Manifestation au Moule, ville symbole pour les Guadeloupéens, le 14 février. © TF1/LCIDes élus des Antilles françaises, paralysées par des grèves, ont appelé samedi à "assouplir" ces mouvements en raison de leur impact sur l'économie et la vie quotidienne. Mais l'appel au calme ne semble pas entendu puisque des milliers de manifestants ont à nouveau défilé en Guadeloupe, au Moule, une ville symbole de la lutte des Guadeloupéens : en 1952, quatre ouvriers avaient été tués au Moule par les forces de l'ordre lors d'une manifestation pour réclamer une augmentation de leurs revenus.
A Pointe-à-Pitre, où le "collectif contre l'exploitation outrancière" (LKP) a lancé le mouvement il y a près d'un mois, Victorin Lurel, président (PS) du conseil régional, et Jacques Gillot, président (app-PS) du conseil général, ont demandé un "assouplissement de la grève générale pour que le pays vive plus normalement". Alors que les établissements scolaires restent fermés et que les manifestants contraignent régulièrement les commerces à fermer, les deux élus ont proposé l'octroi pendant quelques mois d'une "prime salariale" de 100 euros mensuels aux salariés touchant moins de 1,4 fois le SMIC. Le leader du LKP, Elie Domota, a opposé une fin de non recevoir à cette proposition, appelant l'Etat et le patronat à "tenir leurs engagements" en paraphant l'accord signé la semaine dernière qui prévoit une augmentation de 200 euros pour les bas salaires via des exonérations fiscales. M. Domota a durci le ton en accusant l'Etat de vouloir "tuer les guadeloupéens" en envoyant des renforts de gendarmes. Selon plusieurs sources, il y a eu une relève de deux escadrons mais pas d'envoi de forces supplémentaires.
Manifestation à la Réunion
En Martinique, paralysée depuis 10 jours, plusieurs parlementaires -dont Alfred Almont (UMP), Louis-Joseph Manscour (PS) et Alfred Marie-Jeanne (MIM, indépendantiste)- avaient également invité vendredi en ordre dispersé à "desserrer l'étau" de la grève. Le collectif menant le mouvement a quitté les négociations hier après-midi, après un différend avec la grande distribution. Un accord de principe prévoyait une baisse de 20%, mais les distributeurs veulent l'appliquer à des articles spécifiques, les grévistes à des gammes de produits. Enfin, samedi, le mouvement a fait tâche d'huile à La Réunion. Une centaine de manifestants ont fait irruption dans un hypermarché de Saint-Denis, distribuant des tracts contre la vie chère.
Rama Yade, secrétaire d'etat aux Droits de l'Homme, a souligné dimanche sur Canal+ le "lourd malaise" de l'Outre-mer, où "on ne peut pas avoir une société à deux vitesses" : lire à ce sujet l'encardé dans notre article "Yade, Sarkozy et les "preuves d'amour".
(D'après agence)
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