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Par F.L., le 05 février 2009 à 08h52, mis à jour le 05 février 2009 à 08:57
Volonté d'assouplir le licenciement, "consternation" face aux images de manifestations : Parisot risque d'amplifier la colère syndicale, à quelques heures de l'intervention de Nicolas Sarkozy.
La présidente du Medef Laurence Parisot, le 27 août 2008 © TF1/LCILa patronne des patrons aurait-elle choisi le choc frontal contre les syndicats ? Alors que le Medef tient ce jeudi son assemblée générale, elle critique vertement dans un entretien à La Tribune les images fournies par le mouvement social du 29 janvier dernier et s'apprête, s'il faut en croire Le Figaro, à remettre sur la table les conditions du licenciement économique, un thème plutôt explosif pour les syndicats.
La proposition de Laurence Parisot sur un assouplissement des procédures de licenciement devrait être faite précisément à l'occasion l'assemblée générale de l'organisation patronale, selon Le Figaro. La patronne des patrons voudrait obtenir un raccourcissement des procédures, et une "sécurisation" pour limiter le nombre de recours devant les prud'hommes. Une proposition qui pourrait mettre le feu aux poudres, alors même que Nicolas Sarkozy s'apprête à faire, le soir même, de la pédagogie sur la crise lors d'une émission télévisée.
Crise : rien ne sert de "protester contre la tempête"
"Pédagogie de la crise" : c'est précisément le terme qu'utilise la patronne des patrons au cours de son entretien accordé à La Tribune. "Il est important que le patronat du XXIème siècle soit capable de prendre la parole clairement et de dialoguer avec l'opinion publique : il faut l'écouter, parce que parfois elle a raison, assure-t-elle. Et expliquer les choses parce que parfois, n'ayant pas toutes les clés, elle porte un jugement rapide". Pas sûr pourtant que cette volonté "d'expliquer" trouve un écho auprès de syndicats très remontés, d'autant plus que la présidente du Medef critique amèrement au cours du même entretien les images des manifestations de la journée de protestation syndicale du 29 janvier, dans laquelle elle voit "quelque chose de pervers". Tout en commentant : "on fabrique de l'appauvrissement quand on fait grève toute une journée".
"Je suis consternée quand je vois une photo des manifestations à la Une du Wall Street Journal et du Financial Times. Je sais que tous les investisseurs qui pouvaient être en train de se demander s'ils iraient en France ou ailleurs donneront ce jour là dans leurs délibérations un point négatif à la France", affirme-t-elle. Selon Laurence Parisot, "la crise est comme une tempête et je pense qu'il est de peu d'efficacité de protester contre la tempête".
"La réalité, assure-t-elle, c'est que nous sommes tous d'accord pour réagir le plus vite possible à la crise. Le Medef l'a prouvé en étant hyper réactif sur le chômage partiel" et "en allant plus loin que jamais sur l'indemnisation du chômage", ajoute-t-elle. Sur ce dernier point, tout en défendant le principe d'une baisse des cotisations en cas "d'excédent significatif du régime" d'assurance-chômage, la dirigeante patronale affirme "l'intime conviction qu'on ne pourra pas l'appliquer (...) compte tenu de la crise économique".
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