Le Medef local persiste dans son refus

le 27 février 2009 à 18h58 , mis à jour le 27 février 2009 à 22h15

Pas question de signer l'accord salarial partiel conclu entre le LKP et une partie minoritaire du patronat, a fait savoir Willy Angèle, président de l'antenne guadeloupéenne du Medef.

Willy Angèle, président de l'antenne guadeloupéenne du MedefWilly Angèle, président de l'antenne guadeloupéenne du Medef © TF1/LCI

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A peine conclu, l'accord salarial partiel en Guadeloupe est apparu brusquement fragilisé, vendredi, par le refus du Medef et de sept autres organisations patronales de le signer. Willy Angèle, président de l'antenne guadeloupéenne du Medef, a affirmé vouloir négocier sur sa propre proposition, "sur la table depuis lundi". Il exprimait aussi, ce faisant, la position d'organisations patronales - CGPME, UPA, transports, BTP, tourisme et industrie notamment - qui affirment représenter 90% des salariés guadeloupéens. Il a aussi rejeté la demande du Medef national de rejoindre les négociations, qui avaient repris dans l'après-midi (en début de soirée à Paris), tant que sa sécurité "ne serait pas assurée". Le patron des patrons guadeloupéens affirme en effet avoir été victime mercredi d'une "tentative d'agression physique" par Elie Domota, le leader du collectif intersyndical LKP.

De quoi faire quelque peu pâlir l'optimisme de Nicolas Sarkozy : "Tout n'est pas encore résolu, mais ça progresse", avait observé quelques heures plus tôt à Paris le chef de l'Etat. Paralysée par une grève générale depuis le 20 janvier, la Guadeloupe avait pourtant connu dans la nuit une avancée, avec la signature d'un accord salarial partiel à l'issue de négociations-marathon de près de huit heures. Elie Domota avait alors parlé d'un "premier pas" et d'un "accord qui vaut son pesant d'or", sans appeler à la fin de la grève. Il s'apprêtait à aborder d'autres revendications dans la discussion vendredi. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves Jégo, s'était de son côté déjà projeté dans l'après crise en promettant un futur "plan de sauvetage de l'économie pour les Antilles", notamment en direction des PME et du secteur du tourisme.

"Un climat d'intimidation et de violences"

L'accord de Pointe-à-Pitre n'avait cependant pas été signé par le Medef et sept autres organisations patronales, qui dénonçaient déjà "un climat d'intimidation et de violences". Selon le préfet, l'accord "théoriquement" applicable au 1er mars, ne concerne en l'état "que 15.000 à 17.000 des 85.000 salariés" du privé. Et selon le Medef de Guadeloupe, à peine 3500 salariés seraient visés par l'accord. Le document prévoit que les salariés percevant jusqu'à 1,4 fois le Smic toucheront 200 euros d'augmentation : 100 versés par l'Etat pendant deux ans, 50 par les collectivités locales (conseils général et régional) et 50 par le patronat.

A l'opposé, à la Martinique, entrée dans la grève le 5 février, et qui avait basculé dans la violence depuis deux nuits, la situation semblait apaisée vendredi soir. Les rues de Fort-de-France ont été particulièrement calmes après l'appel à ne pas sortir de chez soi après 19 heures lancé par le préfet. Le président du conseil général, Claude Lise (app-PS), espère "une issue favorable" samedi aux négociations sur les prix et les salaires. Pour les salaires, a-t-il rapporté, "la négociation a beaucoup progressé. Nous en sommes arrivés au maximum, à 247 euros". Le Collectif du 5 février en réclame 250. L'issue semble donc très proche.

D'après agence

Six gardes à vue dans l'enquête sur la mort de Jacques Bino

Jacques Bino, membre du collectif LKP, avait été abattu le 18 février à Pointe-à-Pitre, alors qu'il revenait en voiture d'un piquet de grève. Six personnes, dont l'une s'est présentée d'elle-même aux enquêteurs, ont été placées vendredi en garde à vue dans l'enquête sur sa mort. Le procureur a évoqué "des éléments concordants, multiples et sérieux" contre les gardés à vue, en précisant qu'il s'agissait de Guadeloupéens.

le 27 février 2009 à 18:58
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