© REUTERS/Eric GaillardAu lendemain des manifestations, les dirigeants syndicaux se sont retrouvés au siège de l'organisation Sud-Solidaires pour évoquer la poursuite de la mobilisation. Tous ont souligné la nécessité de "durer" et de rester unis. Toutefois, au sortir de cette réunion, aucune date n'a été avancée pour une nouvelle journée de mobilisation sociale. Une nouvelle rencontre est programmée le 30 mars.
Après une journée d'action sociale qui a rassemblé entre 1,2 et 3 millions de manifestants jeudi en France, les réactions n'ont pas tardé. Et au-delà des cortèges, c'est le début de réponse du gouvernement esquissé jeudi soir sur TF1 par François Fillon qui n'a pas manqué de provoquer les commentaires. Prié de dire quelle serait la réaction du gouvernement, François Fillon a répondu, droit dans ses bottes, "certainement pas un nouveau plan de relance". "On en a déjà pris beaucoup de mesures et ces mesures ellescommencent à se mettre en oeuvre, il faut aussi attendre, puisque vous avez parlé du plan de relance, qu'il produise des effets". Du côté de l'Elysée, Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy, a tenté de relativiser la mobilisation : "On n'a pas franchi d'étape dans la mobilisation et dans le phénomène protestataire". "Ce n'est ni un échec, ni un demi-échec, c'est une mobilisation très significative de gens inquiets (...) mais il y a un plan de travail qui commence à produire ses effets".
"Sourde oreille"
Evidemment ces premières réactions ne sont pas du goût des syndicats. A la CGT, on préfère mettre en avant le "grand succès de la nouvelle journée de mobilisation unitaire qui interpelle très directement le gouvernement et le patronat", appelant à des négociations au plus vite. Même son de cloche à FO pour qui le gouvernement et le patronat "doivent donc répondre rapidement aux revendications en matière de pouvoir d'achat, d'emploi et de service public". Sud-Solidaires, dans un communiqué, fait directement référence à l'intervention de Fillon : "Malgré cette mobilisation, le gouvernement fait la sourde oreille comme l'a fait le Premier ministre François Fillon au journal télévisé de 20 heures ce soir. Il faut le forcer à entendre la colère qui monte et les urgences sociales qui s'expriment".
Du côté de l'opposition, on salue bien entendu la réussite de la mobilisation mais on fustige aussi l'immobilisme de l'Etat. Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste dit ainsi attendre "que le président de la République comprenne enfin l'ampleur de la crise, les inquiétudes des Français, leurs difficultés en matière de pouvoir d'achat et d'emploi, et que la France ait enfin un vrai plan de relance à l'instar d'autres pays européens". Ségolène Royal a estimé de son côté vendredi que "la colère qui s'est exprimée" lors des manifestations de jeudi "ne peut que se démultiplier" et elle a appelé à "continuer la protestation et la pression"
contre un pouvoir "maintenant coupé du peuple".
Au Parti communiste, on est beaucoup plus virulent : "Le mutisme de la droite est une insulte à la souffrance des Français. Pour une fois, Nicolas Sarkozy n'est pas apparu à la télévision. Vu l'ampleur de la colère sociale, il a préféré envoyer le Premier ministre au feu pour tenter de justifier l'obstination insupportable et méprisante du pouvoir".
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