ernard Thibault, secrétaire général de la CGT, le 18 février 2009 à l'Elysée © TF1-LCICe fut donc "sportif". Et même "tendu". Au sortir du sommet social à l'Elysée, lors duquel ont été décidés 2,6 milliards d'euros de mesures sociales (lire notre article), Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a raconté l'ambiance de la réunion. "C'était un peu tendu (...) Il y a eu de la tension, il y a eu du sport (...) mais ce qui compte c'est le résultat". Le résultat donc, selon lui : "nous avons forcé à être écouté", obtenu 2,6 milliards "en direction du public que le gouvernement considère comme le plus sensible" à la crise.
Dans l'ensemble, les dirigeants syndicaux ont jugé mercredi "insuffisantes" les mesures. "Ce soir, on est à 8 milliards (grâce aux exonérations de la taxe professionnelle pour les entreprises) contre 2,6, la balle n'est toujours pas à notre avantage", a ainsi dit Bernard Thibault. Bref, le dialogue reprend mais peut mieux faire. D'ailleurs, le leader de la CGT maintient la pression sur l'action du 19 mars. Pour obtenir plus. D'autant qu'"il y a des divergences d'appréciation sur la nécessité de revenir sur des décisions prises auparavant par le gouvernement" et sur la "position intransigeante du Medef". Les syndicats doivent se revoir lundi pour déterminer les modalités de la journée d'action qu'ils ont programmée pour le 19 mars.
Ça bouge, mais pas assez
Même discours chez François Chérèque. "L'action syndicale a permis une première inflexion dans la politique gouvernementale. Les quelques mesures annoncées aujourd'hui (...) vont dans ce sens. Mais face à la situation des salariés, les mesures sont insuffisantes", a déclaré le secrétaire général de la CFDT. "Comme l'action syndicale commence à payer, la CFDT estime qu'il faut continuer à mettre la pression sur le gouvernement et le patronat. Il faut aller jusqu'à un vrai changement de cap". L'autre "grosse responsabilité dans le blocage" vient du patronat qui "ne tire pas les leçons de la crise" et "au nom de la propriété privée, refuse de revoir la répartition des richesses", a estimé jeudi matin sur France 2 François Chérèque. "La force conservatrice autour de la table c'était le patronat".
Pour sa part, le patron de FO Jean-Claude Mailly a relevé "quelques éléments qui bougent un peu", sur le chômage partiel, la formation et les allègements fiscaux. "Mais c'est beaucoup trop court", a-t-il aussitôt enchaîné, déplorant qu'il y ait "des oubliés".
Une "usine à gaz"
Pour Gérard Aschieri (FSU), les mesures annoncées "sont loin de ce qui est nécessaire pour faire face à la crise. Les jeunes qui n'ont travaillé que deux mois toucheront une prime mais cela ne fait pas une politique pour la jeunesse" et "aucune mesure annoncée n'engage le patronat". Pour Alain Olive (Unsa), "c'était l'occasion d'expliquer cette crise, et cet effort pédagogique n'a pas été fait. De plus, on a raisonné sur un plan franco-français, sans jamais se placer du point de vue européen, ce qui fait qu'on a des plans de relance très disparates en Europe". "On est dans l'ensemble déçu, le sentiment est très mitigé", même si "je me réjouis de la création d'un fonds de formation et d'une bonne nouvelle sur l'indemnisation du chômage partiel".
Le Snui (Syndicat national unifié des impôts) estime que "c'est vers une véritable usine à gaz que l'on semble se diriger". Selon le CFE-CGC, "qu'il s'agisse des problèmes de gouvernance dans les entreprises où les représentants du personnels sont présents, ou encore du partage de la valeur ajoutée et des profits dégagés, les chantiers seront ouverts mais les chemins tortueux". Pour Solidaires, les propositions de Nicolas Sarkozy ne répondent pas aux "urgences sociales" et le sommet social aura "accouché d'une souris". La FNATH (association des accidentés de la vie) "regrette que les personnes handicapées n'aient pas été spécifiquement citées". Enfin le MNCP (mouvement national des chômeurs et précaires) estime que "le sommet social, caricature de dialogue social, accouche de mesures totalement insuffisantes".
Les patrons ne se sont pas réjouis davantage. La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est
dite opposée à des discussions "au niveau national" entre patronat et syndicat sur le partage de la valeur ajoutée des entreprises, une proposition de Nicolas Sarkozy : lire notre article.
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