40 stations service sous surveillance policière

le 13 février 2009 à 06h27 , mis à jour le 13 février 2009 à 07h10

Le collectif LKP, à l'origine de la grève, a quitté la table des négociations. Pour les protestataires, aucun compromis n'est envisageable hors du cadre du pré-accord trouvé dimanche.

Automobilistes dans une sattion-services en Guadeloupe (4 février 2009)Automobilistes dans une sattion-services en Guadeloupe (4 février 2009) © TF1/LCI

Les réquisitions de stations services seraient imminentes. Selon LCI, 40 stations vont être placées sous la surveillance de la police en Guadeloupe, pour permettre aux habitants de se ravitailler en carburant, alors que l'île entre dans son 24e jour de grève générale. Malgré les efforts de médiation d'Yves Jégo, plus aucune perspective d'issue au blocage ne se dessinait ces dernières heures. Les discussions entre le collectif Lyiannaj kont pwofitasyon (LKP), à l'origine du mouvement qui dure depuis le 20 janvier, et les deux médiateurs désignés mardi par le Premier ministre François Fillon ont été rompues. "Nous ne reviendrons pas à la table des négociations s'il n'y a pas signature du pré-accord trouvé dimanche matin" a affirmé, au sortir de la réunion avec les médiateurs, un dirigeant du LKP, Alain Plaisir.

Les six négociateurs du LKP ont assuré jeudi qu'ils souhaitaient que l'Etat co-signe le pré-accord élaboré dimanche, à l'issue de plus de vingt heures de négociations avec le patronat. Ce texte de compromis prévoyait 200 euros d'augmentation des salaires, en contrepartie d'un allègement de 108 millions d'euros de charges salariales. Selon le LKP, les discussions avec les médiateurs, Jean Bessières et Serge Lopez, "ne peuvent reprendre que sur la base de ce pré-accord". Le collectif a annoncé qu'il organisait un meeting jeudi à Pointe-à-Pitre pour expliquer sa position. Et une manifestation serait en préparation pour samedi. De leur côté, les deux médiateurs pourraient rencontrer rapidement les six négociateurs patronaux désignés par le Mouvement des entrepreneurs de Guadeloupe (MEG). Ce dernier doit réaffirmer à cette occasion, selon des sources patronales, sa préférence pour des négociations dans les branches, essentiellement l'hôtellerie de tourisme, et entreprise par entreprise.

Pas de "Grenelle de l'Outre-mer"

En Martinique, Yves  Jégo a proposé jeudi soir aux syndicats 39 propositions pour sortir l'île, en grève générale depuis huit jours, de "la crise sérieuse" qu'elle  traverse. Elles incluent notamment une baisse "immédiate" des prix du carburant de 8 centimes pour l'essence et de 10 centimes pour le gasoil. Il a aussi confirmé la baisse de 20% "avant la fin du mois de février de 100  produits de première nécessité, comme l'avait obtenu le collectif mardi lors de  négociations en préfecture. Autre mesure "pour répondre aux attentes en matière de pouvoir d'achat": le  versement d'une prime exceptionnelle de 200 euros "dès le mois d'avril" aux  50.000 foyers martiniquais aux plus bas revenus, soit une enveloppe de 10  millions d'euros. En revanche concernant une augmentation de tous les bas salaires réclamée par  le collectif, Yves Jégo a renvoyé la balle aux partenaires sociaux. Cette même revendication cruciale bloque toujours les négociations en Guadeloupe. "Ce n'est  pas l'Etat qui finance les salaires", a-t-il répété.
 
Il a par ailleurs exclu l'organisation d'un "Grenelle de l'Outre-mer". "On peut aligner des millions et des milliards et les gens ne voient pas  leur vie changer. Je crois qu'il faut apporter des réponses beaucoup plus  pragmatiques", a déclaré le secrétaire d'Etat. "J'ai le souci des réponses du quotidien", a-t-il ajouté souhaitant faire "remarquer" que le budget de l'Outre-mer est le seul à avoir augmenté de 9% en  2009.    Selon le ministre, "c'est un plan global que nous sommes en train de  construire et dont nous avons déjà les assurances financières dans le budget de  l'Etat". Mais, a-t-il fait valoir, "il ne faut pas non plus négliger les réponses  guadeloupéennes ne sont pas exactement les mêmes que les réponses  martiniquaises, qui sont pas exactement les mêmes que les réponses réunionnaises".

Un collectif de la Réunion appelle à une grève générale le 5 mars

Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion a appelé jeudi à une journée de grève générale et de manifestation le 5 mars. Le Collectif a arrêté une liste de quatre "mesures immédiates" pour lesquelles il compte "mobiliser la population", notamment une hausse de 200 euros nets des salaires , a indiqué l'un de ses porte-parole. Composé de 25 organisations, le Collectif rassemble les principaux syndicats de l'île (CGTR, CFDT,CFTC, FO, FSU, UNSA), les partis de gauche (PCR, PS, NPA, LO, Parti de gauche) ainsi que des associations (dont ATTAC et Agir contre le chômage).

D'après agence

le 13 février 2009 à 06:27
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