Nuit chaude à la Guadeloupe

le 17 février 2009 à 07h43 , mis à jour le 17 février 2009 à 11h44

La ville de Pointe-à-Pitre s'est retrouvée cernée lundi soir, vers minuit, par une dizaine de barrages en feu.

guadeloupe barrages pointe-à-pitreBarrages routiers en feu lundi 16 février aux alentours de Pointe-à-Pitre. © TF1/LCI

La tension monte d'un cran supplémentaire à la Guadeloupe. La ville de Pointe-à-Pitre s'est retrouvée cernée lundi soir, vers minuit, par une dizaine de barrages en feu. Un magasin de fournitures de bateaux a également été incendié dans le quartier populaire du Carénage.
 
Par ailleurs, un véhicule a été incendié devant un hôtel de Gosier, la ville la plus touristique de l'île située à 5 km de Pointe-à-Pitre.  A quelques centaines de mètres de là, un groupe d'une cinquantaine de jeunes, pour certains le visage masqué, jetaient des pierres sur un escadron de gendarmes mobiles qui intervenaient pour lever des barrages routiers. Les jeunes visaient également des voitures de particuliers. Selon une source policière, les barrages nocturnes "relèvent d'incivilités urbaines". Ils sont "en marge des manifestations du LKP", a indiqué une source préfectorale.

Une cinquantaine d'interpellations
 
De son côté, le procureur de Pointe-à-Pitre Jean-Michel Prêtre, dont la voiture a été caillassée, a estimé sur Radio Caraïbes internationale que "les moyens ne sont pas suffisants face aux manifestants".  "Je suis dans l'attente et l'angoisse que rien de grave ne se passe", a-t-il également dit. Le porte-parole et leader du LKP, Elie Domota, qui mène la grève en Guadeloupe depuis prés d'un mois a préconisé lundi soir au cours d'un meeting "la poursuite et le renforcement de la mobilisation" mardi et les jours suivants "jusqu'à la satisfaction de nos légitimes revendications". Il a également affirmé que la résolution du Collectif et "celle du peuple guadeloupéen demeuraient intactes malgré la répression".

Lundi, dans la journée, de premiers affrontements entre forces de l'ordre et manifestants sur des barrages routiers avaient déjà eu lieu. Une cinquantaine de personnes ont été interpellées pour suspicion d'entrave à la circulation, avant d'être pour la plupart relâchées dans l'après-midi, sous la pression de la foule amassée devant le commissariat de Pointe-à-Pitre. Dix seront toutefois convoquées devant la justice au mois de juin.

Ces événements, qualifiés d'arbitraires et de répressifs, ont suscité indignation et révolte au sein de la population. Le dialogue social reste lui au point mort, le patronat n'ayant guère fléchi. Seule avancée, la rencontre prévue jeudi entre les élus d'Outre-mer et le président de la République Nicolas Sarkozy (lire notre article).

le 17 février 2009 à 07:43
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18 Commentaires

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  • Skyrunner, le 17/02/2009 à 10h45

    Ce qui est surprenant c'est que les Guadeloupéens, fortement indépendantistes, se tournent toujours vers la France pour exiger son assistance. Il faut savoir ce que l'on veut. Moi je suis d'accord pour leur donner leur indépendance et qu'ils se débrouillent. Pied-noir on n'a pas eu autant de sollicitations à notre égard en 1962. La valise ou le cercueil. On voit où en est maintenant l'Algérie. Les Algériens n'ont qu'une envie venir en France. Ils sont maso ils veulent retourner auprès de ceux qui les tenaient sous le joug de l'exécrable colonisation. Guadeloupéens méditez cet exemple, avec l'indépendance vous ne ferez pas mieux car vous n'avez ni le pétrole ni le gaz.

  • Avenir, le 17/02/2009 à 10h43

    Qu'on leur rende leur indépendance! La crise est pour tout le monde pareil. Pas de privilégiers. Et ce sont toujours ceux qui en font le moins qui se plaignent le plus.

  • LLAMAS AGNES, le 17/02/2009 à 10h36

    Beaucoup d'avancées ont été faites par le gouvernement,augmenter le Smic de 200? est irresponsable, il y a sûrement d'autres moyens pour lutter contre la vie chère, comme casser le monopole des grandes surfaces et surveiiler leur marge ?

  • Accipiter, le 17/02/2009 à 10h34

    C'était à prévoir malheureusement! Il est inadmissible qu'un leader, même syndical, appelle à la révolte, quand les politiques locaux de tous bords appellent eux à cesser la grève! Cette grève n'est pas le meilleur exemple pour nos enfants qui n'auront pas eu d'école durant tous ce mois de février! Pourquoi, les antillais se réveillent que maintenant? La chèreté de la vie n'est pas nouveau sur les îles françaises et la crise ne semble pas pas les avoir touché plus qu'en métropole! Pour des revendications impossibles, ces syndicats révolutionnaires sont en train de tuer un peu plus l'économie de la Martinique et de la Guadeloupe.

  • Chebou, le 17/02/2009 à 10h23

    IL FAUT LEUR DONNER L INDEPENDANCE LE PLUS VITE POSSIBLE

  • Dupont, le 17/02/2009 à 10h13

    Nos médias nous "bassinent" avec les problémes des noirs aux USA, mais je pose la question : vaut-il mieux être noir en France ou aux USA ? Cela fait bien comprendre également qu'un OBAMA Français est une mission impossible. En attendant, les Antillais nous donnent une leçon sur l'art de la gréve.

  • Man, le 17/02/2009 à 10h03

    Nicolas avait critiqué Mai 1968,mais qu'il ne s'inquiéte pas çà se prépare,tout chaud pour bientôt mon coco.

  • çavamal, le 17/02/2009 à 09h54

    J'habite à Pointe-à-Pitre, je suis en métropole quelques jours. Mon épouse m'a envoyé un mail pour signaler qu'à 1 heure du matin dans les rues de Pointe-à-Pitre les poubelles étaient en feu à certains endroits et des "profiteurs" cassaient tout. Un comble... Une grève contre la "profitation" (expression la plus utilisée en Guadeloupe ces derniers jours) et on "profite" pour tout vandaliser. Le président se permet d'attendre encore quelques jours pour rencontrer des élus locaux, donc ce n'est pas si urgent que cela de son point de vue bien que la situation dégénère, Messieurs Jégo et Fillon ont montré leur grande incompétence à résoudre le problème, sans parler de "MAM" qui a dû oublier de demander lors de sa nomination au ministère ce qu'était l'Outre-mer, et les représentants du collectif qui ne veulent pas faire d'efforts alors que les Guadeloupéens n'en peuvent plus... Peut-être Monsieur Damota veut-il son nom dans les livres d'histoire ou une rue portant son nom... une rue non, une avenue certainement. Pas convaincu que l'Etat se préoccupe de la Guadeloupe et pas convaincu que le LKP se préoccupe des Guadeloupéens!

  • Dd5943, le 17/02/2009 à 09h53

    Pourquoi se limiter à 200 euros, demandez donc 2000 euros pour chaque habitant à ne rien faire celà vous le faite si bien. A oui c à cause du colonialisme, si il n y avait pas et le colonialisme vous seriez au même niveau que les pays africains à demander de l aide humanitaire. J ai vécu 5 ans à la réunion et j ai pu m apercevoir des largesse dont vous profitez, une maison f4 plus terrain pour 15 euros par mois alors que le moindre bout de terrain vaut 40 000 euros, alors arrêtez de vous plaindre et si vous voulez de l argent allez bosser

  • Tipoussy, le 17/02/2009 à 09h39

    En jouant la carte du pourrissement et de la répression Nicolas Sarkozy prends clairement position pour le patronat local. Il porte l'entière responsabilité de ce qui se passe et va se passer dans les DOM-TOM. C'est ainsi qu'a débuté la révolution Française en 1789: la population s'est révoltée contre la vie trop chère. Ce qui se passe dans les îles n'est que le prémisse de ce qui va se passer en Métropole.

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