Les négociations en Guadeloupe, le 27 février 2009 © LCI 
Angèle : Domota a "décidé de venir me rosser"
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Yves Jégo |
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01:20 18:40 |
Les grévistes du LKP et deux organisations patronales ont signé dans la nuit de jeudi à vendredi en Guadeloupe un accord pour une augmentation de salaires de 200 euros qui était réclamée depuis plusieurs semaines. L'accord a été signé par l'Union des chefs d'entreprise de Guadeloupe et le collectif des entrepreneurs, deux organisations minoritaires.
Pour le préfet de Guadeloupe, l'accord concernerait 15.000 à 17.000 salariés, mais selon le président du Medef Guadeloupe, 3500 salariés seulement seraient concernés. Absent lors de ce round de négociations, le Medef Guadeloupe assure qu'il participera aux nouvelles discussions, en regardant les choses de façon "pragmatique". "On va continuer à avancer de manière sereine sur des réalités économiques et sociales en protégeant les intérêts des salariés et des entreprises", a déclaré le patron du Medef Guadeloupe, Willy Angèle. L'accord signé concerne les salariés qui touchent jusqu'à 1,4 smic par mois (environ 1400 euros). Pour les autres salariés, une augmentation de 6% sera négociée dans chaque branche. L'augmentation de salaire entrera en vigueur le 1er mars.
"C'est un accord qui vaut son pesant d'or"
Le gouvernement soucieux de débloquer enfin la situation en Guadeloupe, paralysée depuis cinq semaines, avait fait sa première concession financière mercredi en annonçant qu'il prenait en charge une augmentation de 80 euros pour la période 2009-2011. Il a finalement porté sa contribution à 100 euros, soit la moitié de la somme obtenue par les syndicats. Les organisations patronales présentes ont accepté une augmentation des salaires de 50 euros exonérée de charges, tandis que les collectivités locales contribueront pendant une année non reconductible à hauteur de 50 euros également. Le texte portera le nom d'"Accord Bino", en hommage au syndicaliste tué par balles.
Reste maintenant à trouver un accord pour l'ensemble des salariés de l'île. Le Medef et la CGPME ont en effet boycotté ces négociations de jeudi, invoquant des problèmes de sécurité et dénonçant "le climat d'intimidation et de violence qui règne dans les réunions". Le préfet de la Guadeloupe a cependant démenti toute pression. Il "s'inscrit en faux", notamment contre les affirmations du Medef selon lesquelles Willy Angèle aurait été physiquement menacé par le leader du LKP, Elie Domota, durant les négociations. "Lorsque M. Domota a eu un geste déplacé envers M. Angèle, trois policiers du RAID se sont interposés. M. Angèle n'a pas été touché par M. Domota" a précisé le préfet. Après avoir reçu "toutes les assurances de sécurité nécessaire de la part des pouvoirs publics".
Un plan de relance pour les Antilles
"Aujourd'hui, on peut dire que c'est un premier pas. Il y a des organisations patronales qui ont fait le choix de ne pas participer aux négociations, mais dès lundi nous allons demander l'extension des dispositions de cet accord à l'ensemble des entreprises de Guadeloupe", a déclaré Elie Domota. Il compte saisir pour cela le ministère du travail. "Il y a plus de 45.000 personnes qui vont toucher 200 euros" avec l'extension à toutes les organisations patronales "qu'aucune disposition juridique ne peut empêcher", a-t-il affirmé. "C'est un accord qui vaut son pesant d'or", a-t-il également dit. En revanche, le LKP n'appelle pas à la fin de la grève générale. "Vendredi, nous avons rendez-vous avec le préfet pour négocier sur différents points" dont "la baisse des prix de première nécessité, de l'eau et des transports. Nous sommes dans un combat", assure Elie Domota.
De son côté, Nicolas Sarkozy a estimé que tout n'était pas encore résolu, mais reconnu les avancées. "Enfin, ça progresse. J'ai bon espoir qu'on y arrive. J'irai dans quelques semaines aux Antilles pour tenir scrupuleusement tous les engagements que j'ai pris", a déclaré le chef de l'Etat. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo a lui promis un futur "plan de sauvetage de l'économie pour les Antilles", notamment en direction des PME et du secteur du tourisme. "Si nous arrivons à sortir de la crise, tout commence, on a à redressser l'activité économique". Yves Jégo propose notamment que les entreprises puissent décaler les paiements de ce qu'elles doivent à l'Etat et souhaite aussi aider les entreprises à restructurer leurs dettes avec les banques pour passer cette période difficile. Le gouvernement prévoit aussi une relance promotionnelle du tourisme via des baisses significatives de tarif.
Un accord est proche en Martinique |
Les négociations en Martinique sur les prix et les salaires sont très proches d'une issue positive, a déclaré vendredi sur Europe 1 le président du conseil général Claude Lise. "Je pense qu'on devrait trouver une issue positive samedi", a-t-il déclaré, alors que la Martinique est en grève générale depuis le 5 février. Il a également indiqué que la nuit avait été beaucoup plus calme que les précédentes avec seulement "quelques petits incidents en périphérie de Fort-de-France". Les choses ont beaucoup progressé aujourd'hui sur les deux points essentiels : concernant "le problème des prix on est au bord d'une conclusion positive, je pense que demain les négociations vont certainement trouver une issue favorable", a-t-il dit. Pour les salaires, "la négociation a beaucoup progressé. Nous en sommes arrivés au maximum, à 247 euros alors que les autres demandent maintenant 250". |
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