Ces aînés qu'on laisse dans la misère

le 03 février 2009 à 07h16 , mis à jour le 03 février 2009 à 07h21

Aujourd'hui 600.000 personnes âgées en France vivent sous le seuil de pauvreté, dénonce la Fondation Abbé Pierre. Et la crise ne va qu'amplifier leurs difficultés.

vieux vieillard personnes âgées pension retraite banc lac vieilleImage d'archives © Abaca

Après une "parenthèse heureuse" d'une trentaine d'années, le recul de la pauvreté des plus de 65 ans, enregistré sur la période récente, est aujourd'hui terminé. La Fondation Abbé Pierre en dresse le constat avec des chiffres cruels : aujourd'hui 600.000 personnes âgées vivent avec une allocation de solidarité de 628 euros qui les situe sous le seuil de pauvreté, fixé par la norme européenne à 752 euros.

Dans son rapport annuel, l'association estime que les politiques publiques n'ont pas pris la mesure de ce phénomène qui ne peut qu'accroître les inégalités et appelle à des solutions innovantes en particulier dans le domaine du logement. Selon Patrick Doutreligne, le délégué général de la fondation, la réforme des retraites, l'explosion du prix de l'immobilier et des loyers depuis dix ans, à peine compensée par un début de baisse, et le fait d'avoir "aidé les familles aisées", et non les plus modestes, ne peuvent qu'aggraver la situation. "Alors qu'on pouvait espérer des politiques publiques qu'elles cherchent à atténuer la disparité de revenu, les réflexions en cours font craindre le contraire", souligne le rapport.

Etre propriétaire ne protège pas de la précarité

Patrick Doutreligne, qui espère être entendu du gouvernement, souligne comme de nombreux responsables d'associations que le phénomène s'est amplifié depuis septembre avec la crise financière et sociale. Il cite l'exemple de personnes âgées allant au-devant des maraudes d'aide aux sans-abris pour réclamer des fruits ou des produits alimentaires. "Depuis quelques années, on voit des retraités toquer à la porte des associations (caritatives). Il y a un mouvement massif", renchérit Christophe Robert, directeur des études de la fondation.

Pour Patrick Doutreligne, le vieillissement de la population "ne semble pas pris en compte par les pouvoirs publics". Le responsable de la fondation remet notamment en cause l'idée développée par le président Nicolas Sarkozy selon lequel le fait d'être propriétaire serait un bouclier contre la précarité et compenserait les problèmes de retraite. En effet, 84% des ménages âgés pauvres sont propriétaires mais ce statut est paradoxalement "une source de difficultés" en raison des problèmes qu'ils rencontrent pour en payer l'entretien et les charges.

Une demande croissante de logements sociaux

Les responsables de l'association insistent sur un autre phénomène, le nombre croissant de retraités demandant à loger dans les logements sociaux, ce qui engendre de nombreux problèmes. L'arrivée de personnes âgées freine en effet la mobilité dans le parc HLM et les logements sont souvent inadaptés. Entre 1990 et 1999, la part des locataires de 75 ans et plus a progressé de 33%. Le rapport souligne également l'impact négatif qu'aura le passage à la retraite pour les travailleurs migrants âgés qui n'ont pas d'autre choix que de rester dans des foyers inadaptés et les personnes vivant dans des logements insalubres.

Dans ce contexte, la part des dépenses engagées par la collectivité publique en faveur du logement (1,79 % du PIB en 2008) est en recul, connaissant son niveau le plus bas depuis 30 ans, un recul essentiellement imputable à la diminution de la contribution de l'Etat, passée de 1,36% du PIB en 2000 à 1,1% en 2008, souligne la Fondation dans son "tableau de bord" du suivi des politiques du logement. Parmi les effets de ce désengagement, la Fondation dénonce la relégation des 4,6 millions de personnes vivant dans les 750 quartiers définis comme ZUS (zone urbaine sensible). Elle pointe ainsi le "blocage de la mobilité résidentielle" et la "spécialisation" des 750 ZUS dans l'accueil des immigrés (18% contre 7,5% pour l'ensemble de la population) et des ménages pauvres (27% soit 3 fois plus que dans le reste de l'espace urbain).

D'après agence

le 03 février 2009 à 07:16
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17 Commentaires

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  • Inegalitas, le 03/02/2009 à 11h57

    Les tres faibles retraites sont dues a l'inegalite entre public et privé,inegalité flagrante que personne ne veut dénoncer,surtout pas les medias,infeodes à la gauche et aux syndicats du toujours plus...Il faut une reforme,juste,sinon ces inegalités aggraveront encore dans les annees qui viennent la pauperisation des retraites du prive.

  • Line, le 03/02/2009 à 11h35

    Est ce que Sarko ou ses ministres vivraient avec 628 ? voire 752 ? ... c'est une honte. Meme moi qui est un "petit" peu plus, et bien les fins de mois sont difficiles, il faut s'en arrêt compter.... regarder les prix avant d'acheter... quand on pense que c'est nous qui les payont... marre de ce système.

  • Michou, le 03/02/2009 à 11h25

    Bonjour c est triste en 2009 de ce retrouvait avec une misere et ce n est pas fini notre president ne fait rien pour nous je suis dans le meme cas a 63 veuve jeune j ai 9OO de retraite avec un loyer de 4OOont ne peux plus manger

  • Luc, le 03/02/2009 à 11h18

    Assez d'accord avec l'analyse sauf sur un point. En effet, le fait d'être propriétaire ne saurait être un facteur d'aggravation de la pauvreté des personnes âgées. Si il s'avère que, souvent, l'âge et la baisse de revenus rendent un logement inadapté, il reste la ressource de le vendre afin de se reloger dans de meilleurs conditions. Devenir propriétaire en prévision de sa retraite est une précaution élémentaire.

  • Aurélie, le 03/02/2009 à 11h14

    OUI je trouve cela révoltant nos Ainés ont travaillés durent pour leurs retraites pourquoi autant de précarités en France c 'est Honteux ..

  • Ninie, le 03/02/2009 à 10h24

    La pauvreté des personnes qui travaillent n'intéresse personne arriver à l'age de la retraite tout cela devient inquiétant les nantis intéressent les gouvernements mais pas nous pauvres ouvriers je dis bien tous les gouvernements qui se sont succéder

  • LC, le 03/02/2009 à 10h07

    Je suis tres en colere du peu d'interêt que l'on porte aux personnes agées retraitées vivant avec des ressources derisoires. Je vais ( avec 169 trimestres cram msa- je vis seule) etre à la retraite au 1er mars 09. J'ai travaillé tte ma vie. On m'annonce 468? de retraite voire 510 avec la complementaire du privé. Je n'ai pas 65 ans et ne suis pas inapte au travail donc pas droit aux 628?.. Je n'irai pas quemander ds les associations (Je ne peux pas....) Ns méritons mieux apres ttes ces années de labeur. Trop de gens s'en mettent plein les poche et affichent leurs richesses pendant que d'autres sont obligées de quémander ! Arrêtons de dilapider pour mieux redistribuer et ainsi eviter à ts ces gens de vivre ds la precarité. Nous avons comme tt à chacun notre place ds la société mais aussi le droit de vivre dignement.Comment voulez vous que les politiques se mettent à notre place quand vs voyez les salaires qui leur sont attribués? Mr Sarkozy lui, ne demande rien à personne il se l'augmente d'office ! apres cela comment voulez vs qu'il comprenne la détresse des ces personnes? Merci Mr lePrésident!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Fanfan, le 03/02/2009 à 09h56

    Le problème des petites retraites pour beaucoup de personnes âgées vient du fait qu'il y a 40 ou 50 ans ces personnes n'étaient pas déclarées soit de leur propre fait ou de leur patron donc evidemment pas de cotisations pas de retraites et aujourd'hui cette génération a des problèmes de revenus. Le problème est le même pour les commerçants qui lorsque le couple travaillait ensemble ne déclarait que Monsieur.

  • Michel, le 03/02/2009 à 09h18

    Tous les gouvernements ont dit qu'ils feraient quelque chose et RIEN n'a été fait! C'est une honte de donner de l'argent à d'autres gens en déshabillant cette génération qui atravaillé et cotisé durant toute une vie. Lamentable et discriminatoire.

  • Rp, le 03/02/2009 à 09h14

    Ils sont pauvres? certes. Il faut les aider? oui, mais qui va payer? les classes moyennes? le mouton est déja tondu. Laisser filer la dette? non. alors? ben, ca va continuer.

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