Elie Domota © LCIDeux mois jour pour jour après le début du blocage en Guadeloupe, l'espoir était revenu dans la population. Le LKP avait accepté vendredi de revenir à la table des négociations, après les annonces de Nicolas Sarkozy. Mais cette reprise du dialogue a été brève : cinq petites heures. "Les propositions faites par le patronat sont largement insuffisantes, nous poursuivons la mobilisation", a Elie Domota, le leader du Collectif contre l'exploitation (LKP), à la sortie de la réunion.
Les grévistes souhaitent toujours "trouver un accord sur la base du préaccord du 8 février", à savoir une hausse de 200 euros pour les bas salaires, compensée par un allègement de charges patronales de 108 millions d'euros à la charge de l'Etat. Un objectif qui ne serait pas atteint selon les grévistes, qui assurent que le patronat ne propose que 50 euros. Samedi, les médiateurs nommés par le Premier ministre François Fillon doivent tenir de la rencontre bilatérale avec le LKP d'un côté et le patronat de l'autre.
Le calme est revenu
La grève se poursuit donc, avant une reprise des négociations lundi, et sur place, les affrontements ont cessé. Les forces de l'ordre ont dégagé des barrages qui obstruent la route entre Pointe-à-Pitre et la préfecture de Basse-Terre. Quelques rares magasins ont levé leur rideau dans la capitale. Par ailleurs, les obsèques du syndicaliste Jacques Bino, tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi, auront lieu dimanche après-midi. La cérémonie religieuse doit avoir lieu à 15h locales à Petit Canal, à une trentaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre, dans un stade prévu pour accueillir 800 personnes.
Samedi, en marge du Salon de l'agriculture, Nicolas Sarkozy a estimé que "le paroxysme de la crise est peut-être derrière nous" mais qu'il "reste beaucoup à faire". "Je suis satisfait. Les négociations sont en cours. J'espère qu'elles aboutiront et que chacun comprendra que ce n'est pas par la violence qu'on obtient des satisfactions mais que c'est dans le calme, le dialogue et dans la sérénité", a-t-il déclaré. "Pour l'instant, il n'y a rien d'autre à faire que de ramener le calme et d'apporter des réponses aux questions que (les Guadeloupéens) se posent", a encore dit le chef de l'Etat.
Mesures douanières pour aider les entreprises |
Le ministre du Budget Eric Woerth a annoncé samedi l'adoption de mesures douanières "exceptionnelles pour soutenir les entreprises en Guadeloupe". Il s'agit de la possibilité de reporter d'un à trois mois les échéances de paiement de l'ensemble des droits et taxes de douane (dédouanement, contributions indirectes, octroi de mer externe et en régime intérieur) ou de solliciter l'échelonnement des paiements sur une période de 3 à 12 mois. Les mesures comprennent aussi la possibilité de solliciter une dispense de caution pour l'échelonnement des paiements et de procéder aux paiements par chèque non certifié, même au-delà de 1.500 euros. Les opérateurs économiques en difficulté sont invités à se rapprocher des services de la direction régionale des douanes et droits indirects de Guadeloupe. |
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