Pénurie d'essence à la Guadeloupe. © TF1/LCIAlors qu'une avancée a été faite sur la question du prix de l'essence, les négociations entre le patronat et le Lyiannaj kont pwofitasyon (LKP), le collectif à l'origine de la grève générale affectant la Guadeloupe depuis le 20 janvier, semblaient s'acheminer vers une issue négative dimanche matin, après une nuit de pourparlers tendue entre le patronat et le collectif de grévistes.
Lors d'une précédente suspension de séance vendredi soir, durant laquelle les deux partenaires étaient apparus moins crispés, le patronat proposait que l'augmentation de 200 euros ne s'applique qu'aux salariés percevant jusqu'à 1,1 fois le Smic, selon les mêmes sources. Le LKP, collectif contre l'exploitation outrancière, exigeait qu'elle bénéficie à ceux percevant jusqu'à 1,6 fois le Smic. Le LKP revendique, entre autres, une augmentation salariale mensuelle de "200 euros nets pour tous". Selon la préfecture, le secrétaire d'Etat chargé de l'Outremer, Yves Jégo, et le préfet de la Guadeloupe, Nicolas Desforges, usaient à 1h30 locales (6h30 à Paris) de leurs bons offices auprès de chacune des délégations pour éviter une rupture définitive.
Deux baisses consécutives du carburant
Pour autant, tout n'est pas négatif puisqu'un accord semble avoir été trouvé sur le prix de l'essence. Une première baisse, de 3 centimes, du prix de l'essence sans plomb et du gazole sera effective lundi, et une seconde est prévue jeudi, a annoncé samedi soir le président du Conseil général de la Guadeloupe, le sénateur (app. PS) Jacques Gillot. M. Gillot, qui participe comme médiateur aux négociations bilatérales patronat-LKP, a affirmé que le prix du litre d'essence sans plomb passera lundi de 1,16 euros à 1,13 euros, puis à 1,07 euros jeudi. Celui du gazole doit passer de 0,99 euro à 0,93 euro à compter de lundi, puis à 0,88 euro à partir de jeudi.
Les prix du carburant en Guadeloupe, uniformes dans toutes les stations-services, sont fixés par arrêté préfectoral. Le sénateur s'exprimait en direct samedi soir depuis la préfecture de Basse-Terre, lors d'une suspension de la séance de négociations, sur RFO Télé-Guadeloupe. Il a précisé que cette baisse de prix serait effective "sans diminution" du niveau des taxes régionales (0,10 euro sur l'essence et 0,12 euro sur le gazole) actuellement perçues. Une première baisse, de 30 centimes, du prix des carburants était intervenue à la mi-décembre après trois jours de manifestations et barrages routiers initiés par le patronat insulaire.
Jégo dénonce un "système faussé"
Le LKP revendique cependant une baisse de 50 centimes du prix des carburants, en y incluant la baisse de prix intervenue en décembre. Le secrétaire d'Etat chargé de l'Outremer, Yves Jégo, avait annoncé vendredi soir, après avoir rencontré les dirigeants de la filiale de Total qui exerce un monopole de fait sur le raffinage et le stockage des produits pétroliers aux Antilles, qu'il donnerait lundi "une réponse chiffrée" au revendications du LKP sur le prix des carburants.
Dans un entretien donné au Journal du Dimanche, le secrétaire d'Etat dénonce "un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières". Il affirme que "le système de fixation du prix du carburant est complètement faussé", en posant "un vrai problème de transparence" et "même un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières". "Tout pourrait se terminer par une action judiciaire de l'Etat contre elles", avertit-il.
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