© TF1/LCIAlors que la situation se tend en Martinique (lire plus bas), les négociations ont repris mercredi en Guadeloupe entre le préfet, les médiateurs du gouvernement, le patronat et le LKP. L'exécutif a mis une nouvelle proposition sur la table pour tenter de mettre un terme à la grève générale, en cours depuis plus de 5 semaines. Matignon a annoncé sa proposition : un revenu supplémentaire temporaire d'activité (RSTA) avec 80 euros mis par l'Etat jusqu'en 2011, un "bonus" des entreprises de 50 à 90 euros exonérées de toute charge salariale et patronale et enfin une participation autour de 50 euros du conseil général et régional pour arriver "à peu près" aux 200 euros réclamés par le LKP depuis le début du conflit. 45.000 salariés gagnant jusqu'à 1,4 fois le Smic seraient concernés indépendamment de leur situation familiale. Pour ceux qui ont un salaire supérieur à 1,4 Smic et qui auraient dû bénéficier du RSA, soit environ 1.000 à 2.000 salariés, l'Etat garde une "petite enveloppe".
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, avait auparavant estimé que les nouvelles propositions à l'étude étaient de nature à dénouer le conflit mais à Pointe-à-Pitre, les porte-parole des grévistes se voulaient prudents. Selon le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, ces propositions "auront le mérite de la clarté, feront je l'espère avancer le débat et permettront de répondre aux inquiétudes des uns et des autres". Mais Elie Domota, le leader du LKP, a rappelé que les organisations engagées dans la grève refusaient le principe d'une allocation de type RSA. "C'est une rétribution du travail que nous demandons, pas une allocation", a-t-il dit, précisant qu'une tel système basé sur la situation familiale était source "d'inégalités." Le LKP réclame une augmentation salariale mensuelle de 200 euros qui devrait bénéficier à 45.000 salariés.
En Martinique, la situation s'est tendue. Au lendemain d'une nuit d'émeutes à Fort-de-France, le maire de Fort-de-France et député de Martinique Serge Letchimy - Parti Progressiste Martiniquais (PPM) - a estimé mercredi que la situation était "très difficile et très complexe", jugeant que l'Etat n'avait pas pris "la mesure" de la crise. Interrogé sur l'invitation faite par François Fillon aux élus ultra-marins pour une rencontre jeudi à Matignon autour de la loi d'orientation pour le développement de l'Outre-mer, le député-maire de Fort-de-France a indiqué qu'il ne s'y rendrait pas. Et les négociations entre le "collectif du 5 février", les organisations patronales, les élus et le préfet ont été suspendues jusqu'à jeudi.
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