Yves Jégo au sortir de Matignon, après une réunion sur la Guadeloupe, le 9 février 2009. © TF1/LCIAlors que son retour subit à Paris lundi a interloqué les Guadeloupéens (lire notre article), Yves Jégo au sortir de son entretien à Matignon, a annoncé qu'une réunion de ministres aurait lieu mardi sur la crise en Guadeloupe. Il s'agit, a-t-il dit, de "faire le point de la mise en oeuvre de ces mesures (négociées depuis huit jours, ndlr) qui vont changer la vie des Guadeloupéens", mais aussi d'examiner le "point de blocage, c'est-à-dire le conflit de travail entre les salariés et les employeurs, puisque le dernier point qui bloque ne concerne pas l'Etat, c'est un conflit entre salariés et employeurs".
"J'ai présenté au Premier ministre les résultats de la semaine de travail", c'est à dire, "les 132 mesures qui ont été approuvées pour régler le conflit en Guadeloupe", a ajouté le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer. Nous sommes entrés dans le détail de ces mesures importantes pour la vie quotidienne des Guadeloupéens". La 133e et ultime mesure est un préaccord sur une augmentation des bas salaires, conclu dimanche matin entre le patronat et le comité LKP, à l'origine de la grève générale qui paralyse l'île depuis 20 jours.
"Humiliation"
Lundi matin, le départ surprise du secrétaire d'Etat, qui s'était engagé à rester jusqu'à l'émergence d'une solution, avait été mal accueilli sur place. Le député PS Eric Jalton a appelé "le peuple debout à peser, par sa mobilisation, face à la violence que nous fait l'Etat". Jacques Gillot, président (app. PS) du Conseil général, s'est dit "révolté". Interrogé sur Europe 1 sur son retour précipité, Yves Jégo a par ailleurs assuré qu'il reviendrait dans quelques heures sur l'île avec "des solutions".
Ce saut à Paris a suscité quelques réactions en Métropole. La députée de Guyane Christiane Taubira (PRG) a affirmé que "les conditions dans lesquelles le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo a quitté" dimanche la Guadeloupe "sont vécues comme une humiliation". Pour le député PS Pierre Moscovici, Yves Jégo a "posé un lapin" à ses interlocuteurs en quittant précipitamment dimanche soir la Guadeloupe, jugeant que le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer avait "sans doute été convoqué à Matignon, voire à l'Elysée". De son côté, le Parti communiste français demande lundi que le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, revienne "sans tarder" en Guadeloupe pour "annoncer des mesure réelles", car "il faut répondre aux exigences populaires".
(D'après agences)
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