250.000 emplois détruits d'ici fin 2009 ?

le 12 février 2009 à 15h53 , mis à jour le 12 février 2009 à 15h56

C'est la prévision peu optimiste de l'Unedic, basée sur une hypothèse de croissance de -1%. Avec les nouvelles règles d'indemnisation, le nombre de chômeurs indemnisés croîtrait de 280.000.

recherche d'un emploi ANPE chômage petites annoncesA la recherche d'un emploi à l'ANPE © TF1

Alors que l'Insee doit publier vendredi les chiffres de l'emploi salarié au quatrième trimestre et sur l'ensemble de 2008, l'Unedic se risque à la prospective à propos de l'impact de la crise sur les statistiques du chômage en 2009. Et les chiffres ne sont guère optimistes : en partant de l'hypothèse d'une contraction de 1% du produit intérieur brut cette année, l'Unedic table sur une destruction nette de 250.000 emplois salariés. Ce qui, combiné aux nouvelles règles d'indemnisation du chômage, conduirait à 282.000 chômeurs indemnisés de plus cette année. Les nouvelles règles d'indemnisation du chômage contenues dans la convention d'assurance chômage que le gouvernement souhaite voir adopter, prévoient en effet d'indemniser les chômeurs dès quatre mois d'activité et non plus six. Pour 2010, année pour laquelle l'assurance chômage retient l'hypothèse d'une croissance de 0,5% du PIB, le nombre de chômeurs augmenterait encore de 122.000, parallèlement à la destruction nette de 113.000 emplois.

Ces projections entraîneraient une dégradation de la situation financière de l'assurance chômage, avec un résultat 2009 qui diminuerait à 912 millions d'euros, contre 4,6 milliards en 2008. Les comptes de l'Unedic passeraient ensuite dans le rouge avec un résultat négatif de 1,6 milliard en 2010. En 2009, l'endettement de l'Unedic serait encore réduit à 4,08 milliards contre 4,99 milliards en 2010, mais la dette se creuserait à nouveau en 2010, après trois ans d'amélioration, pour atteindre 5,7 milliards. "Il n'y pas eu encore de dégradation du régime financier de l'assurance chômage mais, bien sûr, on est ni naïf ni autiste et on pense que cela va se dégrader dans les prochains mois", analyse Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'Unedic.

Chez les cadres, la menace du chômage de longue durée

Geoffroy Roux de Bézieux a reconnu que le scénario macro-économique retenu risquait d'être trop optimiste, alors que la Commission européenne prévoit une contraction de 1,8% du PIB français cette année. Le bureau de l'Unedic, réuni mercredi soir, a ainsi demandé d'examiner une deuxième hypothèse de croissance à -1,5%, et les nouvelles prévisions seront publiées avant l'été. La convention prévoit aussi une baisse des cotisations au 1er juillet si la contraction du PIB ne dépasse pas 1% et si le résultat semestriel de l'assurance chômage excède 500 millions d'euros, ce qui paraît difficile à envisager. L'Unedic n'a donc pas pris en compte une éventuelle baisse des cotisations dans son scénario.

Parallèlement à ces prévisions peu optimistes, une étude publiée par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) estime que les recrutements de cadres devraient chuter en 2009, avant de quasi stagner en France les trois années suivantes sur fond de récession. L'Apec n'espère une reprise qu'en 2013. Le taux de chômage des cadres devrait néanmoins remonter "au-delà de 4% dès 2009", contre 3,3% fin 2008, a précisé à la presse le président de l'Apec Gabriel Aretro. Qui a toutefois relativisé : "Même à 5%, cela resterait sous le niveau de 2003-2004 et sans commune mesure avec les autres salariés". En fait, aujourd'hui, moins qu'un "chômage massif", c'est plus le chômage de longue durée qui menace les cadres, selon l'Apec.

D'après agence

Surchauffe au Pôle emploi

Afflux de demandeurs d'emploi, amoncellement de dossiers : Pôle emploi subit "une forte tension" pour cause d'envolée du chômage, reconnaît son directeur général Christian Charpy, tout en jugeant que "les mesures prises permettent de faire face", citant notamment le recrutement de 200 CDD fin 2008. Pour les dossiers en retard, Laurent Wauquiez a d'ailleurs fait état mardi d'une "inflexion remarquable" en moins d'un mois, de 89.700 à 57.000, grâce à des "heures supplémentaires" et des "plateformes mutualisées". Mais la crise n'explique pas tout, rétorquent des représentants des salariés, pour lesquels elle aggrave une désorganisation due à la fusion.

le 12 février 2009 à 15:53
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1 Commentaires

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  • Line, le 12/02/2009 à 16h15

    Comment voulez-vous que l'on soit optimiste si tous les jours et plusieurs fois par jour on ressasse la même chose LA CRISE, mais arrêtez et je pense que déjà tout ira mieux

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