Image d'archives © TF1/LCIAprès la Guadeloupe, la Martinique. Le secrétaire d'Etat à l'Outre mer Yves Jégo se rend sur place ce jeudi pour tenter de négocier la fin de la grève générale qui s'est installée depuis sept jours. Sur l'île, les négociations en préfecture sur le prix des services ont été suspendues mercredi soir, sans résultat significatif, alors que les syndicats réclament leur baisse après avoir obtenu la veille moins 20% sur 100 produits de première nécessité. Elles reprendront dans la journée après l'arrivée d'Yves Jégo. Au rythme actuel, les discussions, auxquelles participent une centaine de personnes, pourraient prendre plusieurs jours, d'autant que la revendication principale des syndicats - 450 euros d'augmentation des bas salaires - est toujours en suspens. Soucieux de ne pas jeter de l'huile sur le feu, le préfet a lui-même indiqué qu'il "fallait se hâter lentement", mais certains des manifestants à l'extérieur de la préfecture ont exprimé au micro leur mécontentement devant la "lenteur" des négociations.
Jégo : "J'ai été viré comme un malpropre"
L'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer règle ses comptes dans un livre sur son expérience au gouvernement. Il tacle notamment François Fillon.
Publié le 14/11/2009
Environ 1500 personnes selon la police, 2500 selon les syndicats, avaient défilé mardi matin dans les rues de Fort-de-France. Les stations-services, y compris celles réquisitionnées par les autorités, n'ont pas été approvisionnées mercredi après un conflit entre leur représentant et les grévistes. De longues files d'attente s'étiraient devant les quelques stations disposant encore d'essence. L'immense majorité des services publics (Poste, école, ordures...) était toujours à l'arrêt, tout comme les commerces. Alors que la tension monte, deux escadrons de gendarmes mobiles vont être envoyés en renfort des deux escadrons déjà sur place.
Le PS envoie une délégation aux Antilles
En Guadeloupe, la situation ne semble pas avoir évolué non plus. Yves Jégo, a annoncé mercredi sur place que "dès cette année, l'Etat mobilisera près de 190 millions d'euros pour la mise en oeuvre de tous les points évoqués dans les négociations" qui s'étaient tenues avant son départ de l'île dimanche. Cependant sa position paraît fragilisée par l'absence de solution prévisible pour la question centrale de la hausse des bas salaires : le Premier ministre François Fillon a en effet opposé mardi une fin de non-recevoir à la demande par le patronat que l'Etat finance la hausse réclamée de 200 euros.
Dans un message lu par le préfet de Guadeloupe le 28 janvier, rappelle-t-on à la présidence socialiste de la région, Yves Jégo avait pourtant affirmé le contraire : "assurance" était donnée que toutes les entreprises de Guadeloupe ne paieraient aucune charge sociale sur tous les salaires allant jusqu'à 1,4 SMIC (et même 1,6 SMIC pour certains secteurs comme le tourisme). Cette garantie devait permettre, selon Yves Jégo, d'engager immédiatement une négociation entre employeurs et salariés pour une augmentation rapide des bas salaires. "Dès qu'un accord sera trouvé entre partenaires sociaux sur cette question, je m'engage à ce qu'il soit mis en oeuvre par l'Etat", disait-il dans son message. Le PS a pour sa part annoncé l'envoi d'une délégation de parlementaires aux Antilles - dont Christian Paul, ex-secrétaire d'Etat à l'Outre-mer - et d'une autre à la Réunion, "devant la dégradation de la situation dans les Outre-mers". La délégation sera en Guadeloupe samedi et en Martinique dimanche.
Le préfet de Martinique loge à l'hôtel |
Le préfet de Martinique Ange Mancini a annoncé mercredi qu'il quittait son logement appartenant à une famille békée, dont l'un des membres a tenu des propos très polémiques dans un reportage de Canal +. Dans ce documentaire diffusé vendredi aux Antilles, Alain Huygues-Despointes, un entrepreneur béké fortuné, expliquait "vouloir préserver sa race". "Quand je vois des familles métissées avec des blancs et des noirs, les enfants naissent de couleurs différentes, il n'y a pas d'harmonie", explique-t-il. La minorité békée - créoles blancs - descend d'esclavagistes qui avaient colonisé la Martinique au XVIIe siècle et certains parmi elle dirigent aujourd'hui de nombreuses sociétés prospères. Le préfet loge depuis à l'hôtel. Sa résidence habituelle, fortement endommagée par le passage du cyclone Dean en août 2007, est toujours en travaux. M. Huygues-Despointes a affirmé que ses propos ont été sortis de leur contexte et a "regretté" qu'ils aient pu "blesser". Le parquet de Fort-de-France a cependant ouvert une information judiciaire pour "apologie de crime contre l'humanité et incitation à la haine raciale". |
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Jégo : "J'ai été viré comme un malpropre"
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