"On tire la sonnette d'alarme depuis des années"

le 28 février 2009 à 19h02 , mis à jour le 28 février 2009 à 23h03

Plusieurs milliers de personnes se sont réunies à Paris samedi pour manifester leur soutien "au peuple des Antilles", alors que la situation semble bloquée en Guadeloupe et Martinique.

Manifestation de "soutien au peuple antillais" place de la Nation, à Paris (28 février 2009)Manifestation de "soutien au peuple antillais" place de la Nation, à Paris (28 février 2009) © TF1/LCI

 

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Yves Jégo
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Après cinq semaines de grève générale, le Medef refuse toujours d'appliquer l'accord sur l'augmentation des bas salaires de 200 euros paraphé vendredi en Guadeloupe par le "collectif contre l'exploitationLKP et plusieurs syndicats patronaux minoritaires. Pendant ce temps, en Martinique, où l'accord, qui paraissait jeudi à portée de main, met plus de temps que prévu à se dessiner, on fait encore la queue à la pompe : l'annonce d'une réouverture progressive vendredi après-midi a provoqué une ruée dans les stations. C'est dans ce contexte de difficile sortie de crise que plusieurs milliers de personnes (3500, selon la police, 4000 selon les organisateurs) se sont réunies samedi après-midi place de la Nation, à Paris, pour marquer leur soutien "au peuple des Antilles".

Daniel Dalin, le président du CollectifDom, à l'origine de ce rassemblement, s'est dit "confiant dans la dynamique enclenchée" à la Guadeloupe et à la Martinique mais a dit qu'il "imagin(ait) mal le Medef revenir" sur l'accord intervenu pour une hausse de 200 euros des bas salaires. Ce serait, selon lui, "mettre l'île à feu et à sang". Et si "Nicolas Sarkozy a dit qu'il devait y avoir des Etats généraux de l'Outre-mer pour mettre les choses à plat", le président du CollectifDom juge aujourd'hui : "nous devons rester mobilisés pour que les promesses soient tenues".

"Mon frère n'est pas mort pour rien"

Pour Lilian Malet, délégué général de l'Association des communes et collectivités d'Outre-mer (ACCD'OM), "la situation en Outre-mer est prévisible et annoncée, on tire la sonnette d'alarme depuis des années. L'Outre-mer est riche, nous ne venons pas les mains vides, nous voulons montrer ce qu'on apporte à la nation".

Liliane Bino, la soeur de Jacques Bino, le syndicaliste tué en Guadeloupe, s'est également rendue à la manifestation. Parlant en créole à la foule réunie place de la Nation, elle a lancé : "Mon frère n'est pas mort pour rien, il est mort pour un combat". Des personnalités politiques d'extrême gauche étaient aussi présentes dans le rassemblement, comme Arlette Laguiller, ex-porte-parole de LO, qui a fait un passage éclair en début de manifestation. De retour des Antilles, Olivier Besancenot, tee-shirt jaune du LKP sur les épaules, a assuré devant des journalistes qu'une "grande partie de la population se tourne vers le LKP pour régler leurs problèmes quotidiens et non plus vers les élus locaux". Pour le porte-parole du NPA, "c'est quelque chose dont devrait s'inspirer la gauche sociale et politique en France". Des artistes et des responsables politiques ou syndicaux doivent se succéder jusqu'à 21 heures sur la scène installée sur la place de la Nation.

D'après agence

Mort de Jacques Bino : les suspects déférés

Les six personnes gardées à vue dans  l'enquête sur le meurtre d'un syndicaliste en marge du conflit social en  Guadeloupe ont été déférées samedi devant le parquet de Pointe-à-Pitre en vue de  leur mise en examen. Des poursuites pour meurtre et tentative de meurtre seront requises contre  le principal suspect, un homme de 35 ans qui s'était présenté spontanément aux  enquêteurs. Un autre suspect a finalement été mis hors de cause et ne sera pas présenté  devant un juge d'instruction. Le procureur, qui a requis cinq mises en détention, a indiqué avoir retenu pour les cinq suspects qui seront présentés les incriminations d'association de malfaiteurs, violences aggravées en réunion,  présence et usage d'armes avec ciblage des forces de l'ordre, ainsi que d'entrave  délictuelle à la circulation pour les barrages érigés à Pointe-à-Pitre dans la  nuit du 17 au 18 février.

 

le 28 février 2009 à 19:02
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