13 janvier 2009)Voyageurs bloqués devant les grilles fermées de la gare Saint-Lazare (13 janvier 2009) © TF1/LCI

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> Des usagers désorientés devant une gare fermée
> Une grève "inacceptable" pour Roger Karoutchi
> Les usagers de la gare Saint-Lazare en colère
 

Après la paralysie totale de la gare parisienne de Saint-Lazare mardi, l'heure est à la mise au point. Face à la colère de Nicolas Sarkozy et à l'inefficacité du service minimum, le président de la SNCF Guillaume Pepy a décidé de prendre les devants. L'offensive a donc été lancée dès mercredi soir contre les nouvelles méthodes de grève mises en place par les syndicats à Saint-Lazare. "Le temps est sans doute venu de revoir les règles qui aujourd'hui autorisent à la SNCF des grèves reconductibles d'une heure en début de service", a-t-il asséné sur France 2, faisant  notamment allusion à la grève de 59 minutes, très efficace, et qui permet aux cheminots de cesser le travail en évitant de perdre une grosse partie de leur salaire.

Interrogé sur les "excuses réclamées" par le chef de l'Etat, Guillaume Pepy a répondu : "c'est tout à fait normal, nous sommes une entreprise publique, nous appartenons à la Nation, il est le chef de l'Etat". Mais "les excuses, ça ne suffit pas parce que c'est une situation, qui est inacceptable et insupportable", a-t-il ajouté, se disant déterminé à "faire en sorte que ce ne soit plus jamais comme ça". Ces "mouvements-surprise" de grève "doivent disparaître purement et simplement". "J'ai proposé aux organisations syndicales aujourd'hui même qu'on se rencontre dans les tout prochains jours pour bâtir ensemble des solutions autres que la grève dans ce cas de figure, quand il y a une agression", a-t-il poursuivi.

Indemnités de 30 à 50 euros

Au-delà de ces considérations, Guillaume Pepy n'a pas oublié les usagers, pris au piège du conflit social. SNCF avait annoncé qu'elle rembourserait un tiers du montant du passe Navigo (ex-carte Orange) du mois de février. Insuffisant, avait en substance dit Nicolas Sarkozy mercredi matin, en réclamant à la SNCF d'indemniser les voyageurs victimes en plus de "s'excuser auprès de ses abonnés" (lire notre article). Ce sera finalement plus, a assuré mercredi soir le président de la SNCF, Guillaume Pepy. "33% c'est pas assez, et par conséquent on va faire davantage : et je suis en mesure de vous annoncer ce soir que toutes les personnes qui voyagent par la gare Saint-Lazare seront indemnisées de 30 à 50 euros de leur abonnement mensuel du mois prochain", a-t-il dit sur France 2.

Dans la matinée Guillaume Pépy s'était rendu lui-même à la gare Saint-Lazare pour faire un mea culpa en personne auprès des usagers. "Les usagers m'ont enguirlandé, moi j'accepte leur mécontentement". "Hier, on a manqué à nos devoirs", avait-il ensuite commenté devant la presse. La gare, où transitent quelque 450.000 voyageurs par jour, a été fermée mardi une partie de la journée en raison d'un mouvement de grève spontané déclenché après l'agression, lundi, d'un agent de conduite du RER à Maisons-Laffitte, dans les Yvelines. Nicolas Sarkozy, qui était "remonté" à propos de cette affaire, a souligné Luc Chatel, a demandé au ministre concerné et à la SNCF d'organiser une réunion sur la sécurité vis-à-vis des conducteurs de train. Le président du conseil régional d'Ile-de-France Jean-Paul Huchon a demandé mercredi à l'Etat de "respecter ses engagements de contrat" dans le cadre de l'amélioration des transports en Ile-de-France.

 Agression RER A à l'origine de la fermeture de Saint-Lazare :
trois mineurs en garde à vue

Trois mineurs ont été placés en garde à vue mercredi dans le cadre de l'enquête concernant l'agression d'un conducteur du RER A, lundi soir en gare de Maisons-Laffitte (Yvelines), selon le parquet de Versailles. Les trois mineurs, "deux de 15 ans et un de 17 ans", ont été interpellés mercredi matin et placés en garde à vue dans les locaux de la sûreté départementale des Yvelines. Mercredi en fin d'après-midi, les trois jeunes étaient toujours en garde à vue. Lundi à 19h45, le conducteur du RER A en provenance de Nanterre était descendu de sa cabine à la suite du déclenchement du signal d'alarme dans une des voitures de son RER. Il avait alors été agressé dans la voiture par "six personnes alcoolisées", roué de "coups de poing et de pied au visage", selon une source policière. Les perturbations sur la branche ouest du RER A et les trains de banlieue menant à la gare Saint-Lazare avaient été l'effet d'une grève subite des conducteurs qui protestaient contre cette agression.

(D'après agence)

Par D.H. et L.D (avec agence) le 14 janvier 2009 à 21:10
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