Sommet social : qui veut quoi ?

Par O.L.( avec agences), le 16 février 2009 à 18h24 , mis à jour le 18 février 2009 à 15h27

Nicolas Sarkozy réunit les partenaires sociaux mercredi mais l'Elysée et les syndicats ne sont pas sur la même longueur d'ondes. Le sujet qui fâche : les salaires.

Les manifestants à Paris, le 29 janvier 2009Les manifestants à Paris, le 29 janvier 2009 © LCI

 
> Les propositions de l'Elysée

> Ce que demandent Mailly et Thibault

Après les manifs, la négociation. Face à la mobilisation massive des syndicats, Nicolas Sarkozy leur avait promis un grand sommet social le 18 février. C'est mercredi que tous se réunissent. Le président de la République parie sur ce sommet auquel il a aussi convié le patronat pour éviter que le chaos économique annoncé pour 2009 se transforme en catastrophe sociale et en désaveu politique massif. Sa marge de manoeuvre est cependant plus étroite que jamais entre exigences syndicales, résistances patronales et contraintes budgétaires.

Le climat reste tendu : les syndicats ont déjà annoncé une nouvelle journée d'action le 19 mars et dix partis de gauche, dont le Parti socialiste et le PCF, soutiennent cette journée estimant que le gouvernement a d'ores et déjà opposé un refus aux revendications des syndicats, en particulier sur l'augmentation des salaires. Nicolas Sarkozy fera une "déclaration" mercredi soir à la télévision au terme de ce sommet.
 
Ce que prépare l'Elysée

A la télévision, Nicolas Sarkozy avait promis de réserver à des "mesures sociales" 1,4 milliard d'euros et ouvert quatre "pistes", suggérant des efforts en plus pour l'indemnisation du chômage partiel, les CDD en fin de contrat, l'insertion des jeunes, et "le bas des classes moyennes" par la suppression de la 1ère tranche de l'impôt sur le revenu ou du 2e tiers provisionnel. Le chef de l'Etat ne s'est pas exprimé davantage depuis mais son conseiller social en a dit un peu plus lors de l'émission "Dimanche Soir Politique" sur France Inter. Raymond Soubie a notamment promis que la réunion aboutira à "des décisions" mais aussi, poussé par la prudence,  à des "processus de négociation".
 
Un chômage partiel mieux indemnisé 
 
L'Etat a déjà revalorisé de 50 à 60% l'aide associée à ce dispositif qui permet à une entreprise de bénéficier d'une aide pour maintenir l'emploi tout en réduisant temporairement les horaires d'une partie ou de tous ses salariés en cas de difficultés passagères. Le chômage partiel est désormais massivement utilisé - notamment dans l'automobile - et est souvent synonyme de centaines d'euros en moins chaque mois pour les salariés concernés. Les syndicats demandent donc au gouvernement d'aller encore plus loin, ce que devrait accepter l'Elysée.
 
Une nouvelle prime pour les jeunes chômeurs
 
Nicolas Sarkozy avait évoqué leur précarité lors de son interview, il souhaite créer une couverture chômage pour les moins de 25 ans et les salariés sortant d'un CDD. Une prime de précarité de 200 à 300 euros pourrait leur être versée à partir de deux mois travaillés, contre quatre actuellement.
 
Classe moyennes : les baisses d'impôts en bonne voie
 
Nicolas Sarkozy avait proposé de supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu ou le paiement du deuxième tiers provisionnel. Le ministre du budget Eric Woerth a affiché sa préférence pour la deuxième option dimanche sur LCI en estimant qu'elle  était une "bonne réponse", "très simple" à mettre en oeuvre pour aider "le bas de la classe moyenne" à faire face à la crise. La CFDT a accueilli plutôt favorablement les propositions d'allégements fiscaux  mais la CGT et FO sont hostiles à des gains de pouvoir d'achat par ce procédé. L'Elysée devrait en outre proposer une réforme des allocations familiales et des aides pour les chèques emploi service.
 
Le partage des profits sur la table
 
"Le compte n'y est pas", avait estimé lors de son interview Nicolas Sarkozy au sujet de la répartition des profits en France, avant de se prononcer en faveur d'une nouvelle répartition des bénéfices des entreprises (un tiers pour les salariés, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour l'investissement). "Il y a des instruments en place, il faut que les différents partenaires les utilisent et c'est ce qu'on va regarder mercredi", ajoute Raymond Soubie en notant toutefois que "sept à huit millions de personnes accèdent" déjà à l'intéressement et à la participation. Sans surprise, le Medef devrait freiner des quatre fers sur ce dossier.
 
Et les salaires dans tout ça ?
 
Ce sera sans le point d'achoppement principal entre l'Elysée et les syndicats qui réclament des mesures d'urgence pour les salaires. Le gouvernement ne parait pas prêt à un geste.  Sur le smic, "la question est : faut-il ou non l'augmenter (...) si l'on veut protéger l'emploi" avec des PME "en situation extrêmement difficiles" ?, a estimé Raymond Soubie. Sa question ressemble à une réponse...  "On va en discuter", a-t-il toutefois promis.
 
Ce que veulent patrons et syndicats
 
 
Medef : Quelle négociation ?
 
Le patronat s'efforce de banaliser cette réunion. Il redoute des décisions qui pourraient lui coûter cher et se défend en affirmant que la réunion n'est pas "une négociation" mais l'occasion de "partager un diagnostic" sur la crise, par la voix de sa présidente Laurence Parisot.
 
CGT : les salaires sinon...

Le premier syndicat français mise sur les tensions croissantes, des Antilles aux universités, pour amener l'Elysée à lâcher du lest. "Je n'ose pas penser que le gouvernement en reste à ce qu'a dit Nicolas Sarkozy. J'espère qu'il va y avoir d'autres mesures, la CGT insiste pour que ce soit sur le smic et les salaires", presse sa numéro 2, Maryse Dumas. "Nous pensons qu'il va falloir mettre un coup d'épaule supplémentaire par la mobilisation pour que le gouvernement se range à nos propositions", menace le syndicat en évoquant la mobilisation du 19 mars, d'ores et déjà programmée.
 
CFDT : le paquet sur la formation
 
Le secrétaire général du  syndicat, François Chérèque, accuse le gouvernement de "jouer petit bras", dans la lutte contre la crise. Il défend sa proposition de "fonds d'investissement social", financé par l'Etat à hauteur de 5 à 6 milliards d'euros, qui serait "un plan d'investissement massif en direction des salariés et permettra de créer les conditions d'une sortie de crise". "Plusieurs centaines de milliers de salariés peuvent être concernés" par un tel dispositif de formation et de qualification des salariés privés d'emploi ou en chômage technique. Le syndicat réclame aussi  une revalorisation du smic, des baisses ciblées de TVA sur "les dépenses contraintes" (électricité...), un relèvement de l'APL, on un versement anticipé de la prime du RSA...
 
FO : du pouvoir d'achat !
 
Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, réclame "des décisions rapides d'application immédiate" et accuse le gouvernement de persister à ne donner "aucune réponse" sur la question du pouvoir d'achat. Son syndicat, a "réaffirmé la nécessité d'un coup de pouce au smic, avec obligation pour les branches professionnelles de faire que, fin avril, il n'y ait plus aucun minima inférieur au smic". Il estime qu'"il vaut mieux trouver un autre moyen que la fiscalité" car la faiblesse de l'impôt sur le revenu en France "conduit à une augmentation des inégalités". FO demande également de  "relever le niveau" d'indemnisation du chômage partiel à "80% du salaire net" et d'en "allonger la durée" maximale, en y intégrant "un processus de formation" "une augmentation de 10% des minima sociaux".

 Quel coût pour ces mesures sociales ?

Le chef de l'Etat, selon Le Monde daté de jeudi, va annoncer qu'une enveloppe globale de 2,6 milliards sera consacrée à des mesures sociales, supérieure au 1,4 milliard évoqué le 5 février par le chef de l'Etat, une somme qu'avaient jugée "nettement insuffisante" les syndicalistes, comme François Chérèque (CFDT).
 
Le deuxième tiers provisionnel pourrait être supprimé pour les plus modestes, a indiqué un ministre à l'AFP. Cela concernerait 4 millions de ménages, qui bénéficieraient ainsi d'un gain moyen de 100 euros, selon Le Monde.
 
L'Elysée propose aussi, d'après le quotidien, une prime exceptionnelle de 100 à 200 euros pour les familles touchant l'allocation de rentrée scolaire, une amélioration de l'indemnisation du chômage partiel (75% du salaire brut au lieu de 60%), et une prise en charge anticipée des jeunes chômeurs (à partir de deux mois de chômage).

Par O.L.( avec agences) le 16 février 2009 à 18:24
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14 Commentaires

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  • Didier, le 17/02/2009 à 10h46

    Une augmentation de 5 à 10 % sur les salaires et les retraites, et peut-être peut-on donner un peu moins à certain qui eux sont augmenté de 50000 euros par an. Vous voyez si on le veut on peut.

  • Sylvain, le 17/02/2009 à 10h31

    Et pour les retraités, invalididés ,etc..., ?

  • Minederien, le 17/02/2009 à 10h27

    Sarkozy a raison, augmenter le SMIC serait catastrophique pour nos PME qui seraient obligées de licencier. Songeons d'abord à sauvegarder nos emplois en période de crise !

  • Dominique, le 17/02/2009 à 09h58

    Et encore une fois, les baisses d'impôts vont au "bas de la classe moyenne"!!! c'est à dire que l'on zappe systèmatiquement tous les français et françaises qui ont plus de 11000 euros par an. Voyons voir qui en France se trouve dans cette situation ? Là, je suis une nouvelle fois ulcérée de voir que toutes ces mini-mesurettes pour régler un problème d'envergure s'adressent à 2 millions de personnes et les autres............ ben comme d'habitude .................aux oubliettes...................jusqu'au jour où ces autres personnes seront suffisamment mécontentes et lésées pour faire parler d'elles.

  • Petidine, le 17/02/2009 à 09h49

    Petite question mes impots sont mensualisés donc rien pour les cas comme moi, 2eme question M. le président s'augmente de 140% c'est difficile d'augmenté les salariés de 20% , 3eme et si ont se faisais un petit mai 68 en mars 2009 .........

  • Mary, le 17/02/2009 à 09h46

    On leur parle crise, ils répondent hausse des salaires... Ou je n'ai rien compris, ou certains s'en fichent de détruire un peu plus le tissu économique déjà bien fragilisé. En cette période très compliquée, la moindre des choses serait d'afficher un peu d'unité... Indemniser les personnes fragilisées par la crise, c'est tout à fait normal ; demander un effort supplémentaire aux entreprises, c'est de la démago pure et simple. D'ailleurs, la majorité des salariés se trouve dans les PME, pas dans les entreprises du CAC 40 ! C'est à croire que certains auraient intérêt à une crise majeure dans notre pays ! Non ?

  • Grichez, le 17/02/2009 à 09h43

    Il faudrait peut etre qu'il donne aux gens le pouvoir d'acheter pour augmenter la relance.......donc augmentation du Smic EN AVANT première, il y a des gens qui ne mange pas à leur faim........il le sait et le voit qu'il mette une barrière aux gens qui toucheNT les allocations familiales car ceux qui touchent 9000, i0000 euros par mois? et qui ont des enfants? touchent les mèmes allocations familiales , c'est trop pensez vous pas? AUGMENTATION DONC DES PLUS PETITS smic, retraité chomeur etc...qu'il pense aux petits plutot qu'aux entreprises d'abord car elles ne feront rien pour leur ouvrier

  • Franck, le 17/02/2009 à 08h29

    Je pense qu il faut aider les ouvrier qui sont en chomage moi j ai perdu mon travail le 4 janvier 2009 l assedic ne ma toujours pas donner le moindre euros la il y a un probleme

  • Gégé, le 17/02/2009 à 08h28

    Les Antillais ont raison de manifester et je leur apporte mon soutien pour qu ils continuent leur lutte contre la vie chère!! En France nous devons mener le même combat et ce n est pas en diminuant certains impots qu on y trouvera notre compte! Donnez du travail aux jeunes arretez de licencier dans la fonction publique baissez aussi les prix des loyers des produite de consomations dans les grandes surfaces. Ce gouvernement est entrain d enfoncer la France et de creer que la misere pendant que d autres s en mettent plein les poches!!JAMAIS UN GOUVERNEMENT EN A FAIT AINSSI.LA DICTATURE EXISTE AUSSI EN FRANCE

  • Annah, le 17/02/2009 à 08h02

    Il est bien evident que les salariés ne gagnent souvent pas assez mais ce n'est tout de même pas à l'état en l'occurence le contribuable à mettre de l'argent dans toutes les entreprises PRIVEES, il le peut effectivement dans certaines PME ou PMI a condition que les patrons de celles-ci touchent des salaires raisonnables et ne touchent pas des dividentes indécentes . d'autres part depuis la loi des 35 heures les salariés ne sont plus augmentés et les nouvelles embauches se sont faites aux salaires les plus bas ,quel gachis!!!!!!!!!!,j'espére que les fonctionnaires titulaires ayant la sécurité de l'emploi vont arrêtter pour un temps leurs revendications

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