Nicolas Sarkozy et François Fillon au sommet social du 18 février © Reuters 
2,6 milliards d'euros de mesures sociales : le détail
C'est tranché. Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi, à l'issue du sommet social, un ensemble de mesures sociales, représentant un coût total de 2,6 milliards d'euros pour l'Etat, dont la suppression des deux tiers restant de l'impôt sur le revenu pour les contribuables les plus modestes. Le chef de l'Etat a annoncé ses décisions après avoir demandé l'avis des partenaires sociaux sur les propositions qu'il avait formulées au début de la rencontre, qui a duré quatre heures.
Les leaders syndicaux, à leur sortie de l'Elysée, se sont montrés critiques, jugeant ces mesures insuffisantes. Des économistes ont également accueilli fraîchement ces annonces. "Venir en aide aux personnes qui risquent de tomber dans la pauvreté est très important, mais il aurait fallu mettre dix fois plus sur la table", a réagi Eric Heyer de l'Obervatoire français des conjonctures économiques (OFCE), pour qui "le compte n'y est pas". Une analyse partagée par Laurence Boone, chef économiste chez Barclays Capital: "On n'est pas du tout dans une stratégie de relance à l'américaine avec un choc de demande fort". Pour elle, "les idées ne sont pas mauvaises, mais la consommation française représente 75% du Produit intérieur brut (PIB), soit 1.500 milliards d'euros. Donc 2,6 milliards, c'est une goutte d'eau !"
Les moins fortunés, tu aideras fiscalement
Le président de la République a annoncé la suppression des deux tiers restants "pour les personnes assujetties à la première tranche" (revenus fiscaux compris entre 5.850 et 11.670 euros). Un crédit d'impôt destiné aux ménages dépassant légèrement la limite de la première tranche permettra d'étendre la mesure à 2 millions de foyers supplémentaires.
Aux chômeurs, tu donneras un coup de pouce
Nicolas Sarkozy a aussi annoncé le versement d'une prime exceptionnelle de 500 euros à tous les chômeurs ayant travaillé seulement deux à quatre mois, inscrits au chômage à compter du 1er avril ou du 1er mai prochain, soit 234.000 bénéficiaires.
Le chômage partiel, tu indemniseras mieux
Les entreprises et les branches seront encouragées à ouvrir des négociations avec l'Etat pour arriver à une indemnisation du chômage partiel égale à 75% du salaire brut. Le gouvernement va engager des discussions avec l'Unedic pour répartir ce surcoût entre entreprises, Etat et assurance chômage.
Concernant le chômage partiel, le chef de l'Etat avait estimé que le gouvernement pourrait "améliorer encore l'indemnisation pour la porter, par exemple, jusqu'à 75% du salaire brut". "Il n'est pas question dans mon esprit de vous demander de renégocier les accords que vous venez de signer. Je crois en revanche que nous pourrions procéder par voie de conventions ad hoc entre l'Etat et les branches ou des entreprises données, comme nous l'avons fait pour l'automobile", a-t-il ajouté. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a indiqué peu après que ce relèvement pourrait être applicable "dès le mois d'avril", après la négociation d'accords de branche.
Un fonds d'investissement social tu créeras
Un "fonds d'investissement social", pouvant atteindre 2,5 à 3 milliards d'euros, a été créé, a dit Nicolas Sarkozy, selon le texte de son intervention finale rendu public par la présidence.Ce fonds était une proposition de la CFDT.
Un prime et des bons d'achat, tu offriras
Une prime "exceptionnelle" de 150 euros sera versée dès le mois de juin aux trois millions de "familles modestes" bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire et des bons d'achat de services à la personne seront versés à des ménages ciblés. pour une valeur de 200 euros par foyer, aux 660.000 ménages touchant l'allocation personnalisée d'autonomie à domicile, aux 470.000 familles bénéficiaires du complément mode de garde, aux 140.000 foyers ayant un enfant handicapé et aux demandeurs d'emplois qui retrouvent du travail et ont besoin de faire garder leur enfan
De bonus, tu priveras les patrons licencieurs
Nicolas Sarkozy a souhaité que les dirigeants de sociétés renoncent à leur bonus "lorsque leurs entreprises recourent massivement à du chômage partiel ou décident un licenciement économique d'ampleur".
Du partage des profits, tu discuteras
Le chef de l'Etat a annoncé confier au directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis une mission d'étude "sur le partage de la valeur ajoutée et son évolution, tant pour le secteur privé que pour les entreprises publiques". Sur la base de cette étude, qui sera remise dans les deux mois, "je vous demande donc d'engager entre vous, patronat et syndicats, des discussions sur les thèmes du partage de la valeur et du partage du profit", a dit le chef de l'Etat.
Le gouverneemnt va aussi engager des discussions entre partenaires sociaux afin de mieux associer les syndicats aux opérations de restructuration et à la stratégie économique des entreprises, et ajouter à l'agenda social 2009 des discussions sur la gouvernance d'entreprise, la modernisation des institutions représentatives du personnel et l'égalité des rémunérations hommes-femmes et modernisation des élections prud'homales.
| Déçus, les syndicats maintiennent la pression |
Les dirigeants syndicaux ont jugé mercredi "insuffisantes" les mesures annoncées par le gouvernement lors du sommet social autour du président Nicolas Sarkozy à l'Elysée, soulignant qu'il fallait "maintenir la pression" sur le gouvernement et le patronat. "L'action syndicale a permis une première inflexion dans la politique gouvernementale. Les quelques mesures annoncées aujourd'hui (...) vont dans ce sens. Mais face à la situation des salariés, les mesures sont insuffisantes", a déclaré le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. "Comme l'action syndicale commence à payer, la CFDT estime qu'il faut continuer à mettre la pression sur le gouvernement et le patronat. Il faut aller jusqu'à un vrai changement de cap". Les syndicats doivent se revoir lundi pour déterminer les modalités de la journée d'action qu'ils ont programmée pour le 19 mars. De son côté, son homologue de la CGT Bernard Thibault a qualifié les décisions présidentielles de "série de mesures d'accompagnement social à la crise (...)". Rappelant qu'elles avoisinent 2,6 milliards d'euros, il s'est dit "bien obligé de ramener ce chiffre à la somme de 8 mds d'euros correspondant à la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises". Bernard Thibault a estimé qu'il allait "falloir pousser plus fort pour changer vraiment la situation". "Nous nous rendrons à la rencontre unitaire de lundi avec l'esprit de travailler à un prochain rendez-vous revendicatif, qui est programmé le 19 mars", a-t-il dit. Pour sa part, le patron de FO Jean-Claude Mailly a relevé "quelques éléments qui bougent un peu", sur le chômage partiel, la formation et les allègements fiscaux. "Mais c'est beaucoup trop court", a-t-il aussitôt enchaîné, déplorant qu'il y ait "des oubliés". |
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