Laurence Parisot, la présidente du Medef lors du sommet social du 18 février 2009. © ReutersCe non-là va faire du bruit. D'autant que Nicolas Sarkozy a réaffirmé dans son allocution télévisée son intention de voir se négocier le partage des profits entre partenaires sociaux. La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est dite opposée mercredi, à l'issue de la réunion à l'Elysée entre les partenaires sociaux et le gouvernement, à des discussions "au niveau national" entre patronat et syndicat sur le partage de la valeur ajoutée des entreprises. "Des discussions ont lieu chaque année dans l'entreprise. Chaque année, quand il y a une négociation salariale annuelle, et il y en a dans quasiment toutes les entreprises, on discute du partage de la valeur ajoutée. Mais il ne saurait y avoir de discussion avec les organisations syndicales sur le sujet au niveau nationale", a estimé Laurence Parisot.
Dans son propos liminaire à la réunion, le président Nicolas Sarkozy avait proposé la mise sur pied d'une "mission d'analyse et de concertation", confiée à Jean-Philippe Cotis, directeur général de l'Insee, "sur le partage de la valeur ajoutée et son évolution", aussi bien pour les secteurs public que privé. Il a suggéré que soient engagées, sur la base de ses conclusions, des discussions entre partenaires sociaux sur le partage des profits entre les entreprises et leurs salariés.
| Déçus, les syndicats maintiennent la pression |
Les dirigeants syndicaux ont jugé mercredi "insuffisantes" les mesures annoncées par le gouvernement lors du sommet social autour du président Nicolas Sarkozy à l'Elysée, soulignant qu'il fallait "maintenir la pression" sur le gouvernement et le patronat. "L'action syndicale a permis une première inflexion dans la politique gouvernementale. Les quelques mesures annoncées aujourd'hui (...) vont dans ce sens. Mais face à la situation des salariés, les mesures sont insuffisantes", a déclaré le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. "Comme l'action syndicale commence à payer, la CFDT estime qu'il faut continuer à mettre la pression sur le gouvernement et le patronat. Il faut aller jusqu'à un vrai changement de cap". Les syndicats doivent se revoir lundi pour déterminer les modalités de la journée d'action qu'ils ont programmée pour le 19 mars. De son côté, son homologue de la CGT Bernard Thibault a qualifié les décisions présidentielles de "série de mesures d'accompagnement social à la crise (...)". Rappelant qu'elles avoisinent 2,6 milliards d'euros, il s'est dit "bien obligé de ramener ce chiffre à la somme de 8 mds d'euros correspondant à la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises". Bernard Thibault a estimé qu'il allait "falloir pousser plus fort pour changer vraiment la situation". "Nous nous rendrons à la rencontre unitaire de lundi avec l'esprit de travailler à un prochain rendez-vous revendicatif, qui est programmé le 19 mars", a-t-il dit. Pour sa part, le patron de FO Jean-Claude Mailly a relevé "quelques éléments qui bougent un peu", sur le chômage partiel, la formation et les allègements fiscaux. "Mais c'est beaucoup trop court", a-t-il aussitôt enchaîné, déplorant qu'il y ait "des oubliés". |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




