© TF1/LCICoup de théâtre en Guadeloupe: au 20ème jour de la grève "contre la vie chère", le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo a annoncé dimanche son retour à Paris, tandis que la mobilisation s'intensifiait dans la Martinique voisine, où le conflit social a essaimé.
Le départ surprise -précipité, dit-on dans l'île- du secrétaire d'Etat, qui s'était engagé à rester jusqu'à l'émergence d'une solution, a été mal accueilli sur place. Le député PS Eric Jalton a appelé "le peuple debout à peser, par sa mobilisation, face à la violence que nous fait l'Etat". Jacques Gillot, président (app. PS) du Conseil général, s'est dit "révolté". De son côté, Yves Jégo s'est dit étonné qu'on fasse "une affaire parce que, simplement, je prends un avion pour aller chercher des solutions à Paris". "Je le promets, je reviens le plus vite possible", a affirmé le secrétaire d'Etat, qui est arrivé à Paris lundi à 7h30. Interrogé sur Europe 1 sur son retour précipité, Yves Jégo a par ailleurs assuré qu'il reviendrait dans quelques heures sur l'île avec "des solutions". Il doit être reçu par le Premier ministre François Fillon à 15 heures, a annoncé Matignon dans la matinée. Yves Jégo devrait tenir par la suite un point-presse.
Ce saut à Paris a suscité dès lundi matin quelques réactions. La députée de Guyane Christiane Taubira (PRG) a affirmé que "les conditions dans lesquelles le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo a quitté" dimanche la Guadeloupe "sont vécues comme une humiliation". Pour le député PS Pierre Moscovici, Yves Jégo a "posé un lapin" à ses interlocuteurs en quittant précipitamment dimanche soir la Guadeloupe, jugeant que le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer avait "sans doute été convoqué à Matignon, voire à l'Elysée". De son côté, le Parti communiste français demande lundi que le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, revienne "sans tarder" en Guadeloupe pour "annoncer des mesure réelles", car "il faut répondre aux exigences populaires".
Feu vert de Matignon attendu
Le départ d'Yves Jégo intervient alors qu'un préaccord avait été atteint dimanche matin, après 20 heures de négociations non-stop, entre le patronat et le collectif LKP ("contre l'exploitation outrancière", réunissant syndicats, partis et associations) sur une hausse des bas salaires. Les services du secrétaire d'Etat admettent qu'un "blocage subsiste sur les modalités techniques et juridiques, ainsi que le montant financier de mise en oeuvre d'un accord salarial interprofessionnel". Aux termes du préaccord, "les 80.000 salariés du privé devraient avoir une amélioration salariale", selon le porte-parole du LKP : 200 euros pour les salariés percevant jusqu'à 1,6 fois le Smic, et 3% pour les mieux rémunérés, à négocier entreprise par entreprise ou dans les branches. Mais le LKP en avait chiffré le coût à "108 millions d'euros, que le patronat réclame maintenant à l'Etat". D'où, selon les négociateurs, la nécessité d'un feu vert de Matignon.
Quoiqu'il en soit, Le départ d'Yves Jégo a aussi été très commenté en Martinique, en grève depuis jeudi, et où la mobilisation s'est intensifiée, avec des fermetures forcées par les manifestants d'une dizaine de grandes surfaces. Les services d'Yves Jégo ont souligné à ce sujet qu'il "suivait également, chaque jour, l'évolution de la situation en Martinique" et prendrait à Paris "tous les contacts nécessaires pour apporter rapidement aux Martiniquais des réponses, à l'image de ce qui a été fait en Guadeloupe". Lundi à 15h, (20h à Paris), un nouveau round de négociations devait s'ouvrir à Fort-de-France entre autorités, patronat et le nouveau "collectif du 5 février" (intersyndicale et associations). Ce collectif réclame notamment une baisse de 30% sur les produits de première nécessité, que refusent les responsables de la grande distribution.
(D'après agences)
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