© SXC.HUAprès des années d'abondance, le secteur informatique se voit confronté à la baisse des ventes, alors même que la crise pointe le bout de son nez. IBM ne fait pas exception dans un contexte qui s'annonce dur pour 2009. Malgré un bénéfice net meilleur que prévu par le marché en 2008, le groupe a engagé un plan social visant à supprimer plus de 2800 emplois, a ainsi annoncé le 26 janvier le syndicat Alliance@IBM, membre d'AFL-CIO, la première confédération syndicale américaine. D'après la CFDT, seuls les Etats-Unis sont concernés. Mais la France pourrait être touchée par d'autres mesures plus discrètes. Selon Le Figaro, nombre de commerciaux de la filiale française pourraient ainsi subir une baisse de 15% de leur salaire fixe. En contrepartie d'une augmentation de la part variable des salaires.
L'information, annoncée mercredi matin par le journal, a tout d'abord suscité le scepticisme. Interrogé par Libération, Franck Setruk, élu CFE-CGC au comité d'entreprise, a ainsi émis "les plus grands doutes sur la fiabilité de ces informations", soulignant qu'une baisse systématique des salaires fixes des commerciaux risquerait d'entraîner IBM devant les tribunaux pour délit d'entrave si la société n'en informait pas les représentants du comité central d'entreprise. Mais bientôt, la direction de la branche France d'IBM, qui emploie 1500 commerciaux, a confirmé que 55 technico-commerciaux étaient effectivement passés commerciaux. Ce qui a fait passer leur part de rémunération fixe de 70 à 55% (avec donc 30% à 45% de part variable, indexée à des objectifs). Mais, a ajouté un porte-parole du groupe, "cela ne signifie pas que leur rémunération globale va baisser".
"Les pressions de la direction" dénoncées
La CFDT n'en est pas moins montée au créneau en dénonçant une mesure prise dans un contexte de "réduction des coûts dans tous les sens". D'après le syndicat, deuxième par ordre d'importance au sein de la branche française du groupe informatique américain, d'autres commerciaux sont concernés eux aussi par des changements dans la composition de leur salaire. Ce qui a entraîné entre 6 et 15% de salaire net en moins en ce début d'année. Il s'agirait donc bien d'une baisse déguisée des salaires, dans la mesure où, du fait de la crise, les objectifs servant à calculer la part de rémunération variable "sont de plus en plus durs à tenir". La direction a aussitôt démenti "toute réduction de la masse salariale".
D'après la CFDT, déjà en 2008, la part du salaire fixe d'une partie des commerciaux avait été diminuée de 7% et certains avaient refusé dans un premier temps de signer l'avenant nécessaire à leur contrat de travail et signé une pétition. Ils avaient fini par céder "sous les pressions de la direction", selon le syndicat. Par ce biais, dénonce le syndicat, IBM "s'attaque désormais aux plus forts salaires, ceux qui ont une part de variable". Ce qui suggère ce commentaire pessimiste à Jean-Michel Daire, délégué syndical : "La crise n'est pas encore trop forte pour nous mais elle pointe son nez".
Avec agences
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