Ce qu'a décidé Sarkozy

Par , le 18 février 2009 à 19h39 , mis à jour le 19 février 2009 à 07h41

Coup de pouce aux classes moyennes et aux chômeurs, Nicolas Sarkozy a présenté mercredi aux partenaires sociaux ses propositions.

Nicolas Sarkozy et François Fillon au sommet social du 18 févrierNicolas Sarkozy et François Fillon au sommet social du 18 février © Reuters

 
2,6 milliards d'euros de mesures sociales : le détail

C'est tranché. Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi, à l'issue du sommet social, un ensemble de mesures sociales, représentant un coût total de 2,6 milliards d'euros pour l'Etat, dont la suppression des deux tiers restant de l'impôt sur le revenu pour les contribuables les plus modestes. Le chef de l'Etat a annoncé ses décisions après avoir demandé l'avis des partenaires sociaux sur les propositions qu'il avait formulées au début de la rencontre, qui a duré quatre heures.

Les leaders syndicaux, à leur sortie de l'Elysée, se sont montrés critiques, jugeant ces mesures insuffisantes. Des économistes ont également accueilli fraîchement ces annonces. "Venir en aide aux personnes qui risquent de tomber dans la pauvreté est très important, mais il aurait fallu mettre dix fois plus sur la table", a réagi Eric Heyer de l'Obervatoire français des conjonctures économiques (OFCE), pour qui "le compte n'y est pas". Une analyse partagée par Laurence Boone, chef économiste chez Barclays Capital: "On n'est pas du tout dans une stratégie de relance à l'américaine avec un choc de demande fort". Pour elle, "les idées ne sont pas mauvaises, mais la consommation française représente 75% du Produit intérieur brut (PIB), soit 1.500 milliards d'euros. Donc 2,6 milliards, c'est une goutte d'eau !"

Les moins fortunés, tu aideras fiscalement
 
Le président de la République a annoncé la suppression des deux tiers restants "pour les personnes assujetties à la première tranche" (revenus fiscaux compris entre 5.850 et 11.670 euros). Un crédit d'impôt destiné aux ménages dépassant légèrement la limite de la première tranche permettra d'étendre la mesure à 2 millions de foyers supplémentaires.

Aux chômeurs, tu donneras un coup de pouce

Nicolas Sarkozy a aussi annoncé le versement d'une prime exceptionnelle de 500 euros à tous les chômeurs ayant travaillé seulement deux à quatre mois, inscrits au chômage à compter du 1er avril ou du 1er mai prochain, soit 234.000 bénéficiaires.

Le chômage partiel, tu indemniseras mieux

Les entreprises et les branches seront encouragées à ouvrir des négociations avec l'Etat pour arriver à une indemnisation du chômage partiel égale à 75% du salaire brut. Le gouvernement va engager des discussions avec l'Unedic pour répartir ce surcoût entre entreprises, Etat et assurance chômage.

Concernant le chômage partiel, le chef de l'Etat avait estimé que le gouvernement pourrait "améliorer encore l'indemnisation pour la porter, par exemple, jusqu'à 75% du salaire brut". "Il n'est pas question dans mon esprit de vous demander de renégocier les accords que vous venez de signer. Je crois en revanche que nous pourrions procéder par voie de conventions ad hoc entre l'Etat et les branches ou des entreprises données, comme nous l'avons fait pour l'automobile", a-t-il ajouté. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a  indiqué peu après que ce relèvement pourrait être applicable "dès le  mois d'avril", après la négociation d'accords de branche.
 
Un fonds d'investissement social tu créeras
 
Un "fonds d'investissement social", pouvant atteindre 2,5 à 3 milliards d'euros, a été créé, a dit Nicolas Sarkozy, selon le texte de son intervention finale rendu public par la présidence.Ce fonds était une proposition de la CFDT.

Un prime et des bons d'achat, tu offriras

Une prime "exceptionnelle" de 150 euros sera versée dès le mois de juin aux trois millions de "familles modestes" bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire et des bons d'achat de services à la personne seront versés à des ménages ciblés. pour une valeur de 200 euros par foyer, aux 660.000 ménages touchant l'allocation personnalisée d'autonomie à domicile, aux 470.000 familles bénéficiaires du complément mode de garde, aux 140.000 foyers ayant un enfant handicapé et aux demandeurs d'emplois qui retrouvent du travail et ont besoin de faire garder leur enfan

De bonus, tu priveras les patrons licencieurs

Nicolas Sarkozy a souhaité que les dirigeants de sociétés renoncent à leur bonus "lorsque leurs entreprises recourent massivement à du chômage partiel ou décident un licenciement économique d'ampleur".

Du partage des profits, tu discuteras

Le chef de l'Etat a annoncé confier au directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis une mission d'étude "sur le partage de la valeur ajoutée et son évolution, tant  pour le secteur privé que pour les entreprises publiques". Sur la base de cette étude, qui sera remise dans les deux mois, "je vous demande donc d'engager entre vous, patronat et syndicats, des discussions sur les thèmes du partage de la valeur et du partage du profit", a dit le chef de l'Etat.

Le gouverneemnt va aussi engager des discussions entre partenaires sociaux afin de mieux associer les syndicats aux opérations de restructuration et à la stratégie économique des entreprises, et ajouter à l'agenda social 2009 des discussions sur la gouvernance d'entreprise, la modernisation des institutions représentatives du personnel et l'égalité des rémunérations hommes-femmes et modernisation des élections prud'homales.
 

Déçus, les syndicats maintiennent la pression

Les dirigeants syndicaux ont jugé mercredi "insuffisantes" les mesures annoncées par le gouvernement lors du sommet social autour du président Nicolas Sarkozy à l'Elysée, soulignant qu'il fallait "maintenir la pression" sur le gouvernement et le patronat. "L'action syndicale a permis une première inflexion dans la politique gouvernementale. Les quelques mesures annoncées aujourd'hui (...) vont dans ce sens. Mais face à la situation des salariés, les mesures sont insuffisantes", a déclaré le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. "Comme l'action syndicale commence à payer, la CFDT estime qu'il faut continuer à mettre la pression sur le gouvernement et le patronat. Il faut aller jusqu'à un vrai changement de cap". Les syndicats doivent se revoir lundi pour déterminer les modalités de la journée d'action qu'ils ont programmée pour le 19 mars.

De son côté, son homologue de la CGT Bernard Thibault a qualifié les décisions présidentielles de "série de mesures d'accompagnement social à la crise (...)". Rappelant qu'elles avoisinent 2,6 milliards d'euros, il s'est dit "bien obligé de ramener ce chiffre à la somme de 8 mds d'euros correspondant à la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises". Bernard Thibault a estimé qu'il allait "falloir pousser plus fort pour changer vraiment la situation". "Nous nous rendrons à la rencontre unitaire de lundi avec l'esprit de travailler à un prochain rendez-vous revendicatif, qui est programmé le 19 mars", a-t-il dit. Pour sa part, le patron de FO Jean-Claude Mailly a relevé "quelques éléments qui bougent un peu", sur le chômage partiel, la formation et les allègements fiscaux. "Mais c'est beaucoup trop court", a-t-il aussitôt enchaîné, déplorant qu'il y ait "des oubliés".

Par Olivier Levard le 18 février 2009 à 19:39
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22 Commentaires

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  • Laetit81, le 22/04/2009 à 18h34

    Est ce que j'aurais droit a quelques chose vu que je suis au chomage non indemnisé depuis octobre 2008? Suite a un licenciement. C'est dur dur le taf alors sarko aide nous stp stp?????

  • Juju, le 20/04/2009 à 12h52

    Je suis un peu comme Mel88 de Contrex, on travaille tous les deux pour pas grand-chose, on a un des deux salaires qui part dans le prêt pour la maison et on a un petit bout de 18 mois (donc trop jeune pour l'ARS) et c'est tantot ma mère, tantot la crèche qui le garde. Une fois que tout est payé (assurances, impôts, electricité, eau, téléphone...et je suis sûre que j'en oublie)il ne reste plus grand chose, c'est même pas la peine de songer à partir en vacances ! Et alors dans ce cas là, on a droit à rien ???

  • Nelly, le 20/04/2009 à 01h45

    Ou sont passer les bonne chose de la vie on ne peu plue rien faire sorti avec nos enfants trops cher restaurant tros cher la vie et devenue trop cher depuis l euro pas pour vous avec l aumentation que vous avez u et vous vouler que l on vive avec un rmi de 460£ coment faire dite nous ? il faut payer le loye;le courant,l eau ,si on peu le telephone avec le reste si ils en reste on fais les course ses adire le moin chere des pattes

  • Nelly, le 20/04/2009 à 01h35

    Je pense que 150£ se pas assez pour vivre et que tout cela qui on des enfant devrait y avoir le droit vu le prix de chaque chose vous vous rendez contre que le litre de lait et presque aussi chere que du pain et que le pain et aussi chere que un croisant au boulanger vous trouvez cela normal? ont ne peu plus ce faire ce petit plaisir je parle pour tout le monde depuis que nous somme passer en euro tout le monde a couler avant avec 50francs on pouver manger pour midi et soir maintenant si on veux manger comme y faut on dois depenses 20euro cela fais 130francs en arrondissent allors que voulez vous que lon face pour y arriver?

  • Fonctionnaire59, le 18/02/2009 à 20h36

    Ce n'est pas juste toujours pour les mêmes, après la ppe le non paiement du deuxieme tiers ET NOUS ALORS comme d'habitude rien !!!!!

  • VINCENZO, le 18/02/2009 à 20h35

    MORT DE RIRE C EST NUL PAS D AIDE POUR LES CELIBATAIRES SANS ENFANTS C EST HONTEUX C EST TJOUR LES MEMES QUI PAYE TOUT IMPOT PAS D APL ECT

  • Polo, le 18/02/2009 à 20h30

    Moi j'arrête de bosser et je deviens chômeur ! J'aurais de meilleurs revenus !

  • Mel88, le 18/02/2009 à 20h30

    Certaines choses sont bonnes mais que fait il des familles modestes (qui ne touche pas l allocation rentree car enfant trop jeune et qui n'ont pas recours a une nourice)?

  • PRUDENCE, le 18/02/2009 à 20h29

    Beaucoup de réforme mais je ne vois pas l'aide aux retraités je suis à la retraite et je gagne 751euros par mois je n'arrive pas a boucler mes fins de mois de plus je dépasse le plafond et je ne peux prétendre a une aide je pense que nous sommes beaucoup à être dans ce cas.

  • Celine, le 18/02/2009 à 20h27

    C'est bien, oui et non, car il y a des vrais chômeurs qui ne trouvent pas de travail notamment dans les régions modestes comme le nord et le nord pas de calais et des gens qui ne veulent pas travailler et vivre sur la société et continuer à être assisté c'est facile pour eux et quand on travaille et que l'on doit gagner de quoi vivre pour nos enfants pièce par pièce en trimant chaque jours sans pouvoir vraiment se vêtir et juste se nourrir, cela révolte q'il y en ai encore qui profite de la société car c'est nous qui les engraissont avec nos charges et nos impots. merci de lire mon message

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