Automobilistes dans une sattion-services en Guadeloupe (4 février 2009) © TF1/LCI| L'annonce d'Yves Jégo sur RTL |
Deux semaines après le début de la grève générale, une amorce de retour à la normale est nettement perceptible en Guadeloupe, alors qu'Yves Jégo poursuit sa mission de médiation. Magasins, supermarchés et écoles restent pour la plupart fermés et l'approvisionnement est difficile dans ce département où quasiment tout est importé. Les transports ne fonctionnent toujours pas et les particuliers ne peuvent plus se déplacer. L'économie, dont le tourisme, est touchée de plein fouet. Mais déjà, un certain nombre de pompes à essence ont commencé à rouvrir après l'accord entre le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer et les gérants de stations-services, tout comme deux hypermarchés et un grand nombre de boutiques et magasins. Mercredi, c'est l'ensemble des stations-services de l'île qui devaient rouvrir. Parallèlement, le recteur d'académie de la Guadeloupe, Laurent Dever, a invité mardi "élèves, personnels enseignants et administratifs" à rejoindre jeudi leurs établissements scolaires, qui étaient fermés depuis le 20 janvier.
Fort de ces premières avancées, Yves Jégo s'attaque désormais à la longue liste des revendications des protestataires. Il a ainsi annoncé mercredi avoir obtenu "un engagement clair, chiffré" des responsables de la grande distribution de l'île pour une baisse de 10% d'une liste de 100 produits de première nécessité. Se félicitant de ce "premier geste" obtenu "après trois jours de négociations", le secrétaire d'Etat, interrogé sur RTL depuis la Guadeloupe, a dit espérer "qu'après l'alimentaire, ce seront les banques" qui baisseront leur tarifs. "Je leur ai demandé de faire un même effort", a-t-il assuré. Il a aussi évoqué "des engagements, j'espère, du patronat pour augmenter les salaires". Tout en reconnaissant que "tout ceci méritera encore beaucoup de travail pendant de longues journées. Nous sommes sur la politique des petits pas".
"On a un problème de redistribution en Guadeloupe"
Quelques heures plus tôt, il avait promis "une pression très forte" sur le patronat pour que s'ouvrent des négociations salariales. "Il y a quelques grandes entreprises qui doivent comprendre (...) qu'il faut faire partager les fruits du progrès. On a un problème de redistribution en Guadeloupe", avait-il déclaré sur LCI, en appelant également à l'émergence sur l'île d'une "culture de dialogue social". Le "Comité contre l'exploitation outrancière" (LKP), qui anime la grève depuis le 20 janvier, réclame notamment une hausse du salaire minimum de 200 euros.
Des annonces tranchant avec la discrétion dont Yves Jégo avait jusqu'alors entouré ses efforts de conciliation. Il ne s'est plus directement adressé aux Guadeloupéens depuis l'intervention radiotélévisée de dimanche dans laquelle il annonçait son "installation en Guadeloupe durant le temps qu'il faudra". Et il a peu communiqué sur les médias locaux, à l'exception d'un entretien diffusé mardi par Radio Caraïbes Internationale dans lequel il a indiqué qu'il "découvre une Guadeloupe qu'il ne connaît pas". Une discrétion qui semble pour l'heure lui réussir. Mercredi, le secrétaire d'Etat a rencontré le LKP pour la première fois. La réunion devait permettre, selon le cabinet d'Yves Jégo, "d'engager des discussions en préalable à l'ouverture de négociations quadripartites" réunissant Etat, LKP, patronat et collectivités territoriales.
Avec agences
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