Jégo et des renforts de gendarmes attendus en Martinique

le 12 février 2009 à 06h38 , mis à jour le 12 février 2009 à 06h44

Le secrétaire d'Etat à l'Outre mer doit arriver sur place dans les prochaines heures pour faire le point sur les négociations, alors que la grève générale s'est installée.

guadeloupe grève essence jégoImage d'archives © TF1/LCI

Après la Guadeloupe, la Martinique. Le secrétaire d'Etat à l'Outre mer Yves Jégo se rend sur place ce jeudi pour tenter de négocier la fin de la grève générale qui s'est installée depuis sept jours. Sur l'île, les négociations en préfecture sur le prix des services ont été suspendues mercredi soir, sans résultat significatif, alors que les  syndicats réclament leur baisse après avoir obtenu la veille moins 20% sur 100  produits de première nécessité. Elles reprendront dans la journée après l'arrivée d'Yves Jégo. Au rythme actuel, les discussions, auxquelles participent une centaine de  personnes, pourraient prendre plusieurs jours, d'autant que la revendication  principale des syndicats - 450 euros d'augmentation des bas salaires - est  toujours en suspens. Soucieux de ne pas jeter de l'huile sur le feu, le préfet a lui-même indiqué  qu'il "fallait se hâter lentement", mais certains des manifestants à l'extérieur  de la préfecture ont exprimé au micro leur mécontentement devant la "lenteur" des négociations.

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Environ 1500 personnes selon la police, 2500 selon les syndicats, avaient défilé mardi matin dans les rues de Fort-de-France. Les stations-services, y compris celles réquisitionnées par les autorités,  n'ont pas été approvisionnées mercredi après un conflit entre leur représentant et les grévistes. De longues files d'attente s'étiraient devant les quelques  stations disposant encore d'essence. L'immense majorité des services publics (Poste, école, ordures...) était toujours à l'arrêt, tout comme les commerces. Alors que la tension monte, deux escadrons de gendarmes mobiles vont être envoyés en renfort des deux escadrons déjà sur place.

Le PS envoie une délégation aux Antilles

En Guadeloupe, la situation ne semble pas avoir évolué non plus. Yves Jégo, a annoncé mercredi sur place que "dès cette année, l'Etat mobilisera près de  190 millions d'euros pour la mise en oeuvre de tous les points évoqués dans les  négociations" qui s'étaient tenues avant son départ de l'île dimanche. Cependant sa position paraît fragilisée par l'absence de solution prévisible  pour la question centrale de la hausse des bas salaires : le Premier ministre François Fillon a en effet opposé mardi une fin de non-recevoir à la demande par  le patronat que l'Etat finance la hausse réclamée de 200 euros.

Dans un message lu par le préfet de Guadeloupe le 28 janvier, rappelle-t-on  à la présidence socialiste de la région, Yves Jégo avait pourtant affirmé le contraire : "assurance" était donnée que toutes les entreprises de Guadeloupe ne  paieraient aucune charge sociale sur tous les salaires allant jusqu'à 1,4 SMIC (et même 1,6 SMIC pour certains secteurs comme le tourisme). Cette garantie devait permettre, selon Yves Jégo, d'engager immédiatement une  négociation entre employeurs et salariés pour une augmentation rapide des bas  salaires. "Dès qu'un accord sera trouvé entre partenaires sociaux sur cette  question, je m'engage à ce qu'il soit mis en oeuvre par l'Etat", disait-il dans  son message. Le PS a pour sa part annoncé l'envoi d'une délégation de parlementaires aux Antilles - dont Christian Paul, ex-secrétaire d'Etat à l'Outre-mer - et d'une autre à la Réunion, "devant la dégradation de la situation dans les Outre-mers". La délégation sera en Guadeloupe samedi et en Martinique dimanche.

Le préfet de Martinique loge à l'hôtel

Le préfet de Martinique Ange Mancini a annoncé mercredi qu'il quittait son logement appartenant à une famille békée, dont l'un des membres a tenu des propos très polémiques dans un reportage de Canal +. Dans ce documentaire diffusé vendredi aux Antilles, Alain Huygues-Despointes, un entrepreneur béké fortuné, expliquait "vouloir préserver sa race". "Quand je vois des familles métissées avec des blancs et des noirs, les enfants naissent de couleurs différentes, il n'y a pas d'harmonie",  explique-t-il. La minorité békée - créoles blancs - descend d'esclavagistes qui avaient colonisé la Martinique au XVIIe siècle et certains parmi elle dirigent  aujourd'hui de nombreuses sociétés prospères. Le préfet loge depuis à l'hôtel. Sa résidence habituelle, fortement endommagée par le passage du cyclone Dean en  août 2007, est toujours en travaux. M. Huygues-Despointes a affirmé que ses propos ont été  sortis de leur contexte et a "regretté" qu'ils aient pu "blesser". Le parquet de Fort-de-France a cependant ouvert une information judiciaire  pour "apologie de crime contre l'humanité et incitation à la haine raciale".

le 12 février 2009 à 06:38
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