Le collectif de syndicats guadeloupéens LKP à la table des négociations. © TF1/LCIAu 20ème jour de grève générale, la situation en Guadeloupe semblait suspendue dimanche à la concrétisation d'un pré-accord patronat-syndicats sur les bas salaires. Sa signature, selon des négociateurs, était soumise au feu vert de Matignon pour son financement.
Le leader et porte-parole du LKP, Elie Domota, a précisé dimanche sur plusieurs médias que le texte prévoit une augmentation de 200 euros pour 45.000 salariés à bas salaires, "un complément de RSA pour les salariés à temps partiel", et une augmentation au moins égale à 3 % pour les salaires supérieurs à 2.100 euros". "Les 80.000 salariés du privé devraient avoir une amélioration salariale", a ajouté M. Domota, en en chiffrant le coût à "108 millions d'euros, que le patronat réclame maintenant à l'Etat".
Après 20 jours de grève générale, "beaucoup d'entreprises, Asphyxiées, vont devoir déposer leurs bilans", prévoit-il. "Nous avons fait des efforts, le ministre a fait son travail, rien n'est encore gagné", a estimé pour sa part le président PS du Conseil régional. Il a assuré, lors des négociations patronat-LKP, un rôle de médiateur, comme son homologue du conseil général Jacques Gillot (app-PS), et le secrétaire d'Etat chargé de l'Outremer, Yves Jégo. Cela fait une semaine que ce dernier s'est "installé" sur l'île pour chercher une issue au mouvement social contre la vie chère. Le secrétaire d'Etat chargé de l'Outremer, qui devait quitter la Guadeloupe dimanche soir, rencontrera le Premier ministre lundi.
Les critiques de l'opposition
En Martinique, touchée à son tour depuis trois jours par un mouvement similaire, des grévistes ont contraint samedi plusieurs grandes surfaces commerciales à fermer, à Fort-de-France et dans plusieurs communes environnantes. Au total, dix ont dû baisser leur rideau sur l'île.
A l'initiative du "collectif du 5 février", date du début du mouvement, des dizaines de grévistes ont envahi les caisses aux cris de "Solidarité, sé sa nou ka mandé" (Solidarité, c'est ce que nous demandons) forçant les clients à quitter les lieux. Le collectif réclame une baisse de 30% sur les produits de première nécessité que refusent les responsables de la grande distribution. Les négociations doivent reprendre lundi après-midi (dans la soirée à Paris).
En métropole, l'opposition a critiqué l'attitude de l'exécutif. Ségolène Royal (PS) a dénoncé une "chape de plomb" sur l'Outremer reprochant au chef de l'Etat de ne pas avoir parlé de la situation dans ces territoires lors de son intervention télévisée jeudi. Le président du MoDem François Bayrou a jugé "honteux" le silence de Nicolas Sarkozy tandis que le leader du Nouveau parti anticapitaliste Olivier Besancenot a estimé que ce dernier "marche sur des oeufs" par crainte d'une contagion en métropole.
(D'après agences)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




