Image d'archives. © ReutersL'affaire, troublante, est révélée par le quotidien Midi Libre samedi. Cinq anciens salariés d'une entreprise de BTP gardoise accusent leur ex-employeur d'avoir fourni au tribunal de commerce en début d'année des fausses lettres de démission pour justifier le non-paiement de deux mois de salaire.
Tous les cinq travaillaient au gros œuvre sur le chantier du site IBM d'Euromédecine, à Montpellier et sur deux autres chantiers dans l'Hérault lorsque la société Dawid, une Sarl de Poulx (Gard), a traversé des difficultés à la fin de l'été. Fin novembre, sans salaire depuis deux mois, ils saisissent un avocat, mais ses courriers restent sans réponse. En décembre, l'entreprise est placée en redressement judiciaire. Et en début d'année, l'avocat des salariés contacte le mandataire nommé par le tribunal de commerce : "Il nous a envoyé les copies de cinq lettres de démission que lui avait données le dirigeant de l'entreprise". Les salariés concernés nient catégoriquement les avoir signées. "J'ai déjà subi des licenciements, je sais que c'est la dernière des choses à faire", estime l'un des employés.
Au-delà des salaires impayés, les cinq ouvriers se retrouvent dans une situation particulièrement critique. En effet, du fait de l'existence de lettres de démission, le pôle emploi ne veut ni les inscrire et surtout refuse de leur accorder des allocations chômage. Selon le code du travail, la démission d'un emploi, contrairement au licenciement, n'ouvre aucun droit aux indemnisations.
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