Manifestation à Fort-de-France (6 février 2009) © TF1/LCIAlors que sa voisine guadeloupéenne est paralysée depuis 18 jours par un conflit social, la Martinique a commencé jeudi à son tour à manifester contre la vie chère. Le cortège organisé à Fort-de-France a suscité l'une des plus fortes mobilisations de ces dernières années : les manifestants étaient plus de 20.000 jeudi dans les rues du chef-lieu de la Martinique, d'après les organisateurs, 15.000 selon la police. Fort de ce succès, les douze organisations syndicales martiniquaises à l'origine du mouvement ont annoncé, jeudi soir à Fort-de-France, la reconduite de la grève ce vendredi. Elles se sont en outre constituées en un "collectif du 5 février" en s'élargissant à d'autres syndicats et à des organisations associatives notamment.
Cette journée de mobilisation contre la vie chère et la précarité de l'emploi et pour la revalorisation des salaires, avait valeur de test pour les organisations martiniquaises. Les syndicalistes de l'île jugent qu'il est plus difficile de mobiliser sur leur île qu'en Guadeloupe. Une situation qu'ils expliquent par un dialogue social mieux rodé en Martinique, où des structures de régulation sociale ont été mises en place ces dernières années. Des observateurs considèrent aussi que la présence à la tête de la région Martinique d'un président indépendantiste, Alfred Marie-Jeanne, contribue à pacifier le dialogue social. La forte mobilisation des salariés, jeudi dans les rues de Fort-de-France, pourrait cependant marquer le début d'un changement d'attitude.
Pendant ce temps, le conflit dure en Guadeloupe
Plusieurs organisations martiniquaises professionnelles (comme celles des agriculteurs), syndicales, politiques ou associatives, ou issues de secteurs d'activités comme l'agriculture ont manifesté leur solidarité avec "le peuple guadeloupéen pour sa combativité, sa clairvoyance et sa grande capacité pour mettre un coup d'arrêt à la profitasyon (terme créole) dont il est victime de longue date". Au nombre de ces actions de solidarité, l'association "Initiative citoyenne Martinique" a invité les Martiniquais à exprimer leur soutien aux Guadeloupéens en accrochant un bandeau rouge à l'antenne de leur voiture ou à le porter. Selon cette association, le "combat de la Guadeloupe est aussi le nôtre et nous nous devons au moins un geste de solidarité".
Pendant ce temps, le conflit dure en Guadeloupe. A Pointe-à-Pitre, paralysée depuis le 20 janvier, le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer, Yves Jégo, "installé" sur place depuis dimanche, a dit avoir obtenu du patronat l'ouverture prochaine de négociations, sur la base d'une hausse "d'au moins 2%" des salaires. Le secrétaire d'Etat s'est montré optimiste au moment d'entrer dans le vif des négociations quadripartites LKP-patronat-collectivités territoriales-Etat à la préfecture de Basse-Terre, créditant le collectif LKP de "bonne volonté". La plupart des écoles de Pointe-à-Pitre n'avaient pourtant pas rouvert jeudi et le port était toujours bloqué. Vendredi matin, c'est l'accès à l'unique dépôt pétrolier de l'île, situé dans la zone industrielle de Jarry, à Baie-Mahault, qui a été bloqué par des manifestants.
D'après agence
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