Les salariés de l'équipementier Heuliez, dans les Deux-Sèvres © TF1/LCIL'Etat permettra-t-il à l'équipementier automobile Heuliez d'éviter la cessation de paiement et donc de sauver les 1000 emplois qui sont menacés dans les Deux-Sèvres ? Mardi, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a en tout cas indiqué lors d'une conférence de presse à Bercy que l'Etat, via le Fonds stratégique d'investissement, était prêt à investir 10 millions d'euros. Trois conditions toutefois devront être remplies : "Qu'il y ait un vrai projet industriel réaliste, qu'il y ait un tour de table financier, et les actionnaires du groupe doivent participer à ce tour de table", a expliqué Luc Chatel, avant une rencontre avec des représentants des salariés et des dirigeants prévue mardi après-midi à Bercy.
Aujourd'hui, "il faut trouver 45 millions d'euros, nous avons déjà trouvé 10 millions d'euros dans le FSI, le conseil régional est prêt à investir 5 millions d'euros et un fonds d'investissement est prêt à investir à hauteur de 7 millions d'euros. On a donc la moitié du besoin demandé", a-t-il précisé. Si toutefois les trois conditions demandées n'étaient pas réunies, le porte-parole du gouvernement a affirmé que l'Etat interviendra de toute façon à hauteur de 10 millions d'euros dans Heuliez, mais pas au travers du FSI. Le secrétaire d'Etat à l'Industrie a par exemple évoqué des "pistes d'accompagnement social" pour participer à ce financement. Néanmoins, Luc Chatel, qui se rendra mercredi à Cerizay pour présenter l'action du gouvernement aux salariés d'Heuliez, a indiqué que la première hypothèse d'un investissement via le FSI reste privilégiée. "L'Etat interviendra pour sauver un maximum d'emplois", a-t-il assuré.
Bolloré dément les "insinuations" de Royal
De son côté, le directeur général du FSI, Gilles Michel, également présent à la conférence de presse, a déclaré que "le FSI ne pouvait pas être le seul investisseur. Il n'a pas vocation à prendre le contrôle des entreprises industrielles", a-t-il souligné. "Nous avons besoin de consolider un tour de table. Celui ci devrait être bouclé assez vite, car on est face à une échéance de cessation de paiement" en avril, a-t-il rappelé.
Au lendemain de la visite de Ségolène Royal sur le site de Cerizay, au cours de laquelle la présidente de la région Poitou-Charentes s'était inquiétée d'éventuelles pressions du groupe Bolloré pour faire échouer l'octroi d'un financement à Heuliez de 10 millions d'euros par l'Etat, le groupe dirigé par Vincent Bolloré a quant à lui démenti ces "insinuations". Affirmant n'être "en aucune façon concurrent de la société Heuliez, mais seulement un fournisseur potentiel de batteries et de supercapacités", le groupe, qui s'est déjà positionné sur le créneau des véhicules électriques avec la Blue car, a estimé mardi que "les propos de Mme Royal n'ont aucun sens. Il n'y a jamais eu de pression".
(D'après agence)
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