Un plan à 54 millions pour débloquer l'île

Par L.D. (D'après agence), le 31 janvier 2009 à 07h53 , mis à jour le 31 janvier 2009 à 08h06

Une grève générale paralyse l'île depuis le 20 janvier pour protester contre le prix des produits de première nécessité, des impôts, taxes et carburants.

Guadeloupe © TF1/LCI

Dans une île complètement paralysée, les présidents des Conseils régional et général de la Guadeloupe, Victorin Lurel (PS) et Jacques Gillot (DVG), ont proposé vendredi soir de consacrer 54 millions d'euros pour satisfaire les principales revendications du Collectif contre l'exploitation outrancière (LKP).
 
Le collectif guadeloupéen LKP qui regroupe la quasi-totalité des syndicats, partis et associations de Guadeloupe, réclame depuis le 20 janvier une baisse des prix des produits de première nécessité, des impôts, taxes et carburants, le gel des loyers et une augmentation des salaires et minimas sociaux. Dans un document de 21 pages, Victorin Lurel et Jacques Gillot proposent aux responsables du LKP "une centaine de mesures répondant aux attentes" de la population et du LKP. Parmi ces mesures figurent une réduction des taxes régionales sur le gasole (qui devrait se traduire par une baisse de 2 ou 3 centimes à la pompe), sur l'électricité et l'eau potable (de 1,5 à 1%), les produits laitiers (de 7 à 2%), une baisse de 9% de la taxe d'habitation et de 7% de celle sur le foncier bâti. La baisse du tarif des cantines scolaires, l'augmentation des bourses régionales aux étudiants, le versement d'une prime de 150 euros "aux foyers fiscaux les plus démunis" figurent également parmi les mesures énoncées dans le document. Les responsables du LKP doivent faire connaître samedi leur point de vue sur ces propositions et une réunion rassemblant élus et LKP pourrait se tenir dès samedi après-midi.
 
Appel solennel

Par ailleurs, également touchée par un mouvement des stations-services qui la prive de carburant depuis le 19 janvier, la Guadeloupe est à sec. Aux grands maux les grands remèdes, le préfet Nicolas Desforges a décidé de taper du poing en exigeant vendredi la réouverture dès lundi des stations-services de Guadeloupe. Dans une lettre aux gérants de stations-services et aux compagnies pétrolières, le préfet les appelle "solennellement" à rouvrir, afin de débloquer une situation qui rend impossible toute circulation sur l'île. Il estime que "seule cette solution, guidée par l'intérêt supérieur de la Guadeloupe, est de nature à permettre rapidement le retour à une vie normale". Les gérants de stations-services, dont la moitié sont à l'enseigne Total, exigent l'arrêt de toute nouvelle implantation de station-service par les trois compagnies locales de distribution qui se sont créées récemment. Dominé par Total, notamment depuis sa fusion avec Elf, le marché insulaire de la distribution des produits pétroliers est partagé par Chevron, Exxon et Vito (ex-Shell), les trois autres actionnaires de la SARA, l'unique raffinerie alimentant l'île.

Par L.D. (D'après agence) le 31 janvier 2009 à 07:53
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