Les manifestants à Paris, le 29 janvier 2009 © LCI![]() |
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> Chérèque : "La plus grosse manif depuis 20 ans"
"Mission accomplie", entonnent les syndicats, alors qu'une réunion lundi permettra de décider des suites à donner au mouvement. Quelque 1,08 million de personnes ont en effet participé à la journée d'action de jeudi, a annoncé le ministère de l'Intérieur. La CGT et Force ouvrière ont revendiqué pour leur part 2,5 millions de manifestants dans toute la France.
Les organisations s'appuyaient sur ces chiffres jeudi soir pour réclamer une réaction du pouvoir. "Maintenant c'est au gouvernement d'apporter des réponses" sur "la relance avec des mesures concrètes pour les salariés et c'est après que l'on décidera de la suite à donner au mouvement", soutenait le secrétaire général de FO. Jean-Claude Mailly jugeait, avant la réponse de Nicolas Sarkozy (lire notre article), que "quand il y a une telle mobilisation, le gouvernement serait irresponsable s'il ne répondait pas".
Ces manifestations syndicales, les plus massives depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée en mai 2007, égalent les mobilisations de 2006 contre le CPE, le contrat première embauche, de 2003 sur les retraites et de 1995 contre le plan Juppé sur la Sécurité sociale. En 2006, à son apogée, la lutte contre le CPE avait mis dans la rue 1 à 3 millions de personnes, selon les estimations respectives de la police et des syndicats, tandis qu'on en comptait 1 à 2 millions en 2003 et 1995.
Paris veut "du fric pour remplir les caddies"
Alors qu'à Paris, les manifestants partis de la place de la Bastille rejoignaient l'Opéra, la préfecture de police avait estimé à 65.000 le nombre de participants à la manifestation dans la capitale, chiffre contesté par la CGT qui en annonce 300.000. Le cortège dépassant République avait entonné des "Casse toi, riche con" à destination de Nicolas Sarkozy en alternance avec "des milliards pour les travailleurs, pas pour les speculateurs" tandis que des banderoles réclamaient "du fric pour remplir les caddies". Salariés du secteur public y défilaient aux côtés de nombreux employés du privé, de l'automobile et de la distribution mais également de secteurs moins syndiqués comme la publicité ou encore le tourisme. A l'arrivée, place de l'Opéra, des échauffourées ont opposé une centaine de manifestants aux forces de l'ordre (Voir notre article).
Marseille : "Chiffre historique"
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| Le cortège marseillais |
Bordeaux : "La crise c'est eux, la solution c'est nous"
Quelque 34.000 personnes selon la police, 80.000 selon les syndicats, ont manifesté à Bordeaux. Le cortège qui s'étalait sur plusieurs kilomètres s'est élancé en fin de matinée et a sillonné les artères du centre-ville derrière une banderole unitaire indiquant: "La crise c'est eux, la solution c'est nous". Des manifestants venant du secteur public (santé, hôpitaux, enseignants, sécurité sociale, SNCF) ont défilé aux côtés de nombreux représentants des entreprises privées, dont Auchan, Carrefour, Leroy Merlin et Air France. Des archéologues, des magistrats, des chercheurs, des retraités, beaucoup de jeunes dont certains sous l'étiquette du syndicat lycéen FIDL, ont participé à cette manifestation.
Lyon : "Sarko, ça se voit ! "
Quelque 30.000 personnes, selon les syndicats, 25.000 selon la police, ont défilé sans incident dans le centre de Lyon. Chômeurs, retraités, étudiants, élus de gauche, salariés du public et du privé (Renault Trucks, Arkéma...) ont battu le pavé, de la manufacture des tabacs jusqu'à la place Bellecour. Certains manifestants portaient des pancartes indiquant "refusons de payer la crise du capitalisme" ou bien "l'économie capitaliste est malade... qu'elle crève". D'autres scandaient "Sarko, ça se voit, on est dans la rue !" ou bien "sauvez les emplois, augmentez les salaires !".
Toulouse : manif de Gaulois
Entre 56.000 et 90.000 personnes, selon la police ou les syndicats, ont défilé à Toulouse. En tête du cortège, une rangée d'une dizaine de handicapés précédait une délégation de salariés de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), dont la cessation d'activité est prévue en juin. Déguisés en gaulois, les Molex brandissaient une pancarte "Le village de gaulois qui résiste aux prédateurs", tandis qu'un Panoramix sur un chariot, poussé par Astérix, frappait sur un bidon d'huile transformé en "chaudron de l'emploi".
L'Ouest et le Sud mobilisent
Dans l'ouest, les estimations montrent une forte mobilisation dans la rue : entre 35 et 45.000 à Nantes, 20 à 35.000 à Rennes, mais aussi au moins 15.000 selon la police au Mans. 21.000 ont également manifesté à Caen, selon la police, qui parle d'un chiffre très élevé pour la région. Dans le Finistère, des sources policières ont enregistré une participation comparable à celle contre le CPE, avec 12.500 manifestants à Quimper. Dans des villes moyennes, la mobilisation a également été forte : 15.000 à 25.000 à Perpignan, 16.000 à 28.000 à Tarbes, 7000 à Boulogne-sur-Mer, 5000 à Arras.
"La plus grande journée" depuis 20 ans pour Chérèque
Organisée pour défendre l'emploi, le pouvoir d'achat, les garanties collectives et les services publics, et dénoncer la politique anti-crise du gouvernement, la journée de mobilisation est regardée avec sympathie par l'opinion, selon tous les sondages : 69% la jugent "justifiée", selon le dernier en date (BVA-Orange-Express).
Pour François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, il s'agit de "la plus grande journée d'action des salariés depuis une vingtaine d'années". "C'est une journée réussie, les échos de province montrent que nous sommes au niveau des plus grosses manifestations du CPE", qui avaient rassemblé de un à 2,6 millions de personnes en France en 2006 contre le projet de "contrat première embauche" du gouvernement de Dominique de Villepin.
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