Quelles suites après la mobilisation ?

Par La rédaction , le 31 janvier 2009 à 17h00 , mis à jour le 02 février 2009 à 11h35

Forts du succès de la journée de jeudi , les syndicats se retrouvent ce lundi pour décider de la suite à donner au mouvement. Fillon refuse tout "tournant"

manifestation grève © TF1/LCI


Manifestations : un nouveau rapport de force ?

Une nouvelle donne ? Au soir même de la grande mobilisation du 29 janvier (entre 1 et 2,5 millions de manifestants selon les sources, soit autant que pour la lutte anti-CPE de 2006 ou le mouvement social de 1995), Nicolas Sarkozy a promis de recevoir les syndicats en février. Mais ces derniers vont se décider avant, pour savoir s'ils maintiennent la pression, dans la crainte que l'exécutif joue la montre. Les huit confédérations (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa) se consultent ce lundi pour décider des suites à donner à la journée d'action de jeudi.
 
En jeu : préserver l'unité affichée jeudi, malgré les désaccords notamment sur l'assurance chômage, pour faire plier un gouvernement apparemment peu enclin à amender sa politique face à la crise et l'explosion du chômage. Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy, parlait ainsi vendredi d'un "maintien du cap". Et alors que François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, demandait, dimanche matin sur Europe 1, à Nicolas Sarkozy un "changement de cap" (voir un extrait de son interview), la réponse du gouvernement n'a pas tardé. Son porte-parole, Luc Chatel, a expliqué, sur Radio J, qu'un changement de cap serait "la pire des réponses".

"Pas de tournant", pour Fillon

Dans un entretien au Monde publié lundi, François Fillon tient le même discours. Selon le chef du gouvernement, "le mouvement de jeudi exprime majoritairement une inquiétude devant la crise, mais sans qu'il s'en dégage un message très précis ni des propositions claires et cohérentes. Cette inquiétude n'a rien d'étonnant car la crise est profonde". Le Premier ministre note que de la "colère" s'est exprimée "contre ceux qui sont à l'origine de la crise", et y voit "une forme de soutien exigeant aux initiatives que la France a prises pour engager la refonte des institutions financières internationales". "Il n'y aura pas de tournant de la politique économique et sociale", tranche François FIllon qui tempère en ajoutant que "cela n'empêche évidemment pas qu'il y ait place pour le dialogue et la concertation". Il se réjouit par ailleurs d'"un vrai progrès démocratique", à savoir "un mouvement social responsable, sans paralysie"  et note en particulier que "la loi sur le service minimum a fonctionné dans les transports et, à un moindre degré, dans l'éducation"

Ce vers quoi se dirige pour l'heure le chef de l'Etat, c'est faire de la pédagogie auprès de l'opinion publique, face à la crise. Selon Luc Chatel, Nicolas Sarkozy "réfléchit à une intervention plus globale vis à vis des Français (...) au meilleur moment pour communiquer vis-à-vis des Français". Mais "la date n'est pas définie", a-t-il déclaré, alors que la rumeur fait état d'une intervention télévisée jeudi prochain. Moins intransigeant, le Premier ministre ajoute, dans une interview au Progrès de Lyon (de lundi), que le gouvernement veut "rebâtir l'agenda social" avec les partenaires sociaux en tenant compte notamment "de leurs propres revendications". Mais, tout comme Luc Chatel, à la question de savoir si le gouvernement comptait poursuivre en 2010 la réduction du nombre de fonctionnaires en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux, le Premier ministre répond par l'affirmative.
 
Le "grand soir" ?
 
"Fillon a déjà annoncé la couleur il a dit 'de toute façon il n'y aura pas de changement au niveau économique, ni au niveau social', ce qui à mon avis est une vraie provocation", a estimé dimanche le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot. Par principe ou par tactique, plusieurs syndicats, CFDT, FO, Unsa, CFE-CGC, CFTC, ont déjà dit qu'ils ne voulaient pas multiplier les appels à la grève et à manifester. CGT, "décidée à tout faire pour que l'unité se prolonge dans l'avenir", et FO ont en revanche menacé le gouvernement d'autres mouvements revendicatifs s'il n'entendait pas les revendications de la rue (lire notre article). Entre ces deux positions, la CFTC ne réclame "pas le grand soir" mais notamment "une baisse de TVA", prévenant : attention à la "crise politique". Et dans l'enseignement, "les mobilisations vont continuer et s'amplifier dès lundi dans le supérieur" a prévenu la FSU, et en février dans le primaire, les collèges et lycées.
 
Côté points forts : les syndicats peuvent se targuer d'un certain soutien de l'opinion. 73% estiment que le gouvernement ne prend pas en compte les revendications sociales et 46% des Français souhaitent que la grogne actuelle se transforme en un mouvement similaire à celui de 1995, selon un sondage Opinionway pour Le Figaro et LCI, contre 53% d'un avis contraire (lire notre article). D'autant que les manifestations ont agrégé les mécontentements : suppressions ou manque de postes dans le public (Education, hôpitaux..), licenciements et chômage dans le privé, retraites et salaires insuffisants, ouverture des commerces le dimanche, etc. Vendredi, même les organisations réputées modérées regrettaient les réactions gouvernementales au jeudi noir.

Par La rédaction le 31 janvier 2009 à 17:00
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9 Commentaires

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  • Rene, le 04/05/2009 à 21h21

    Des Grèves ,encore des grèves ,toujours des grèves ;les français ne savent faire que cela :c'est notre réputation à l'étranger qui se demande exactement ce que nous voulons .Cela appauvrit notre pays ,nos entreprises qui se battent pour tenir le coup et rester compétitives .Ne nous étonnons pas après des délocalisations!!!....et si on regardait ce qui est positif ,ne serait-ce que la France se tient bien face à la crise par rapport à ses voisins !!....et vous les médias si vous nous parliez de temps en temps de ce qui va bien : n'avez-vous pas votre part de responsabiliité dans le fait de faire monter la tension perpétuellement :vous n'informez pas vous faîtes des scoops!.....

  • Annah, le 02/02/2009 à 11h59

    Les francais savent-ils encore ce qu'ils font ,les gréves à répétition vont encore appauvrir un peu plus le pays,que veulent les syndicats ???????,qu'avec ces manifestations et pagailles permanentes nos entreprises soient encore plus attirées par la délocalisation ,quand je lis les commentaires au sujet des gréves ,j'ai du mal de croireque 73% des francais sont d'accords ,73% de fonctionnaires oui.,qu'ils continuent nous serons encore plus la risée des autres pays qui pour beaucoup par ces instants de crises ont leurs habitants unis et solidaires malgrés les divergences et cela peut-étre prouvé.,de plus j'entends des retraités raler avec seulement 3000euros de pension mensuelle,moi et mon mari nous somme en dessous de cette somme mais on ne se plaint pas ,il y a des couples qui travaillent a deux avec des enfants qui ont moins que cela, je pense plus aux jeunes actuels qui auront du mal de plus si nous continuons a toujours manifester.pour un oui ou un non nous passerons à cotés des vrais problémes.

  • Danbout, le 02/02/2009 à 11h57

    Il faut faire un mai 68 car ayant vote pour sarko je suis tres decu plus jamais je ne voterai a droite car il nous prennent reellement pour des gogos ils ont su se reaugmenter tuos sans exeption le budget de l'etat augmente finalement il en profite a plein vbivement que les cinq annee se terminent

  • SILAS, le 02/02/2009 à 11h33

    C'est un comble les syndicats ne defendent que les privilèges des fonctionnaires. Ils devraient plutôt s'occuper des petits salariés du privé qui sont loins d'avoir les avantages de la fonction public.

  • Mamina26, le 02/02/2009 à 11h25

    Il faut continuer à mettre la pression sur ce gouvernement qui se moque du peuple comme jamais aucun gouvernement ne l'a fait.Il est vrai que nous avons un tsar à l'Elysée qui lui ne manque pas de s'augmenter son salaire et de surcroît conserver pendant un temps certain son salaire de ministre de l'intérieur...............avec tout ça elle est pas belle la vie!!!!!!!!!!!!!!!! plus de 200% d'augmentation...Pauvre petit garçon riche.

  • Carole, le 02/02/2009 à 09h48

    Bonjour, Ici a Rennes les profs de maths ont décider de faire une greve illimité apartir d'aujourd'hui... Je ne sais pas comment ça va se passer dans les faits mais bon en tout cas on nous a prévenu qu'aujourd'hui je n'avais pas ! je ne sais pas non plus ce qui en ai pour les autres profs... (les profs de maths et de sciences terre font aussi de la rétention de notes) bonne journée a tous.... une étudiante rennaise ^^

  • COCO, le 02/02/2009 à 09h19

    Très simple. On licencie les grévistes et on donne leurs emplois à ceux qui veulent travailler. Quant aux organisateurs, en prison pour sabotage.

  • JGH, le 02/02/2009 à 09h16

    Les jours du gouvernement étant, peut-être, déjà comptés, il n'aura d'autres choix que d'accélérer le mouvement des réformes s'il souhaite les faire passer toutes, par la force si nécessaire, avant sa chute ....

  • Olivier, le 02/02/2009 à 08h57

    Quelle suite ? ben rien tout le monde s'en fout, comme d'habe. c est une habitude Francaise de faire la gr6eve avant meme de discuter alors comment voulez vous qu il y ait une suite ??? L europe se marre et elle bosse elle.

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