© Jean-Paul Pelissier/ReutersLes syndicats se réunissent lundi pour tenter de s'entendre sur une mobilisation nationale, notamment le 1er mai, permettant d'atteindre le niveau de la journée d'action réussie du 19 mars, sous la pression d'une base exaspérée par les plans sociaux à répétition.
Si CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires (dont Sud) et Unsa (autonomes) ont régulièrement souligné le caractère exceptionnel de leur "union sacrée" face à la crise, elles n'ont pu, au faîte de leur mouvement, échapper à la résurgence de leurs divergences. Le 20 mars dernier, après avoir mis dans la rue entre 1,2 et 3 millions de manifestants, un record sous l'ère Sarkozy, les syndicats n'ont pas été en mesure de s'entendre sur les suites à donner et ont repoussé leur réponse à lundi. Depuis, la plupart d'entre eux ont consulté leurs instances nationales. Les discussions devraient notamment porter sur la possibilité d'une journée d'action le 1er mai, qui apparaît comme le plus petit dénominateur commun pour une mobilisation nationale.
"Grève interprofessionnelle de 24 heures"
Bernard Thibault (CGT) a affirmé dans L'Humanité Dimanche qu'il considérait la Fête du Travail comme un "rendez-vous naturel". La CFDT semble disposée à s'y joindre. Mais à Force Ouvrière, la question est moins évidente, car l'organisation n'a dérogé qu'une fois, depuis sa scission avec la CGT en 1948, à son défilé séparé du 1er mai, dans l'entre-deux tours de la présidentielle 2002. "La porte reste ouverte (...) compte-tenu des circonstances exceptionnelles actuelles", a déclaré vendredi son dirigeant Jean-Claude Mailly, qui prône par ailleurs "une grève interprofessionnelle de 24 heures à une date à définir". La CFTC, qui réunit aussi séparément ses troupes à cette date, se dit, elle, prête à se joindre à ses homologues pour une action unitaire. En cas de consensus sur le 1er mai, Solidaires et la FSU devraient mettre entre parenthèses leur souhait d'une action nationale dès avril.
Soutien aux initiatives locales
Les syndicats semblent disposés à répondre à une attente des salariés de plus en plus prégnante : 59% des Français souhaitent que les syndicats poursuivent leur mouvement, selon un sondage BVA pour Orange, L'Express et France-Inter publié mardi. Les directions nationales indiquent également recevoir de leurs syndicats des échos de l'"exaspération" des salariés. Face à ce mécontentement et dans l'attente de s'entendre sur une mobilisation nationale, les syndicats ont affiché leur soutien aux initiatives locales, où l'unité est parfois plus facile à trouver. "L'action ne se résume pas aux journées nationales", a ainsi rappelé Bernard Thibault.
(D'après agence)
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