Le LKP près d'arracher les 200 euros

le 26 février 2009 à 08h10 , mis à jour le 26 février 2009 à 09h37

On s'acheminait jeudi vers la signature d'un accord entre LKP, patronat et Etat. En Martinique par contre, les violences se sont poursuivies cette nuit.

guadeloupe grève Les négociateurs s'acheminaient vers un accord juedi 26 février. © TF1/LCI

Après 11 heures de pourparlers, les négociations entamée mercredi soir se sont terminées jeudi matin en Guadeloupe. Et, même si l'île reste pour l'heure enfoncée dans la grève, le LKP, le patronat et l'Etat qui a proposé un "revenu supplémentaire temporaire d'activité" en réponse au montage mis sur la table par le collectif intersyndical, pourraient parvenir à un accord dans la journée. En Martinique par contre, la situation semble se dégrader avec une nouvelle nuit de violence (lire plus bas).
 
Selon Elie Domota, figure de proue du LKP, l'Etat avait demandé un délai afin de peaufiner les nouvelles mesures qu'il comptait soumettre aux partenaires sociaux. Juste avant le début de la réunion, Matignon a ainsi proposé un Revenu supplémentaire temporaire d'activité (RSTA) avec 80 euros mis par l'Etat jusqu'"à l'horizon 2011" avant un retour au revenu de solidarité active (RSA). A cela viendrait s'ajouter un "bonus" des entreprises de 50 à 90 euros exonérées de toutes charges salariales et patronales et enfin une participation autour de 50 euros des conseils général et régional pour arriver "à peu près" aux 200 euros réclamés par le LKP depuis le début du conflit.

Vandalisme à Fort-de-France
 
45.000 salariés gagnant jusqu'à 1,4 fois le Smic seraient concernés indépendamment de leur situation familiale. L'exécutif, qui redoute une extension des revendications à la métropole, ne veut pas entendre parler d'une exonération de la CSG et de la CRDS, servant au financement de la sécurité sociale. Une proposition a été faite en ce sens par l'UCEG, l'Union des chefs d'entreprises guadeloupéens (UCEG), organisation patronale proche de l'intersyndicale.
 
En Martinique, où la mobilisation dure depuis trois semaines, une vingtaine de petits magasins et deux moyennes surfaces ont été pillés et vandalisés mardi soir à Fort-de-France alors que les négociations sur la hausse des salaires ont été suspendues mercredi pour reprendre aujourd'hui. Fort-de-France était confrontée à une nouvelle nuit de violences mercredi dans la soirée. Sur plusieurs artères de la ville, des barrages ont été érigés avec des poubelles, dont certaines étaient en feu. Comme la veille, des détonations résonnaient à intervalles réguliers dans la ville d'où montaient des fumées et des odeurs des gaz lacrymogènes. Tout au long de la soirée, des jeunes encagoulés ont sillonné les rues avec une très grande mobilité en jouant au chat et à la souris avec les forces de l'ordre.

Guadeloupe : un "atout pour la France", selon un sondage

Une forte majorité de Français voient dans la Guadeloupe un "atout pour la France", tout en semblant mitigés sur l'indépendance, au contraire des seuls Guadeloupéens qui y sont massivement défavorables, selon un sondage Opinionway pour le Figaro magazine. 68% des métropolitains et 65% des seuls Guadeloupéens jugent que ce département d'outre-mer est "un atout pour la France" car contribuant "à son rayonnement international", selon cette enquête de l'institut qui a sondé séparément deux échantillons, dans l'hexagone et dans l'archipel.
Les Français de métropole sont partagés sur la question de l'indépendance. 51% y seraient favorables, 49% défavorables selon l'enquête (mais l'institut admet une marge d'incertitude de 2 à 3 points pour son échantillon). En revanche, auprès des Guadeloupéens, le refus de l'indépendance est sans appel: 80% sont contre, 14% y sont favorables selon Opinionway.
De même une forte majorité de Guadeloupéens (63%) jugent insuffisante l'aide apportée par la métropole à leur île, alors que les métropolitains sont partagés sur cette question. Les deux catégories jugent majoritairement que les propositions du gouvernement pour mettre fin au conflit sont "insuffisantes". Mais c'est beaucoup plus vrai des Guadeloupéens (66%) que des métropolitains (47%). Les deux échantillons pensent enfin très majoritairement (74% en métropole, 87% dans l'île) que la crise est due "aux inégalités et à la vie chère".

Enquête Opinionway réalisée auprès de 1002 personnes de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine (méthode des quotas, interrogées du 21 au 23 février par internet; marge d'erreur de 2 à 3 points) et 402 habitants de Guadeloupe interrogé par téléphone (marge d'erreur 3 à 4 points).

(D'après agence)

le 26 février 2009 à 08:10
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