Barrages routiers en feu lundi 16 février aux alentours de Pointe-à-Pitre. © TF1/LCI
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> La Guadeloupe s'embrase |
Barrages en feu à Pointe-à-Pitre, devantures de magasins éventrées, magasin de fournitures de bateaux incendié, voitures retournées dans le quartier populaire du Carénage et dans la ville balnéaire de Gosier, échauffourées entre groupes de jeunes et police, pompiers caillassés : les Guadeloupéens, privés d'électricité par intermittence dans divers quartiers, ont vécu des scènes d'émeutes dans la nuit de lundi à mardi.
"Renforcement de la mobilisation"
Pour l'heure, aucune issue au conflit ne se dessine. Le président Nicolas Sarkozy recevra jeudi à l'Elysée des élus de tous les départements d'Outre-Mer, prenant ainsi sa première initiative directe en presque un mois de crise antillaise. De son côté, le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo se démène pour calmer la situation. Dans une tribune publiée par Le Figaro, il assure que la politique du gouvernement n'est "pas d'acheter, comme ce fut tant de fois le cas auparavant, une illusoire paix provisoire". Mardi, il a toutefois ajouté sur RMC, qu'il avait été chargé par le Premier ministre de "faire un plus en matière de baisse de charges sociales". Le secrétaire d'Etat a par ailleurs affirmé mardi au Sénat que le gouvernement faisait "le pari du dialogue social" pour résoudre la crise. Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a annoncé mardi la création d'un groupe de travail sur l'outre-mer composé d'une quarantaine de députés UMP, dont la totalité des élus ultramarins.
Mais les meneurs de la grève affichent leur détermination. Le porte-parole du LKP, Elie Domota, a appelé lundi soir au cours d'un meeting au "renforcement de la mobilisation" dans les jours qui viennent, "jusqu'à la satisfaction de nos légitimes revendications". Mais les opposants au mouvement gréviste ne veulent pas rester inactifs. Dans la journée de mardi, une manifestation silencieuse devait avoir lieu à Pointe-à-Pitre, à l'appel d'un "Comité pour la sauvegarde des libertés" qui proteste contre la paralysie de l'île.
"Dans l'attente et l'angoisse"
Et preuve que le blocage s'intensifie dans tous les secteurs d'activité, l'aéroport de Pointe-à-Pitre a été fermé quelques heures mardi, la sécurité ne pouvant être assurée en raison du manque de personnel. Alors que l'industrie du tourisme est fortement touchée, de nombreux hôtels ayant dû fermer leurs portes ces derniers jours, les compagnies aériennes qui desservent la Guadeloupe ont donné leur "accord de principe" sur un report des vols. Par ailleurs, de nouveaux barrages ont été installés par des riverains.
Interrogé par Radio Caraïbes International sur son sentiment sur la situation, la réponse du procureur de Pointe-à-Pitre témoigne du climat délétère qui règne sur l'île : "Je suis dans l'attente et l'angoisse que rien de grave ne se passe". La ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer, Michèle Alliot-Marie, a quant à elle appelé mardi "chacun au calme, à la responsabilité et à la retenue".
L'opposition s'est également emparée du dossier. Une semaine après l'envoi d'une délégation du Parti socialiste aux Antilles et à La Réunion, Martine Aubry, première secrétaire du PS, recevra mercredi les parlementaires de gauche et les présidents des exécutifs d'Outre-mer au siège du PS. De son côté, Olivier Besancenot doit se rendre vendredi en Guadeloupe, puis en Martinique, pour apporter le "soutien" du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à la mobilisation.
(D'après agence)
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Jégo : "J'ai été viré comme un malpropre"
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