Yves Jégo au sortir de Matignon, après une réunion sur la Guadeloupe, le 9 février 2009. © TF1/LCI L'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer règle ses comptes dans un livre sur son expérience au gouvernement. Il tacle notamment François Fillon.
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Jégo : "Je reviendrai aussi souvent que nécessaire"
48 heures après son départ, Yves Jégo est de retour en Guadeloupe alors que l'île est toujours paralysée au 22e jour de grève générale, et alors que des négociations doivent reprendre entre les grévistes et le patronat sur la question des salaires. Il a annoncé dès sa descente d'avion mercredi vers minuit heure locale que "dès cette année, l'Etat mobilisera près de 190 millions d'euros pour la mise en oeuvre de tous les points évoqués dans les négociations" qui s'étaient tenues avant son départ de l'île dimanche.
La position du secrétaire d'Etat apparaît cependant fragilisée par l'absence de solution, pour l'instant, à la question centrale de la hausse des bas salaires. Le Premier ministre François Fillon a en effet opposé mardi une fin de non-recevoir à la demande du patronat que l'Etat finance la hausse réclamée de 200 euros pour les bas salaires. Yves Jégo a repris à son compte, sur le tarmac de Pointe-à-Pitre, la formule de François Fillon selon laquelle "l'Etat ne saurait se substituer aux partenaires sociaux dans les responsabilités qui leur reviennent". Conséquence immédiate : Elie Domota, dirigeant et porte-parole du collectif LKP (regroupant syndicats insulaires, organisations politiques et associations), a annoncé la poursuite "et le renforcement" de la grève générale. Les différents syndicats de l'énergie, de l'eau et du port, tous membres du LKP, ont aussi annoncé un durcissement de la grève générale dans leurs secteurs pour les jours à venir. Des coupures d'eau et d'électricité sont possibles.
Jégo donne des réponses directes "à la vie chère"
François Fillon a "peur de la contagion" dans les autres départements d'outremer, a estimé Elie Domota, avant d'accuser avec véhémence le Premier ministre de s'être "adressé au Medef", lequel "ne veut pas dépenser un centime et qui exige de l'Etat qu'il leur donne de l'argent pour nourrir les nègres". Des négociations entre le patronat guadeloupéen et le LKP doivent s'ouvrir dans la journée à la préfecture de Basse-Terre. Dans la matinée, avant l'ouverture des négociations, Yves Jégo doit recevoir différentes personnalités locales. Les élus guadeloupéens sont également revenus dans le jeu par le biais d'une motion adoptée "à l'unanimité", dans laquelle ils appellent le patronat insulaire à "un effort de contribution à la revalorisation des bas salaires, modulé à proportion de la taille des entreprises et de leurs capacités".
Selon Yves Jégo, les mesures déjà actées après une semaine de négociation "sont une réponse directe à la vie chère", via la baisse de 6 centimes du prix des carburants depuis lundi, l'augmentation des aides à la restauration scolaire. Le gouvernement souligne aussi son accord pour que le Revenu de solidarité active (RSA) soit effectif dans l'île dès 2009, de façon anticipée. Yves Jégo doit également se rendre en Martinique, où la grève générale dure depuis une semaine, avant de rentrer à Paris vendredi pour le conseil des ministres. A Fort-de-France, les syndicats du "collectif du 5 février" ont appelé à la poursuite de la mobilisation afin d'obtenir une augmentation de près de 450 euros des bas salaires. Ils ont obtenu gain de cause mardi soir sur une autre de leurs principales revendications: la baisse de 20% de 100 produits de première nécessité.
D'après agence
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